V. Sententia I in Formosum (Migne, t. CXXVI, p. 676 B
2. Quant au fait même de l'élévation de Léon, neveu de Jean VIII, à la dignité d'apocrisiaire du Saint-Siège, on en a la preuve dans les Annales d'Hincmar (V. Hlncmari Annales, a. 876, p. 500) et dans la correspondance
était lié d'une étroite amitié avec Grégoire et avec son trop fameux gendre, Georges de Aventino. A cette époque, dans cette société romaine si bizarrement mélangée, une pareille intimité n'offrait rien de bien surprenant. On avait tous les jours sous les yeux le spectacle de cette déplorable promiscuité des pires scélérats avec les plus honnêtes gens. Mais cette fois l'occasion était trop belle de perdre un homme à qui ses qualités autant que ses défauts avaient créé d'implacables ennemis. Déjà l'on parlait de jeter Févêque de Porto dans le Tibre, de mutiler honteusement ses amis ou de leur crever les yeux *.
Devant ces menaces, Formose prit peur. Un concile devait se réunir le 18 avril pour juger spécialement Grégoire et Georges de Aventino ; mais où il était probable qu'on le mettrait lui-même en cause. Au lieu d'attendre hardiment la sentence du Pape et des évéques, la veille même du jugement, il s'enfuit de Rome durant la nuit, en compagnie de tous ceux qui se sentaient compromis 2.
Le lendemain, Formose était à jamais perdu dans l'esprit de Jean VIII. Il n'était plus qu'un hypocrite dont le masque venait enfin d'être arraché^. Immédiatement, le 19 avril, on le déposa et on l'excommunia, en mettant principalement en avant les coupables manœuvres dont il s'était servi, disaiton, pour corrompre le roi bulgare*.
Cependant Jean YIII ne pouvait se résigner à voir la Bulgarie échapper pour toujours à l'influence romaine. Débarrassé de Formose, il songeait à frapper un coup décisif à Byzance. Après avoir longtemps hésité, il s'y décida à la fin, dans le mois d'avril de l'année 878. Deux légats, Eugène d'Ostie et Paul d'Ancône, partirent pour Constantinople, avec l'ordre formel de procéder à la déposition d'Ignace, s'il
de Jean YIII (V. Lettre de Jean VIII au comte Boson, Migne, ep. 30, p.684D ; Lettre à Landulf, ibid., ep. 31, p. 685B).
1. V. Auxilius, Ln defensionem S. ordinationis Formosi, lib. I, c. iv (Dùmmler, Auxilius und Vulgarius, p. 63).
2. V. Auxilius, ibid.; Lettre de Jean VIIL à tous les fidèles de Gaule et de Germanie (Migne, ep. 2i, p. 676B ).
3. « Per repertam hypocrisim retrorsum rediens. » Sententia I in Fonnosum (Migne, ibid.^ p. 676).