GUERISON DE DEUX' AVEUGLES
il était difficile que le Seigneur fût pleinement obéi : ceux qui avaient vu l'enfant morte la contemplaient maintenant j^leinc de vie. Aussi, comme l'a noté saint Matthieu, le bruit de cette résurrection se répandit-il dans toute la contrée.
Mt., IX. — 2' Et transeunte inde Jesu, secuti sunt eum duo caeci, clamantes et dicentes : Miserere nostri, fiîi David, ^s Cimi auiem venisset domum, accesserunt ad eum caeci. Et dicit eis Jésus : Creditis quia hoc yossum facere vohis? Dicunt ei : Utique, Domine. 23 Tune tetigit oculos eorum, dicens : Secundum fidem vestram -fiât vohis. ^° Et averti sunt oculi eorum. Et comminatus est illis Jésus, dicens : Videte ne quis sciât. ^^ IIU autem exeuntes diffamaverunt eum in tota terra illa. ^^ Egressis autem illis, ecce obtulerunt ei hominem mutum, daemonium hahentem. ^^ Et ejecio daemonio, locutus est mutus, et miratae sunt tiirbae, dicentes : Nunquam apparuit sic in Israël. ^^ Pharisaei autem dicehant : In principe daemoniorum ejicit daemones.
Rien ne nous permet de déterminer où se trouvait alors le Seigneur : peut-être, avons-nous dit, à Caphamaûm. L'histoire de ces deux aveugles, — qu'il ne faut joas confondre avec celle des aveugles de Jéricho (Mt., xx, 29 sq.), — est propre à saint Matthieu. Tandis qUe Jésus s'éloignait de la demeure de Jaïre, deux aveugles le suivirent, implorant sa miséricorde et criant : « Ayez, pitié de nous, Fils de David ! » Il est remarquable que tous les aveugles que guérit le Seigneur lui donnent ce nom messianique de Fils de David : on en peut conclure que l'identification de Jésus au Messie attendu prenait déjà consistance dans la pensée populaire. Lorsqu'il fut arrivé à « la maison », les aveugles s'approchèrent de lui. Ils n'avaient, à raison de leur cécité, aucune expérience personnelle du pouvoir de Jésus et s'étaient bornés à recueillir les récits d'autrui. On ne s'étonnera donc pas que le Seigneur éprouve leur foi : « Croyez-vous, dit-il, que je puisse faire cela, c'est-à-dire vous guérir? » Ils répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors, il leur toucha les yeux, disant : « Qu'il vous soit fait selon votre foi .» Et leurs yeux s'ouvrirent. Et Jésus leur prescrivit avec autorité de ne point ébruiter le miracle : ce qui nous fait supposer que l'épisode est bien raconté à sa date historique et qu'il a eu lieu dans la même région galiléenne. Comme toujours, la
défense du Seigneur fut fort mal observée ; car, à peine sortis, les miraculés commencèrent à répandre sa renommée dans tout le pays.
La série des dix miracles racontés par saint Matthieu se ferme sur la guérison dun démoniaque muet. Cette scène ressemble beaucoup à celle que nous avons rencontrée déjà en saint Luc, XI, 14-15, et, parallèlement, en saint Matthieu, xii, 22-24 ; il ne faut cependant pas les confondre, puisque le premier évangéliste les distingue. Après le départ des aveugles guéris, on amena au Seigneur un possédé muet. Aussitôt le démon exjDUlsé, Thomme retrouva la parole. Et la série des miracles se termine sur la même réflexion qui a clos le Discours sur la montagne : lorsque le Seigneur parle, la foule remarque que son enseignement est plein d'autorité et ne ressemble jias à celui des scribes et des pharisiens ; lorsque le Seigneur agit, le peuple admire, et reconnaît que jamais Israël, accoutumé pourtant aux prodiges de DieU, n'a vu chose pareille. Mais Taj^préciation des pharisiens est toute différente : « C'est par le prince des démons qu'il chasse les démons. » Telle est l'exiDlication déloyale de la Synagogue pour écarter les miracles et l'autorité qu'ils créent au Seigneur. Nous avons entendu plus haut la réj^onse de Jésus à ce blasphème, familier, semble-t-il, à ses ennemis.
Mt., XIII. — ^^ Et veniens in patriam suam, docebat eos in synagogis eorum, ita ut mirarentur et dicerent : XJnde huic sapientia haec et viHutes? ^^ Nonne hic est fabri filins? Nonne mater ejus diciiur Maria? et fratres ejus, Jacobus, et Joseph, et Simon, et Judas? °^ Et sorores ejus nonne omnes apud nos sunt? Unde ergo huic omnia ista? ^' Et scandalizabantur in eo. Jésus autem dixit eis : Non est propheta sine honore, nisi in patria sua et in domo sua. ^^ Et non fecit ibi virtutes multas, propter incredulitatem illorum.
Me, VI. — ^ Et egressus inde, abiit in patriam suam; et sequ£bantur euni discipuli sut. ^ Et facto sabbato, coepit in synagoga docere ; et multi audientes admirabantur in doctrina ejus, dicentes : Unde huic haec omnia? et quae est sapientia quae data est illi, et virtutes taies quae per manus ejus effïciuntur? ^ Nonne hic est faber, filius Mariae, f rater Jacobi, et Joseph, et Judae, et Simonis'/