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FRISE ET GRONINGUE

Une autre caractéristique de ces régions d'entre Zuiderzée et Ems ce sont les

tourbières. Ces immenses plaines, dont le sol spongieux cède sous les pas, y forment

Hollande. — Bijoux do paysans et de paysannes.

une zone morne et inhabitée, où travaillent seuls, dans un acre nuage de fumée des ouvriers en chemises jaunes chargés d'exploiter cette « terre qui vit », comme on dit la-bas.

La tourbe n'est pas seulement le combustible hollandais par excellence Dans ce pays dépourvu de pierre et de bois, on l'approprie à toutes sortes d'usages. Avec les cendres on fertilise le sol; avec la suie, on nettoie les métaux; avec la fumée on prépare e hareng. Partout, sur les fleuves et sur les canaux, circulent des bateaux charges de la précieuse matière. Entre ValtheetEmmen, dans la province de Drenthe

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HOLLANDE

s'étend sous les tourbières un pont de bois de deux lieues et demie de long, sur lequel la tradition veut que l'armée de Varus ait passé.

N'oublions pas un dernier détail, dans lequel tient toute la Hollande : cbaque

Auberge néerlandaise.

tourbière,, une fois épuisée, devient à son tour une prairie, une oasis fertile et riante. Du sol incendié comme du sol noyé, l'homme de là-bas s'entend à tirer profit double et triple. Philippe II disait que la Néerlande était le « pays le plus voisin de l'enfer » ; appelons-la plutôt un immense radeau, aux jointures toujours prêtes à se disloquer, mais qui s'obstine à flotter quand même, et dont chaque ais porte plus de richesses que le fameux galion d'Espagne n'en recela jamais dans ses flancs.

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Corn wall. — Mont Saint-Michel, vu en mer

GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE

LE LONG DE LA COTE SUD D'ANGLETERRE — PAYSAGES ET LOCALITÉS DU DEVONSHIRE ET DE LA PÉNINSULE DE CORNOUAILLE

En attendant qu'un tunnel sous-marin ou un gigantesque pont-viaduc aux travées métalliques, muni de phares avertisseurs, nous permette de franchir sur une paire de rails les 30 kilomètres qui séparent les points les plus rapprochés des côtes d'Angleterre et de France, force nous est de prendre le paquebot qui, en une heure un quart environ, à moins de contretemps, conduit le voyageur de Calais à Douvres.

Au sortir même du bateau, sur le quai de l'Amirauté, nous pourrions, sans plus de dérangement, pousser jusqu'à Londres, si nous le voulions. Les wagons du Soutli- Eastern-Railway sont là devant nous, les portières grandes ouvertes, prêts à nous mener en deux heures à la station de Charing-Cross. Mais nous n'avons point traversé le tempétueux détroit pour nous enfoncer si vite en tunnel dans ces grandioses falaises du rivage britannique, que nous contemplions du pont du navire, en nous remémorant l'acte IV du Roi Lear. Avant de gagner les bords enfumés de la Tamise, il nous faut au moins explorer tant bien que mal la côte méridionale d'Angleterre, depuis ce littoral du comté délient où nous venons d'aborder jusqu'au chaotique et sauvage plateau qui se termine à l'ouest par la pointe de Cornouaille.

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Sise au débouché de la petite vallée de la Dour, Douvres n'a vraiment de curieux

que son amphithéâtre de rochers à pic et le vieux château qui les couronne à 93 mètres de hauteur.

La falaise dite « de Shakspeare », à propos de laquelle le poète anglais a dépeint en termes si saisissants les effets d'un escarpement vertigineux, se trouve à l'ouest de la ville. Le château, auquel on accède par une rampe ardue, a conservé de l'époque romaine une tour, octogonale d'extérieur, qui servait sans doute d'échauguette à signaux. Près d'elle

s'élèvent une église d'origine saxonne, puis diverses constructions normandes, dont l'une, appelée le Donjon, s'aperçoit de très loin en mer. De là, par un beau temps, on voit, sinon le cap Blanc-Nez, du moins son voisin le Gris-Nez, dont la masse abrupte et plus sotn-

Winchklsea. — Une vieille porte.

