‹ L'Évangéline de Longfellow et la Suite merveilleuse d'un poèmeChapitre 21 sur 56 · MAISONS | GRANGES DANCES · texte numérisé non relu

MAISONS | GRANGES DANCES

2 novembre |A Gaspereau 39 5 Aux rivières Canard, Habitants, Perreau.

A Canard et Habitants ‘ 100

Moulins détruits aux endroits ci-dessus... Granges Maisons

Habitants déportés par le colonel Dépendances, Winslow... - 1.510 Moulins

— — Osgood.... 732 Eglise 2.242

Leitre du capitaine Abraham Adams au colonel Winslow.

Annapolis Royal, 8 décembre 1755

Je vous aurais répondu plus tôt si l’'embarquement des habitants de cette rivière ne m'avait très occupé depuis mon arrivée

ici. Nous avons mis 1.664 personnes à bord des navires suivants, savoir : deux transports, trois seneaux et un brigantin qui ont mis à la voile de l’île aux Chèvres sous l'escorte de la corvette Baltimore. Nous présumons que 300 habitants du haut de la rivière se sont sauvés dans les bois ; les autres ont été déportés au grand désespoir de quelques-uns d’entre eux...

Nous avons appris que vous êtes parti des Mines depuis quelque temps et nous espérons que vous êtes arrivé sain et sauf à Halifax (1). Après son départ des Mines notre flotte a été assaillie par un des plus violents orages que j'aie vus (2)... Je crains que plusieurs transports ne se soient perdus durant la tempête.

ABRM ADAMS.

P. S.— Ce matin, à cinq heures, la flotte est sortie du bassin par un bon vent.

Les extraits que nous venons de donner du Journal de campagne et de la correspondance du Lieutenant-Colonel Winslow sont tirés du Rapport sur les Archives Canadiennes, 1905, vol. II, app. B, édit. en français p. 66-94.

Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque de la Société historique du Massachusetts à Boston, a été publié dans les Collections de la Société historique de Nouvelle-Ecosse en 1883 et 1885, vol. IIT, p. 71-196, et IV, p. 113-246.

Le capilaine Osgood au colonel Winslow.

Grand-Prée, 20 décembre 1755.

…… Les Français que vous aviez confiés à ma garde, ont tous. été déportés. Les derniers sont partis cet après-midi sur deux goélettes : le Race Horse, capitaine John Banks, avec 120 personnes, et le Ranger, capitaine Nathan Monrow, avec 112 personnes ; Banks à destination de Boston et Monrow à destination de la Virginie. Ils se sont tous rendus sans trop de difficultés d’après le nombre que nous a fourni monsieur Landrée [Landry] et nous avons mis à bord autant de leurs effets qu'il nous a été possible.

Puixs Oscoon.

(Arch. Canad., 1905, vol. IT ; appendice B, p. 95.)

(1) [Le colonel Winslow quitta la Grand’Prée le 13 novembre et arriva à Halifax le 19 du même mois.

(2) Le 27 octobre 1755.

G. — Le Gouvernement Britannique et la Déportation (1).

Dépêche du Lt-Gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, Lawrence, à Sir Thomas Robinson, Secrétaire d'Etat, en date du 18 octobre 1755.

(Cette dépêche fut confiée à l'amiral Boscawen qui fit voile d’Halifax le lendemain 19 octobre pour Spithead (Angleterre), où il arriva le 16 novembre.)

.. Depuis ma dernière lettre du 18 juillet 1755, les députés français des différents districts ont comparu devant le Conseil pour donner une réponse définitive à la proposition qui leur avait été faite de prêter le serment d’allégeance à Sa Majesté, ce qu'ils refusèrent absolument, et bien qu'on ait employé tous les moyens pour leur faire comprendre leur véritable intérêt et qu'on leur ait donné le temps suffisant de délibérer mûrement sur la décision qu’ils allaient prendre, rien ne put les induire à acquiescer à des mesures compatibles avec l'honneur de Sa Majesté et la sécurité de sa province.

