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MUNICH, LA NOUVELLE VILLE ET L'ANCIENNE

lieux célèbres de la Grèce, de l'Italie, de la Sicile; sur un troisième coté, le Palais des Fêtes avec ses salles aux peintures genésiaques, symboliques, mythiques, synthétiques, salles des Ancêtres, du Moyen Age, des Nibelungen, des Argonautes, d'Hésiode; et une chapelle qui se pique de reproduire Saint-Marc de Venise; sur un quatrième côté enfin, vous apercevrez un portique qui vous rappellera la Loggia de' Lanzi,

Dans ce même quartier, où s'alignent les plus belles rues de la ville neuve, la Ludwigstrasse, la Sonnenstrasse, la Brienerstrasse, la Rcsidenzstrasse, etc., voici encore

Munich. — Le Sicg«sthor (Porte triomphal')

les Propylées de l'Acropole d'Athènes, voici l'Académie des Beaux-Arts, qui est dans le style de la Renaissance italienne; voici, côte à côte, ces deux vastes musées de peinture, l'ancienne Pinacothèque, un plagiat des palazzi romains, la nouvelle Pinacothèque, frappée à l'effigie byzantine; [mis, tout près de l'inoubliable brasserie du Lion [Lœwenbrau), aussi chère peut-être au vrai Munichois que les plus grandioses rénovations de l'art, ce splendide musée de sculpture auquel, pouu continuer de gréciser, on donne le nom de Glyptothèque. Il renferme, entre autres curiosités, les précieux « marbres d'Égine », enlevés au fronton du temple de Minerve en cette île. Allez voir aussi, à l'extrémité de la rue Louis, cette porte triomphale, le Siegesthor : c'est tout simplement une copie de l'Arc de Constantin à Borne, comme la basilique de Saint-Boniface, près des Propylées, est une réduction de Saint-Paulhors-les-Murs. Et partout des fresques à profusion, des « kilomètres de fresques » ;

partout, sur les places, dans les jardins, le long des avenues, une débauche de statues de marbre ou de métal, aux dimensions parfois colossales. La plus colossale de toutes se trouve pourtant en dehors de la ville, sur une vaste prairie, la Theresenwiese, qui sert de champ de manœuvre et de courses. Là, sur une éminence artificielle, au-devant du Portique de la gloire [Ruhmeshalle), sorle de Walhalla exclusivement bavaroise, ornée de quarante-huit colonnes doriques, on a érigé une Bitnaria de bronze, à l'allure triomphante et martiale, qui, sans être tout à fait de la taille du saint Charles Borromée d'Arona (lac Majeur), n'en mesure pas moins

Munich. — La nouvello Pinacothèque.

19 mètres de haut, y compris la main levée qui tient la couronne, et repose sur un piédestal de 9 mètres. Un escalier conduit au sommet de cette Bavière gigantesque dont la tête, garnie de bancs de bronze, peut contenir cinq ou six personnes à la fois.

Que reste-t-il, au milieu de tout cela, du bon vieux Munich d'autrefois, Mùnc/ien der guten altcn ZeWI Bien peu de chose, comparativement : la porte de l'isar (Isarthor), un débris des remparts du xiv e siècle, dans les donjons de laquelle se tenaient les surveillants du péage; une vénérable église, la Frauenkirche, qui, malgré sa structure massive et les toits en forme de melon dont sont coiffées ses deux tours inachevées, n'en est pas moins un vaisseau gothique devant lequel on s'arrête volontiers; le Schrann'enplatz enfin, ou Marché aux grains, orné d'une colonne en marbre rouge dite Colonne de Marie [Mariensdule), et encadré de quelques

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