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ALLEMAGNE

Arles l'est chez nous en galets du Rhône, sont généralement bordées de hautes

maisons à pignons d'un effet tout à fait pittoresque. Quelques-unes évoquent des souvenirs historiques.

Telle est , par exemple , près du Danube, la maison que Kepler habita pendant deux années, de 1626 à 1628, et, presque en face d'elle, dans la même rue, celle où il mourut en 1630, comme l'indique la plaque commémora tive.

Telle esl

aussi la fameuse

auberge de la

Croix d'or, dite

Auberge del'Em-

pereur [Kaiser-

herberge). Cette

construction ,

pourvue d'une

tour massive, et

semblable à un

bunj du moyen

est une hôtellerie

iècle. C'est là que

n sait s'il y fut bien

se d'alors, la belle

Raiisbonne. — Porche de la cathédrale.

-=^^=5 BarbaraTJlumberg : à quelques mois de là naissait don Juan d'Autriche, lcfuturvainqueurdeLépante

RATISBONINE ET LA WALIIALLA.

Mais la curiosité principale de cette région danubienne, celle qui y attire le plus de visiteurs, c'est la Walhalla (Salle des Élus). Elle est à 8 kilomètres à l'est de Ratisbonne, tout près de Stauf auf der Donau (ou Donaustauf), où se trouve la résidence d'été de ces princes de Tour-et-Taxis qui ont également un splendide palais dans la ville. Ce fastueux Panthéon, ce temple de la gloire allemande, érigé de 1830 à 1842 par le roi Louis, notre ennemi acharné, et qui n'est, en somme, qu'un monument de haine à l'adresse de la France, occupe, il faut le reconnaître, un site d'une incomparable grandeur.

La colline du Salvatorberg, au sommet de laquelle il s'élève, tombe ici à pic

Environs uk Ratisbonne. — La Walhalla.

sur le fleuve; aux: environs, rien que des bois, des rochers, des croupes sauvages de montagnes; l'édifice, auquel on monte pai 500 degrés de marbre étages sur les rampes, semble littéralement faire corps avec la nature solitaire et splendide d'alentour. Il est bâti sur le modèle du Parthénon d'Athènes. Au fronton sud sont figurés, sous une forme symbolique, les divers États de l' Allemagne, telle que l'avaient faite, bien entendu, les traités de 1815. Sur le fronton nord est représenté le premier trophée du monde germanique, l'écrasement des légions de Varus par le chef Hermann (Arminius). Ce héros barbare a en outre, depuis 1870, sa statue colossale sur une montagne voisine de Detmold, dans cette région forestière des Chérusques où paraît avoir été livrée la terrible bataille de l'an 9 après Jésus-Christ, dont le souvenir couvrit de deuil toute la fin du principal d'Auguste. Entrez dans le sanctuaire : tout n'y est que marbre et métal précieux. A la voûte de la salle, des étoiles étincel-

ALLEMAGNE

lent dans des caissons d'azur; le long des parois sont rangés sur trois lignes les bustes et les statues des grands hommes, assemblée un peu étrange il est vrai, où, à la suite d'Arminius, qui commande, à l'ancienneté, toute la fde, on voit Astaulfe, Odoacre, Théodoric, Alboin, Genséric et.Sainte Elisabeth de Hongrie.

Si nous continuons notre course au sud du Danube et de Ratisbonne, nous atteignons bientôt la vallée de l'isar, la grande rivière bavaroise qui s'échappe plus haut des gorges du Tyrol et sur laquelle est assise la ville de Landshut. Là le terrain commence à s'élever en pente douce pour former des collines de sable revêtues d'une végétation assez pauvre, au delà desquelles on débouche sur Munich.

Cette autre capitale de l'art, politiquement déchue, elle aussi, ne brille certes pas par son site. Une plaine glacée et monotone, semée seulement de quelques bouquets d'arbres et arrosée par un cours d'eau torrentueux qui n'est bon qu'au flottage des bois, voilà le cadre immédiat de cette grande ville que Gustave-Adolphe comparait jadis « à une selle d'or sur un cheval maigre ». Si le roi de Suède la revoyait aujourd'hui de ces mêmes hauteurs du Geisterberg d'où il l'aperçut pour la première fois le 17 mai 1632, il trouverait sans doute que sa campagne n'est pas devenue plus riante qu'autrefois; en revanche, comme il se frotterait les yeux au spectacle de la cité même!

On connaît le phénomène inouï de métamorphose accompli ici, en moins de cinquante ans, avec le concours de maîtres hors ligne, Klenze, Sclnvanthaler, Kaulbach, Schnôrr et Hess, par trois princes amis de l'art et du faste, Louis I", Maximilien II et Louis IL A la vieille ville moyen âge de Henri le Lion a succédé, comme par enchantement, un immense pastiche de l'antiquité et de la Renaissance, tout un poème d'érudition archéologique enrichi d'illustrations composites, où chaque style, chaque monument célèbre reparaissent en un luxueux spécimen. Que de pierres équarries et sculptées, que de bronze coulé et ciselé, que de couleur broyée représente cette gigantesque et royale entreprise de contrefaçon architecturale!

C'est sur la rive gauche de l'isar, dans le faubourg Max, comme on dit là-bas, qu'a surgi cette ville-musée, où le touriste retrouve à chaque pas une réminiscence de l'art égyptien, une décoration copiée de Pompéi, un fac-similé d'un édifice de l'Hellade, de l'Italie ou de l'Orient. Qui n'a entendu parler de cette fameuse villa que l'empereur Hadrien s'était fait bâtir près de Tibur, et des ruines de laquelle ont été exhumés tant de chefs-d'œuvre, la Vénus de Médicis entre autres,' 1'Antinoiïs, les Centaures de marbre du Capitule? Dans un périmètre de près de 10 milles, on y voyait comme un abrégé des merveilles du monde alors connu : le Lycée, l'Académie, le Pœcile d'Athènes, le Sérapéon de Canope, la Vallée de Tempe, etc. Sur un plan différent, et avec infiniment plus d'apparat, le Munich moderne a réalisé la même fantaisie et la même gageure.

Regardez la Nouvelle-Résidence royale : elle rend, ou aspire à rendre, le palais Pilti de Florence. Entrez, de là, dans le Hofgarten : vous trouverez au centre le temple de la Fortune, sur deux des côtés, des galeries de 660 mètres de long où d'interminables fresques vous représentent, outre des scènes historiques, tous les-

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