DE DOUVRES A L'ILE DE WIGHT

bre se dresse dans la direction de Boulogne. Un jour viendra cependant, si le travail des flots continue, où peut-être on ne le distinguera plus. Chaque année, le détroit va s'élargissant. En sept siècles, assure-t-on, les courants de la Manche auraient rongé 1 400 mètres du continent, et les falaises riveraines auraient reculé de près d'un quart de lieue depuis l'époque où Edouard III, vainqueur à Crécy, entreprit le fameux siège de Calais.

Les hautes roches de craie blanche, qui ont valu chez nous à l'Angleterre, avec ou sans épithète, le surnom <¥ Albion que l'on sait (alba), se prolongent à l'ouest par Folkestone. Là commence la région côtière où s'élevaient jadis les « Cinq Ports » qui avaient le monopole du commerce extérieur et devaient de plus, en cas de guerre, fournir aux souverains la flotte de défense.

Winchelsea, un de ces havres si florissants autrefois, n'est plus aujourd'hui qu'une bourgade, avec une vieille porte d'entrée de l'aspect le plus pittoresque. Près d'elle, Ilastings a vu également son port se combler ; mais, avec son faubourg de Saint- Leonard's, c'est encore une localité peuplée de 40 000 âmes et l'une des plus brillantes villes balnéaires du littoral de Sussex. Bâtie en amphithéâtre au débouché d'une vallée, elle offre, avec son entourage de falaises percées de cavernes, un site particulièrement romantique.

C'est de son vieux castel haut perché que lord Byron adressa son allocution à la mer.

Aux environs, le touriste n'a que le choix des promenades. Il y a, par exemple, la vallée du Vieux Bugïssement [OUI Roar), ancienne chute d'eau disparue, le Siège do Amants, adossé contre un rocher au sud de la vallée de la Belle Lumière, le Puits qui pleure, ainsi nommé, comme la Boche de Franchard dans la forêt de Fontainebleau, d'une source qui coule goutte à goutte sur une vieille pierre moussue.

C'est non loin de Ilastings, à Pewensay, que débarqua, on le sait, Guillaume le Conquérant, lorsqu'il envahit l'Angleterre, en l'automne de 1066, avec ses 1 400 vaisseaux. On montre encore à l'entrée d'un jardin, dans le quartier de Saint-Leonard's, la pierre sur laquelle, d'après la tradition, le chef normand buta en touchant la grève.

La bataille, d'abord indécise, puis finalement perdue par Ilarold, le roi des Saxons, se livra à 7 milles au nord-ouest, dans un district montueux, boisé et sauvage (Senlac), où, en commémoration de l'événement, le vainqueur fonda, sous l'invocation de saint Martin de Tours, un monastère qu'on nomma Batfle Abbey (abbaye de la bataille). Le grand autel occupait l'endroit même où Ilarold, l'œil déjà crevé par une flèche, périt avec ses deux frères au pied de l'étendard saxon.

Près du vieux moùLier, aujourd'hui en ruines, s'élève une villa magnifique dont les constructions profanes coudoient, sans souci du contraste, de vénérables tombeaux effrités, des pans de murs claustraux et des tours sacro-saintes à demi effondrées.

Au delà deNewhaven, où abordent les paquebots de Dieppe, et dont le port n'est qu'un chenal vaseux enfermé entre deux jetées, se rencontre la ville de Brighton, de son vrai nom Brighthelmstone, peuplée de plus de 100000 âmes. C'est une sorte de faubourg estival de la capitale de la Grande-Bretagne et la plus en vogue des stations

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balnéaires d'outre-Manche. Ce « Londres sur mer », comme il se nomme lui-même volontiers, présente à l'Océan un front de 5 kilomètres de longueur. Les hôtels

fastueux , et les beaux magasins y abondent, et sur son quai règne un mouvement de voitures qui rappelle celui du Strand et de Piccadilly.