En présence de l'attitude des députés, le Conseil s’est donc décidé à obliger les habitants français à quitter la colonie, et s’est tout de suite occupé de prendre les mesures les plus sûres et les plus économiques pour exécuter cette décision. Nous vîmes tout de suite que leur expulsion par la force des armes au Canada ou à Louisbourg causerait de grandes difficultés. En effet, par ce procédé, on aurait renforcé ces établissements d’un nombre considérable d'hommes qui ont toujours été, sans exception, les ennemis acharnés de notre religion et de notre gouvernement, et qui sont irrités au plus haut degré de la perte de leur biens. Le seul moyen qui nous parut convenable pour prévenir leur retour ou les empêcher de se réunir en groupe considérable fut de les répartir entre les colonies, depuis la Géorgie jusqu’à la Nouvelle-Angleterre. Nous avons donc nolisé, au taux le plus bas possible, des bâtiments pour les transporter ; l’embarquement est très avancé ; j'espère que quelques vaisseaux ont déjà mis à la voile et qu’à la fin du mois prochain, il n’y en aura plus un seul dans la province.

(British Museum, G. O. 5, vol. 16, fol. 155.)

(1) C£. P. Gaudet : Le Grand Dérangement, sur qui retombe la responsabrlité de l'Expulsion des Acadiens. Ottawa, 1922.

Le 28 juin 1755, Lawrence envoie au secrétaire d'Etat Robinson les clauses de la capitulation du fort Beauséjour, parmi la garnison duquel 309 miliciens acadiens de la zone française ont été trouvés les armes à la main. L'article 4 de cette capitulation est ainsi libellé :

Pour les Acadiens, comme ils ont été forcés de prendre les armes sous peine de mort, il leur sera pardonné pour le parti qu'ils viennent de prendre.

Mais Lawrence, faisant f de cette clause, ajoute dans sa lettre :

Les habitants français réfugiés remettent leurs armes. J'ai donné ordre au lieutenant-colonel Monckton de les chasser à tout prix. Cependant, il pourrait s’en servir, s’il en avait besoin, pour mettre ses troupes à couvert, vu que les casernes du fort sont démolies, il pourra les employer à faire tous les travaux dont ils sont capables.

(British Museum, C. O. 5, vol. 16, fol. 12.)

Le 18 juillet 1755, Lawrence écrit de nouveau à Robinson, et lui parlant de l'emprisonnement des députés acadiens qui refusent de prêter la nouvelle formule de serment sans réserve, c’est-à-dire de faire abandon de leur neutralité, il ajoute :

J'ai ordonné aux habitants français d’élire de nouveaux députés et ceux-ci doivent se rendre ici immédiatement. Je suis

décidé à amener les habitants à se soumettre ou à purger la province d'aussi perfides sujets.

(Nova Scotia State Papers, A, vol. 58, fol. 35.)

Réponse du Secrétaire d'Etat Robinson à la lettre de Lawrence du 28 juin 1755.

Whitehall, 13 août 1755.

Quelle que soit l'interprétation que donnent les Français au mot « pardonné » dans le quatrième article de la Capitulation accordée au Commandant de la garnison de Beauséjour, vous dites par votre lettre du 28 juin que vous avez donné ordre au colonel Monckton de chasser du pays à tout prix les habitants qui ont abandonné leurs terres. On ne comprend pas clairement si vous avez l'intention de chasser tous les habitants français de la péninsule dont le nombre s'élève à plusieurs milliers, ou bien ceux que vous mentionnez dans l’état des forts français et anglais que le gouverneur Shirley m'a transmis dans sa lettre du 8 dé-

