L'Évangile de N.-S. J.-C
tait une lueur pourtant, et il semble, d'après l'évangile, que sa prière continuât malgré tout. Le Seigneur eut pitié de ce chagrin ; il aida, d'une parole, la foi vacillante de Jaïre : « Ne craignez pas ; croyez seulement, et votre fiUe sera sauvée. » Venant après la récompense qu'avait obtenue la foi de l'hémorrhoïsse, cette parole n'était-elle pas mieux qu'un encouragement, presque ime assurance? On arrive enfin à la maison.
De tous ceux qui l'accompagnent et des apôtres eux-mêmes, le Seigneur ne prend avec lui que Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques. Dans le vestibule et les premiers appartements, de la foule encore, des gens qui pleurent et poussent de grands cris, des joueurs de flûte : tout l'appareil tumultueux du deuil antique. « Pourquoi ce bruit et ces pleurs? dit Jésus en entrant. Retirez-vous ! L'enfant n'est yias morte, elle dort. » Cette remarque était vraie, puisque le Seigneur allait réveiller la fille de Jaïre. Elle était faite d'un ton rapide, avec mystère, peut-être pour prévenir une poussée bruyante de la foule. Mais avant le miracle, pour des gens qui avaient été convoqués autour d'une mort trop réelle et trop constatée, la réflexion, sur les lèvres d'un homme qui survenait à l'improviste, prêtait au sourire. Les moqueries s'élevèrent. Le Seigneur ne s'en émut pas. Accompagné seulement du père et de la mère, ainsi que des trois disciples, il j^énétra dans la chambre où était l'enfant. Et lui prenant la main, il dit : « Talitha, koiimi ! » Saint Marc a tenu à reproduire la formule araméennc dont le Seigneur s'est servi ; elle signifie, ajoute-t-il pour ses lecteurs grecs : ( Petite , levez-vous ! »> Aussitôt , l'esprit revint en elle, elle se leva, et se mit à marcher : afin de fournir à son père et à sa mère une preuve surabondante de sa vie, afin de montrer comment le Seigneur l'avait guérie à la fois et de la mort et de toute faiblesse.
Les parents étaient hors d'eux-mêmes et saisis d'une grande stupeur, qui sans doute fit place aussitôt à des transports de joie et de reconnaissance. Mais le Seigneur écarta les remerciements en prenant la physionomie d'un bon médecin, qui songe à tout : « Votre enfant a faim, donnez-lui à manger. » Et il leur recommanda avec force de ne raconter à jocrsonne comment les choses s'étaient passées : c'est la prescription ordinaire, au cours du ministère galiléen ; c'est en même temps l'invitation à ne point faire de cette grande grâce la matière de vains bavardages. Mais