On arrive ensuite àPortsmouth, le grand port militaire de la côte ; puis, à l'embouchure de l'Ilchin et du Test, au fond d'une baie appelée les « eaux de Southampton », Southampton - Watcrs , se trouve la ville de ce nom, tète de ligne des paquebots du Havre et des gros transatlantiques. Plus au nord, dans le Hampshire, sur la voie ferrée de Londres , nous pourrions aller voir l'antique Winchester, qui fut la capitale du pays au temps des Saxons, et Salisbury, le chef-lieu du Wiltshirè.

Cette dernière possède une splendide cathédrale ogivale, dont le cloître est le plus beau et le plus vaste de toute l'Angleterre.

Mais le principal attrait du district, pour les gens qui se préoccupent d'archéologie préhistorique, c'est l'amas de ruines de Stonehenge (Pierres pendantes), qu'on rencontre à 16 kilomètres plus loin. Il consiste en une double enceinte de piliers et de pierres superposées qui entourent deux ovales formant le sanctuaire. Le nombre total des blocs cyclopéens est de 139. Ces débris sont-ils, comme on l'a supposé,

Sussex. — Château de Hastings.

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DE DOUVRES A L'ILE DE WIGHT

ceux d'un ancien temple druidique? Us appartiennent en tous cas à cette même civilisation mystérieuse qui a produit chez nous les monuments étranges de Carnac et les alignements de Locmariaquer.

Sous la côte même, voici maintenant l'île de Wight, Vex-Insuia Vectis des

"Wight. — Les Aiguilles.

Romains. Elle émerge des flots à .2800 mètres de Southampton. Les Anglais la regardent comme la « du détroit », et il est effectivement difficile

de rêver une plus gracieuse corbeille de verdure sur un océan plus houleux.

Comme notre archipel anglo-normand, elle jouit d'un climat tellement doux, que les figuiers, les fuchsias et les myrtes y croissent en pleine terre. Jadis elle était, dit-on, si boisée que les écureuils la pouvaient parcourir tout entière en sautant d'un arbre à l'autre sans toucher le sol. Son vieux nom celtique Gaith, qui signifie « la séparée », indique qu'il fut un temps où elle faisait partie du continent.

Après la conquête, Guillaume le Bâtard la donna à William Fitz-Osborne, son

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parent, qui en fut le premier lord et y bâtit le château de Carisbrook. Les ruines de ce manoir sont restées la grande curiosité historique de Wight.

Elles s'élèvent à peu près au centre de l'île, sur une éminence où l'on monte par un chemin raide, et elle a pour entrée une porte flanquée de deux tours rondes. A l'intérieur se trouve un puits de plus de 300 pieds de profondeur, foré autrefois par les Romains; l'eau en est toujours excellente.

C'est dans ce caste! que se retira Jean sans Terre, après avoir signé la Grande Charte ; c'est là aussi que Charles P r fut enfermé. Dans un des murs tapissés de lierre, on montre la fenêtre par laquelle le roi prisonnier essaya de s'échapper, de connivence avec deux de ses fidèles serviteurs, Firebrace, qui lui tenait au dehors un cheval tout sellé et des armes, et Newmann, qui l'attendait avec une barque au rivage. Par malheur, son corps ne put passer à travers les barreaux de la croisée, qu'on avait négligé de scier, et le plan d'évasion échoua.

Sur la côte de Wight qui regarde Southampton, entre le détroit du Soient à l'ouest et celui de Spithead à l'est, s'ouvre, à l'embouchure de la Médina, l'excellent port de Cowes, fameux par les régates du Yacht-Club; dans le voisinage est le château royal d'Osborne, résidence d'été de la reine Victoria ; de son parc, l'œil embrasse le panorama de Portsmouth et de ses docks. Le littoral qui, de là, se recourbe à l'est jusqu'au mont Sainte-Catherine au midi, est de beaucoup le plus riant de l'île. Aussi les localités qui s'y échelonnent, Ryde, Sandown, Shanklin et Ventnor, sont-elles le rendez-vous préféré des baigneurs qui affluent à Wight en été de tous les points de l'Angleterre.

