DES HEBRIDES AU CAP NORD
mement pittoresques, est'situé dans OEsterô (840 mètres). Le chef-lieu, Thorshavn, « la ville du dieu Thor », est sur la côte orientale de Stromô (groupe du nord). Cette capitale insulaire, peuplée de 1200 âmes, n'est qu'une bourgade, une sorte de village alpestre, aux constructions reposant sur des soubassements de pierres trachytiques, et recouvertes de simples mottes de gazon. Une seule église servant aux deux cultes, catholique et protestant, la maison du « magistrat », et, à l'entrée du port, une petite forteresse sur laquelle flotte le Danebrog rouge chargé d'une croix blanche (pavillon danois), voilà les gros édilîces de Thorshavn.
Quant à la végétation de l'archipel, elle est, on le devine, assez pauvre ; sur les pentes il y a des pâlis; autour des villages, dans les jardinets, croissent des sorbiers, des saules, des groseilliers.
Ajoutons à cela de maigres champs, inclinés au midi pour mieux recevoir les rayons du soleil. D'arhres, presque point, non à cause du froid, — le climat, au contraire, esl doux et égal, — mais parce que le vent les déracine.
La population ■ — onze milliers de tètes — est d'origine Scandinave; elle a conservé son idiome propre, qui est, après la langue islandaise , le plus rapproché de l'ancien nordique. Elle élit une assemblée locale qui siège à Thorshavn, et envoie en outre des députés au parlement de Copenhague. La pèche, la chasse aux oiseaux de mer forment son occupation principale. Les "poissons abondent en effet sous ces côtes. En septembre particulièrement, le dauphin épaulard (Grindehval) apparaît par bandes dans les eaux d'alentour, et les Faeroïens en font alors un massacre comparable à celui qui se fait des thons dans la baie de Païenne et des anguilles dans l'étang de Comacchio; le sang de ces monstres marins, qui ont G ou 7 mètres de long, rougit au loin le verdàtre océan. Les volatiles aquatiques, eiders, pingouins, guillemots, pétrels, cormorans, etc., foisonnent également dans l'archipel; c'est par millions qu'ils y couvrent les falaises et les roches. Certaines îles, la Grande Dimon, par exemple, au nord de Suderô, ne sont, comme on dit, que des « montagnes à oiseaux » ; chaque corniche, chaque crevasse de la berge escarpée loge toute une colonie ailée, dont