‹ L'Europe et le Saint-SiègeChapitre 65 sur 148 · V. ci-après, p · texte numérisé non relu

V. ci-après, p

4. Sous le n» 278. La portée et le contenu de cette lettre font l'objet d'une étude spéciale, ci-dessous, p. \k\,sqq»

5. Rigoureusement, le démenti ne s'applique qu'à un serment analogue que Wiching, évêque suffragant de l'archevêque de Moravie, prétendait avoir prêté à Rome à la même date et pour le même objet : « Quanto minus credendum est ut sacramentum ab eodem episcopo exegerimus, quem saltem levi sermone super hoc negocio allocuti non fuimus. » (Migne, ep. 319, p. 929.) Mais en ruinant le prétendu serment de Wiching, Jean VIII a ruiné plus encore celui de Méthode.

132 LE PAPE JEAN VllI

ticité du Registre de Jean VIII et la réalité des décisions qui s'y trouvent en faveur de la liturgie slave, on pourrait encore être tenté de se réfugier dans cette hypothèse, ne fût-ce que pour échapper à la nécessité d'attribuer au pape Etienne V une si audacieuse falsification des faits ou une ignorance si invraisemblable des actes de son prédécesseur. Or, la lettre du Registre où Jean YIII autorise Méthode à employer la langue slave dans le service divin est tellement bien réelle, qu'elle a servi à la rédaction de la lettre où Etienne V proscrivait cette liturgie, où il prétendait ne faire par là que reproduire les défenses de son prédécesseur. Quelque stupéfiant que cela paraisse, il est certain que, immédiatement ou non, le texte du document pontifical approuvant l'œuvre de Méthode a été utilisé pour condamner cette même œuvre, bien plus, pour affirmer qu'il y avait eu condamnation là où, de fait, il y avait eu approbation formelle.

Je laisse de côté les emprunts secondaires, ceux qui demanderaient un rapprochement trop minutieux des deux pièces. Je n'insiste même pas, pour le moment, sur la similitude des deux exordes, pris l'un et l'autre du même fait, à savoir la demande adressée par les Moraves d'être admis au protectorat du Saint-Siège. Quoique le texte d'Etienne V soit, là aussi, visiblement apparenté à celui de Jean VIII, il s'y trouve certains remaniements dont l'intention et la portée ne peuvent être comprises que plus tard, avec une connaissance plus complète de la situation respective des deux rédacteurs. Je me contente de signaler les emprunts les plus saillants, ceux qui, en raison de leur forme matérielle et verbale, sautent aux yeux de l'observateur le moins attentif.

Ils ont du reste l'avantage d'attirer l'attention sur un des traits les plus curieux de cette histoire, qui en a tant. II s'agit J en effet des endroits de sa lettre où le pape Etienne V utilise i ce que Jean VIII avait dit dans la sienne en faveur de Mé- J ihode, et en fait l'application à Wiching, cet évêque aile- V mand dont nous avons déjà parlé et qui fut le plus grand adversaire de l'archevêque de Moravie et de la liturgie slave. Sans exagération, Etienne V a paré Wiching des dépouilles

de Méthode; si bien que l'acte de Jean VIII, qui devait consacrer le triomphe du slavisme, n'a pas seulement servie le condamner, mais encore à consacrer le triomphe de son plus mortel ennemi. Pour s'en convaincre, il suffira de mettre en regard les deux textes , l'utilisation étant flagrante , alors même, et je dirais surtout lorsqu'elle cherche à se dissimuler par des modifications accessoires.

ELOGE ET MISSION DE WICHING, D APRES LA LETTRE d'ÉTIENNE V.

Vichingum venerandum episcopum et carissimum confratrem ecclesiastica doctrina eruditum repperimus et ideo eum vobis ad regendam sibi commissam a Deo ecclesiam remîsimus

Quem veluti spiritualem patrem et proprium pastorem digno honore et débita reverencia sincera mente recipite, tenete et amplectimini, quia. . .

Ipse itaque omnium ecclesiasticorum negociorum officiorum liabeat curam, et Dei timorem prae oculis habens dispenset eadem, quia et pro his et pro animabus commissi sibi populi ipse redditurus erit districto judici racionem.

Contumaces autem et inobedientes contencioni et scandalo insistentes, post primam et secundam admonicionem si se minime correxerint, quasi zizaniorum seminatores ab ecclesiœ gremio abjici sancimus^ et ne una ovis morbida totum gregem contaminet nostro vigore refrenari et vestris finibus procul excludi prsecipimus.

(Ginzel, p. 65, 66, 67.)

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