De grands chemins touffus, des ormes d'une vigueur extraordinaire, des prés salés qui nourrissent une race de moutons célèbre, de jolies chaumières du temps d'Elisabeth avec leurs vitres en losange et leur treillissement de lierre et de rose, y alternent avec les restes de vieilles maisons normandes et les tours crénelées de castels féodaux. N'oublions pas une des particularités régionales, les chims, comme on appelle ces vallées profondes qui se déroulent perpendiculairement à la côte et au fond desquelles coule d'ordinaire un ruisseau. Les uns, tels que le chim de Luccoinbe à l'est, sont tout couverts d'une végétation luxuriante; les autres, au contraire, ceux qui se creusent au delà de Ventnor, ne sont que des déchirures de terrain âpres et nues.

Sur ce côté ouest, en effet, la caractéristique des rivages, c'est la sauvagerie. Là se dressent, sur le fond glauque de la mer, à l'extrémité d'un promontoire vertical de 136 mètres, ces roches blanches, à la base noire, toutes zébrées de bandes de silex, qu'on désigne sous le nom de Necdles (Aiguilles). De loin, on croirait voir autant de fantômes debout sur les vagues.

Ces bizarres proéminences, qui sont les derniers points de la terre que le navigateur perd de vue, sont au nombre de cinq; la plus haute, la « Femme de Loth », s'est écroulée il y a plus de cent ans, cl. de temps en temps, les tempêtes du large l'ont tomber un morceau des autres.

L'île de Wight renferme un collège, l'Appuldurcombe, installé dans l'ancien château des comtes de Yarborough. La propriété a toujours une apparence sei-

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gneuriale. Elle est entourée d'un parc immense, où les élèves âgés de dix-sept ans ont la faculté de tirer les perdrix, tout en apprenant l'agriculture, l'économie rurale et les langues, les trois principales matières qui s'enseignent dans l'établissement.

En continuant de longer la côte britannique, nous entrons dans le Devonsbire (comté de Devon), région de rochers, de collines aux longues "B'' 1

croupes garnies de bruyères, de promontoires tempétueux et bordés de récifs.

Le chef-lieu en est Exeter, ancienne capitale des rois saxons du Wessex. C'est une ville de 40000 habitants, située sur les rives de l'Ex, que les navires remontaient autrefois jusqu'à son

Darmouth. — Entrée de la ville.

port. Elle se recommande au touriste par quelques vieux monuments, les ruines du château normand de Rougemont, un hôtel de ville du xv° siècle et une cathédrale, de style flamboyant, dont la four septentrionale abrite la plus grosse cloche d'Angleterre (6 250 kilogrammes) après celle d'Oxford.

Presque tous les ports du pays occupent l'embouchure (mouth) de petits (louves dont ils ont pris le nom : tels sont Exmouth, qui garde l'entrée de l'Ex; Plymoutli, qui surveille celle de la Plym, et un peu en deçà, Dartmouth, sis sur l'estuaire du

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Dart, lequel s'ouvre à l'est de la péninsule terminée par le promontoire de Start.

Peuplé seulement de 6000 âmes, Darmouth est peut-être la localité la plus originale de ce littoral. Il s'étage sur une série de terrasses qui vont s'élevant à partir du rivage et communiquent entre elles par des rues en escalier. Sa vieille porte d'entrée, ses maisons reposant sur des piliers et agrémentées de nervures, de saillies, de rondes bosses de toute sorte, font littéralement la joie des amateurs de pittoresque.