PIÈCES JUSTIFICATIVES Di

cembre dernier et dont le nombre s'élevait à 8.000 familles établies dans cinq ou six villages, aux environs de Beauséjour : ou, enfin, si vous entendez parler seulement de ceux des habitants trouvés à Beauséjour, lors de l’évacuation de ce fort par sa garnison. Cette dernière interprétation semble avoir été plutôt votre intention, car vous ajoutez : «Mais cependant le colonel Monckton pourrait s'en servir s'ilen avait besoin pour mettre ces troupes à couvert — vu que les casernes du fort français sont démolies — il pourra les employer à faire tous les travaux dont ils seront capables. » Quelle qu’ait été votre intention, il n’y a pas de doute que vous n'avez agi que d’après un strict sentiment de sécurité indispensable et immédiat pour votre gouvernement, et non sans avoir considéré les conséquences pernicieuses qui pourraient résulter d’une alarme qui aurait pu se propager dans le corps des Français neutres, et combien subitement le désespoir peut produire une insurrection, et aussi quel nombre additionnel de sujets utiles pourrait être donné, par leur fuite, au roi de France. Par conséquent, il ne peut vous être trop recommandé d’user de la plus grande précaution et de la plus grande prudence dans votre conduite vis-à-vis de ces neutres, et d’assurer ceux d'entre eux en qui vous pouvez avoir confiance, particulièrement lorsqu'ils prêteront le serment à Sa Majesté et à son gouvernement, qu'ils peuvent demeurer dans la tranquille possession de leur terres, sous la législation convenable.

Ce qui m'a engagé à attirer votre attention toute particulière sur cette partie de votre lettre, c’est la proposition qui m'a été faite, pas plus tard qu’au mois de mai dernier par l’ambassasadeur de France, savoir : « Qu'il soit accordé trois ans aux habitants français de la péninsule pour s'en retirer avec leurs effets, et que tous les moyens de faciliter ce transport leur soient accordés. Les Anglais devraient regarder sans nul doute cette proposition comme très avantageuse pour eux. » À quoi il a plu à Sa Majesté de faire la réponse suivante, que je vous envoiepour votre information particulière : «En ce qui concerne la proposition d'accorder trois ans aux habitants français de la péninsule pour émigrer, ce serait priver la Grande-Bretagne d’un nombre très considérable de sujets utiles, si une telle émigration s’étendaitaux Français qui habitaient cette province au temps du traité . d'Utrecht et à leurs descendants. »

(British Museum. Add. Mss. Brown Collection : Papers relating to Nova Scotia 19073 et 19074 ; fol. 42.)

La dépêche précédente porte au dos de la main de Lawrence la mention suivante :

Reçue le 9 nov... Relative à ma conduite envers les Français neutres.

L’expulsion des Acadiens du Bassin des Mines était en grande partie terminée.

Toutefois, il restait encore à embarquer 600 habitants de cette même région et ceux de la Rivière d’Annapolis.

Lawrence répond au Secrétaire d'Etat par la lettre suivante du 30 novembre 1755, où, après s'être expliqué sur le « sens du mot pardonné » inséré dans la capitulation de Beauséjour, il ajoute :

Mais, lorsque nous vimes que les habitants français ‘qui n'avaient pas déserté leurs terres manifestaient les mêmes sentiments de déloyauté que ceux qui avaient abandonné les leurs, et qu'ils refusaient positivement de prêter le serment d’allégeance, nous avons jugé alors qu'il était grand temps d'agir, — tant pour l’honneur de Sa Majesté que pour la conservation de cette province, — nous avons jugé, dis-je, qu’il était grand temps que tous les habitants français, ceux qui n'avaient pas abandonné leur terres comme ceux qui les avaient abandonnées, fussent embarqués sur les transports, mis hors de la province et dispersés dans les colonies avoisinantes. La plus grande partie est déjà expédiée et je me flatte qu’à l'heure actuelle il n’en reste plus.

Ayant déjà eu l’honneur de vous soumettre cette mesure par ma lettre du 18 octobre qui contenait les minutes du Conseil et dont je vous transmets un duplicata, je ne crois pas nécessaire d'en dire davantage à ce sujet.

(British Museum, G. O. 5, vol. 17, fol. 52.)

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