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TOME II

Vallée du Heimdal.

Le Vorinsrfoss.

PENINSULE SCANDINAVE ET DANEMARK

c'est par ce chemin que, sortant enfin du labyrinthe des eaux intérieures, nous arrivons à la ville de Bergen.

Bergen, jadis Biôrgvin, la « prairie de la montagne », est la cité qui commande

à l'ouest, au-dessous du cap Stadt, cette région fantastique des fiords.

C'est le premier port du royaume, et, avec ses 40 000 âmes, la plus

grosse localité de la Norvège, après Christiania. Elle s'élève en amphithéâtre sur une sorte de triangle dont la base s'appuie aux montagnes sises entre elle et le fiord Hardanger, et dont la pointe s'avance vers un dédale d'îles et d'îlots. Tout autour d'elle se creusent de petites criques qui forment des bassins naturels aux rives plantées d'arbres. Des faubourgs et des traînées de cottages prolongent ainsi de tous les côtés le dessin capricieux de la ville, qui ne se compose que d'un lacis de ruelles bordées de maisons de bois peintes à la mode norvégienne, les unes en blanc, les autres en gris, en jaune, en rose ou en rouge,

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et toutes présentant leurs pignons en façade. Nul ornement extérieur, du reste. A l'entrée du port, qu'on ne découvre, en venant de la mer, qu'après de nombreux détours, se dresse une citadelle.

Fondée vers le milieu du xf siècle, Bergen, an siècle suivant, se vit éprouvée par la peste, apportée, dit-on, dans la ville par un vaisseau-fantôme qu'y avait pousse le vent d'ouest, et à bord duquel il n'y avait plus que des cadavres. Devenue ensuite un des marchés de la Hanse, elle atteignit un haut degré de prospérité. La colonie des négociants germaniques y occupait tout un quartier rempli de greniers et de magasins La tour Walkendorf, que notre gravure représente, date de cette époque. Jusqu'à la fin du xv° siècle, les pilotes de Bergen furent les seuls qui eussent le droit de cino-ler vers le Groenland. Son principal commerce aujourd'hui est la pêche et l'exportation du poisson. En mars et en avril, près de 500 navires affluent dans son port, y apportant, outre les bois résineux du pays, d'immenses cargaisons de stockfisch (poisson sec) provenant des îles Lofoten.

Le dernier grand nord de la côte occidentale de Norvège est le nord Stavanger, à l'issue duquel est située la ville du même nom ; après quoi, le littoral s'infléchit a l'est et passé le cap Lindesmos, nous pénétrons dans le Skager-Rak. A ce tournant s'ouvre 'un des bassins maritimes les plus animés qu'il y ait au monde ; là chaque bourgade maritime est un port; sous les rivages et a l'entrée des baies, c'est un vaet-vient incessant de voiliers, et à certains moments de l'année c'est par centaines et par milliers même que se comptent les bateaux qui poursuivent les bandes de morues et de harengs.

Bien que les migrations du hareng soient sujettes à des variations sensibles, et nue ce poisson ait même, à plusieurs reprises, disparu de .es parages habituels pendant des trente et quarante années, cette pêche n'en constitue pas moins pour les habitants de la Norvège un trafic d'une importance capitale. L'approche des bancs aux écailles luisantes est signalée d'une station à l'autre par le télégraphe, et immédiatement tout se met en mouvement sur la côte ; les églises même, si c est 1 heure de l'office se vident instantanément. Les hommes sautent en barque pour courir a leur poste'; les femmes et les enfants apprêtent les tonneaux et les caisses entassent les piles de bois de pin, charrient les fascines de genévrier. Il faut, en effet, que la proie soit salée et fumée au plus vite. Le hareng, une fois hors de l'eau, meurt et se décompose tout de suite. Aussi se dépêche-t-on de 1' » habiller », opération qui consiste à inciser le cou pour retirer les viscères et chasser le sang coagule; après quoi la bêle est mise en saumure et encaquée.

Nous entrons enfin dans ce golfe de Christiania, au fond duquel les pirates Scandinaves, qui étaient la terreur de Charlemagne, préparaient autrefois leurs expéditions et rapportaient leur butin. Sur le côté gauche de cette échancrure, les havres de commerce se succèdent sans interruption : voici Laurvik, où le roi Harald « aux beaux cheveux » avait son palais ; puis la vieille ville de Tônsberg, et, au débouche du Drammen, le grand port du même nom, par lequel s'expédient les produits des gisements miniers de Kongsberg, situé un peu plus au sud-ouest. Dans 1 intervalle

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