Un peu plus loin, en face de Plymouth, la cité la plus populeuse de la côte sud, que rendent si intéressante à voir son arsenal et son port du Sound, s'élève, à 25 kilomètres en mer, le fameux phare d'Eddystone, le plus hardi de tous ceux qui existent. De la rade de la ville, que deux collines enserrent comme deux immenses bras, on l'aperçoit au large pareil à une mince ligne verticale.

A ce phare d'Eddystone, dont le nom signifie « Pierre du remous » ou « du tourbillon », se rattache une assez curieuse chronique.

Entre le promontoire de Start et celui de Lizard émerge un écueil autour duquel circulent des courants très rapides. Bien des navires autrefois, dans la nuit ou dans le brouillard, allaient se briser contre ce banc redouté que rien ne signalait aux marins. En 1696 seulement, le mécanicien Henry Vinstantley fit établir un phare de bois sur la partie du rocher qui reste à sec au reflux. On raconte à ce propos que, pendant les travaux d'érection, un corsaire français enleva les ouvriers et les emmena en France. Informé du fait, Louis XIV les fit immédiatement relâcher : « L'œuvre de ces hommes, déclara-t-il, est une œuvre d'intérêt général; je suis en guerre avec l'Angleterre et non avec l'humanité. »

Ce premier fanal fut détruit en 1702 par une tempête. On le remplaça trois ans plus tard par un autre phare moitié en bois, moitié en pierre, qui dura jusqu'à 1755, époque où un incendie le dévora. Comme on cherchait les moyens d'y substituer un édifice solide et définitif, Smeaton, un des ingénieurs que préoccupait le problème, trouva tout à coup la solution en parcourant la campagne de Plymouth, ravagée par un récent ouragan.

Partout gisaient devant lui des troncs brisés ou déracinés. Seul un chêne séculaire avait bravé la»furie des éléments. Smeaton s'arrêta devant cet arbre, et l'idée lui vint de le prendre pour modèle de sa construction. Il en dessina incontinent la configuration bien exacte, et son phare fut la copie de cette esquisse.

Ainsi que le fût du chêne, la tour de granit alla s'amincissant de la base au sommet, et, à l'imitation des énormes racines qui fixaient comme autant d'agrafes le tronc dans le sol, des nervures de pierre se* cramponnèrent à l'écueil en mordant la masse de rochers. Ce troisième phare, commencé en 1757, fut achevé au bout de dix-huit mois : il avait 27 mètres de haut et supportait une galerie. Pour l'époque, c'était une merveille.

•Durant plus d'un siècle il résista aux vents et aux flots. On n'y avait mis d'abord que deux veilleurs; puis ce nombre fut porté à trois, à la suite de l'événement que voici :

Un des gardiens étant venu à mourir pendant une affreuse tempête qui empê-

Pi.ymouth. — Phare d'Eddystoue.

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chait toute communication avec Plymouth, son compagnon demeura plusieurs jours en face du cadavre et comme on savait qu'il y avait mésintelligence entre les deux hommes, le survivant avait grand' peur qu'on l'accusât d'avoir tué son camarade. Cette inquiétude, jointe aux odeurs méphitiques qui s'exhalaient du corps en décomposition, le f i t tomber très gravemen t malade, et le fanal cessa d'être allumé. Quand une barque put enfin accoster l'écueil, on trouva dans la tour un mourant et un mort qui furent ramenés ensemble à Plymouth.

L'édifice de Smcaton finit par disparaître à son tour. La vague avait si bien rongé la roche sur laquelle il était assis, que sa base était complètement déchaussée. Aussi, tout récemment, s'est-on décidé à le raser. Le phare actuel est l'œuvre de l'ingénieur Douglas. 11 date de 1882.

Deux fois plus haut que son devancier (40 mètres), il est muni d'une puissante cloche à brouillard et éclairé, bien entendu, à la lumière électrique.

Entre le Devonshire et le comté de Cornouaillc (Cornwall), la limite naturelle est marquée par la ri-

Darmouth. — Une rue.

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