‹ L'Europe et le Saint-SiègeChapitre 6 sur 148 · V. Pitra , Analectanovissima^ t. I, p. 114 s · texte numérisé non relu

V. Pitra , Analectanovissima^ t. I, p. 114 s

3. V. Denifle, Die pœpsllichen Registerbsende des 43 Jahrhunderts, etc , dans VArchiv de Denifle-Ehrle, t. II, p. 87.

4. Y. G. Levi, op. cit., p. 30. M. Levi n'a pas assez dédaigné l'opinion de

HISTOIRK DU REGISTRE 3

n'aurai pas entièrement perdu mon temps, si je parviens à donner au manuscrit du Vatican une autorité indiscutable, en démontrant qu'il est dans un rapport plus intime qu'on ne le croit avec le registre officiel de Jean VIII, qu'il n'en est pas seulement un extrait abandonne à l'initiative privée, mais la reproduction exacte, la transcription fidèle, quoique laborieuse, pour les dernières indictions, bien entendu.

Aux yeux de ceux qui connaissent les idées qui ont cours, dans le monde savant, sur la composition des anciens registres pontificaux, j'ai l'air de poursuivre un but à peu près chimérique ou tout au moins bien éloigné. Je ne désespère pas cependant d'y arriver par étapes successives, dont la première sera de reprendre, à un point de vue plus spécial, l'examen du manuscrit du Vatican. Peut-être même qu'arrivés au terme de la dernière, nous nous trouverons en face d'un dénouement inattendu, et qu'au lieu d'un simple article de diplomatique, nous aurons acquis un chapitre d'histoire, retrouvé un très curieux épisode du plus tragique événement de l'époque.

La. Copie du Mont-Cassin. — Le premier effet d'une considération attentive du manuscrit des archives vaticanes, a été de faire évanouir le rêve de registre original, qui était sorti d'une indication mal comprise de Marino Marini^ Il est prouvé dès à présent que l'on n'est pas en possession de l'autographe exécuté par la chancellerie de Jean VIII. La main qui a tracé ces caractères est d'un scribe du onzième siècle, non du neuvième et ce n'est pas dans une salle du Latran qu'elle écrit, mais dans une cellule du Mont-Cassin. Le moine qui tient la plume appartient, soit à cette forte génération de copistes que suscita, dans la célèbre abbaye bénédictine, l'intelligente impulsion du pape Victor III, alors abbé sous le nom de Didier^, soit encore à la génération anté-

Blumberger, qui avait suspecté les lettres slaves (V. Sitzungsherichte der Kais. Akademie der Wissenschaften. Philos-Hist. -Classe, juin 1855, t. XYII, fasc. I, p. 3), ni celle de Noël Alexandre, qui, sans plus de raison, s'est élevé contre l'authenticité des pièces relatives à la primatie d'Arles, dans son

^IHstoria ecclesiastica, t. YI. p. 157, de l'éd. de Venise, 1776.

^ 1. V. G. Levi, op. cit., p. 4.

2. Dans la liste des manuscrits que fit transcrire Didier, on trouve : « Re- 'gistrum Leonis papœ. Registrum Felicis papœ. «V.Pierre d'incre ^Chronicon

^ Casinense, 1. III, cli. lxiii. (Migne, P. L., t. CLXXIIl, p. 800. )

Heure, qui déjà, nous le savons, s'occupait parfois à transcrire des registres 1.

Au surplus, l'histoire du manuscrit est en partie racontée sur son premier folio, dans une note marginale que M. Levi croyait du quatorzième siècle, mais qui est plus vraisemblablement de la fin du treizième. Il est dit, dans cette note, que le présent livre, autrefois propriété des frères du Mont- Gassin, a été attribué au seigneur pape par Bérard, chanoine de la basilique de Saint-Pierre. Ce qui autorise à conclure qu'il a passé de la bibliothèque du Mont-Cassin dans celle du Saint-Siège, vers le déclin du treizième siècle, probablement sous le pontificat de Clément IV (1265-1276). M. Guido Levi n'a pas osé se prononcer sur la date, même approximative, de cette mutation, parce qu'il hésitait encore à identifier le chanoine Bérard. Des documents nouveaux, publiés d'abord en extraits par Charles Wenk, et plus complètement ensuite par le P. Ehrle, sont de nature à dissiper tous les doutes.

En même temps que l'on rencontre, dans l'entourage et la familiarité de Clément IV, un personnage du nom de Bérard, qualifié, luiaussi, de chanoine de la basilique de Saint-Pierre^, on constate par les anciens inventaires, que précisément vers la même époque, la bibliothèque pontificale est en possession du susditmanuscrit. L'inventaire romain de 1295 le mentionne d'une manière vague "*, suffisamment toutefois pour permettre de le reconnaître^. Quelques années après, la description ne laisse plus rien à désirer. Il y a là des gens qui connaissent mieux le prix des choses, ou qui ont un plus grand besoin de le bien spécifier.

On n'était pas riche alors en vieux manuscrits, dans la bi-

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