V. Jaffé-Ewald, p
2. Toute l'Italie méridionale et centrale avec la Corse, et, au nord, depuis Luna jusqu'à Trieste^ en passant par Parme et Mantoue. V. Vita Hadrianil, c. XLiii [Liber pontif., éd. Duchesne, t. I, p. 498). Que Gharlemagne ait vraiment accordé cette confirmation, c^est une question qui devrait bien être considérée comme absolument réglée, depuis les travaux de l'abbé Duchesne (V. Mélanges d'archéologie et d'histoire publiés par l'École française de Rome, t. IV, p. 268-272, et Liber pontificalis, t. I, p. ccxxxvi-
cône, étaient acquises au territoire pontifical, Rome jouissait d'une large vue sur l'Adriatique et recueillait les profits du commerce avec l'Orient, tandis que sur la côte occidentale la possession de Rosella et de Populonium fortifiait sa position dans la mer Tyrrhénienne et facilitait ses communications avec la Corse, également concédée *.
Assurément, il eût été plus agréable de voir se fondre tout entier dans Punité romaine le puissant duché de Spolète, qui serrait d'un peu trop près l'Etat pontifical et surveillait trop commodément ses communications avec la Pentapole et Texarchat. Le regret semblait d'autant plus naturel que Spolète, au siècle précédent, s'était mise elle-même sous la tutelle de la papauté 2. Mais, si les Spolétains n'avaient plus
ccxLiii), et de P, Kehr (V. Die sogenannte Kcwolingische Schenkung von 11 ^j dans Y Historische Zeitschrift de v. Sybel, t. LXX, p. 385 sqq.). Il est moins clair que la promesse confirmée par Charlemagne ait été de tout point conforme à celle que Pépin avait réellement faite à Kiersy. Mais pour avoir e droit d'affirmer, avec A. Schaube, que le pape Hadrien P'" a trompé Charlemagne en présentant à sa ratification une fausse promesse de Pépin (V, Hist. Zeitschr., t. LXXII, p. 203-210), il faudrait au moins être sûr que le silence gardé par la Vita Stephani H sur le pacte de Kiersy (V. Lib. pon^ tif., t. I, p. 448) contredit nécessairement les assertions de la Vita Hadriani. On le répète beaucoup (V. V Amnerkung de v. Sybel au travail de Kehr dans VHist. Zeitschr., t. LXX, p. 441, et Schaube, ihid., t. LXXII, p. 200), mais c'est une appréciation qui ne s'impose pas à tous les esprits,
1. A la Corse, le texte existant du Pactum ajoute la Sardaigne et la Sicile. Beaucoup d'historiens sont d'avis que le passage concernant ces trois îles constitue une interpolation (V. entre autres, Ficker, Forschunge?i zur Reichs-und Rechtsgeschichte Italiens, t. I, p. 345 ; Sickel, Das Privilegium Otto I fiir die rœmische Kirche vomJahre 962, p. 127 ; Boretius, Mon. Germ., in-4, Leg. Sect. II, t. I, p. 352); mais^ en ce qui concerne la Corse, il est difficile d'admettre que Pascal I^*" ait renoncé à solliciter^ où que Louis le Pieux ait refusé d'accorder une donation déjà proniise en 774 (V. Vita Hadriani /, c. xliii, Lib. pontif., t. I, p. 498), rappelée en 808 par le pape Léon III (V. Lettre de Léon III à Charlemagne, ap. JafFé, BibL rer. germ,, t. IV, p. 310), et dont l'Empire n'avait aucune raison d'être jaloux. La Corse était alors menacée par les Sarrasins; mais, quoi qu'en pense G. fichier [Y .Annale n des frxnkischen Beichs^ p, 691)^ on se persuadera malaisément que cela eût suffi pour décider la curie romaine à laisser périr ses titres.
2i V. Lettre d'Etienne II à Pépin { Cod, Carolin. éd. des Mon. Germ., ep. XI, p. 506); Vita Hadriani I, c xxxii [Lib, pontif., t. I, p» 495, et Préface, p. ccxxxvii).
d'ordres à recevoir du Saint-Siège, ils étaient obligés de lui payer tribut, ainsi du reste que leurs voisins de Toscane. Tous les cens, toutes les redevances qui de ces deux pays s'en allaient autrefois à Pavie, dans le trésor des rois lombards, devaient maintenant prendre le chemin de Rome et alimenter les finances pontificales \ Ce n'était pas non plus un médiocre avantage que de rester le maître incontesté de la Sabine; son accession donnait de l'air à la banlieue romaine du côté où elle en avait le plus besoin, et il y avait là de riches abbayes, comme Farfa, dont le Saint-Siège se croyait en droit de mettre les revenus à contribution, malgré rimmunité impériale qui les couvrait'.
A regarder vers le sud, il s'en fallait aussi de beaucoup que le territoire pontifical de 817 s'avançât aussi loin que les espérances du siècle précédent. Bénévent restait en dehors, avec la plus grande partie de son duché. De toutes les populations romaines du littoral échappées à la domination lombarde, aucune ne rentrait dans la sujétion du pape, ni les Gaétains, ni les Napolitains, ni les Amalfitains, ni les Calabrais. Rome n'avait reçu d'autre droit que de recouvrer les anciens patrimoines du Saint-Siège en ces régions. Et cependant l'esprit le plus inquiet pouvait se tranquilliser à la pensée que la puissance du Saint-Siège avait maintenant son poste avancé à Capoue, et se trouvait reliée à cette place par la ligne serrée des villes campaniennes : Sora, Arpino, Arce, Aquino, Teano, tenant ainsi toutes les routes de Bénévent à Rome, et surveillant, sur le cours du Garigliano, les dangers qui viendraient de la mer^.
Tout aurait été pour le mieux, et cette période serait peutêtre restée dans la mémoire des plus sages Romains comme l'idéal à garder ou à reconquérir, si l'expérience n'avait trop