‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 151 sur 340 · GUERISON D'UN SOURD-MUET · texte numérisé non relu

GUERISON D'UN SOURD-MUET

amplius admirabantw; dicentes : Bene omnia fecit; et surdos fecit audire et mutos loqui.

Après rincident de la Chananécnne, le Seigneur, toujours désireux de solitude, reprend sa route. Quittant le territoire de Tyr, il se dirige plus au nord, jusqu'à Sidon, au pied du Liban, et revient ensuite vers la mer de Galilée, en diagonale, c'est-à-dire par le nord du lac jusqu'au sUd-est, à travers le pays de la Décapole. C'est au cours de ce voyage, et en un lieu non déterminé par l'évangile, qu'on lui présente un sourd-muet, avec prière de lui imposer les mains. On suppose que Jésus ne peut guérir que par contact, comme un médecin. Le Seigneur se prête à cette foi imparfaite : au lieu de prononcer la parole qui délivre, nous le voyons recourir à Une sorte de médication ajDpropriée, calculée sur les dispositions des assistants, déterminée aussi par son partipris habituel de discrétion et de silence. A l'écart, loin de la foule, il mit les doigts dans les oreilles de l'infirme, et, avec un peu de salive, lui toucha la langue.

A cette médication extérieure, de soi bien insignifiante, le Seigneur ajouta le recours à l'intervention toute-puissante de Dieu : et suspiciens in caeîum ingemuit, « levant les yeux vers le ciel, il soupira »,• puis, investi du pouvoir divin lui-même, il dit : Ephpheta ! c'est-à-dire : ouvre-toi ! Et les oreilles de l'infirme s'ouvrirent ; le lien qui retenait sa langue se dénoua, et il parlait correctement. Mais le Seigneur recommanda aux assistants de n'en rien dire à personne. Comme de coutume, plus il insistait pour qu'on n'ébruitât point le miracle, plus ils le publiaient. Et ils étaient remplis d'une admiration extrême, et disaient : « Il a bien fait toutes choses ; il fait entendre les sourds et parler les muets ! » C'est presque une citation d'Isaïe (xxxv, 5-6). Sommesnous donc chez des Juifs ou bien chez une population mélangée ?

Mt., XV. — 29 ^ j^i ascendens in montem, sedehat ibi.^^ Et accesserunt ad eum turbae multae, habentes secum mutos, caecos, claudos, débiles et alios multos ; et projecerunt eos ad pedes eju^, et curavit eos : 3^ ita ut turbae mirarentur, videntes mutos loquentes, claudos ambulantes, caecos videntes ; et magnificabant Deum Israël. ^^ Jésus autem, convocatis discipulis suis, dixit : Misereor turbae, quia triduo jam persévérant mecum, et non habent quod manducent ; et

dimittere eos jejunos nolo, ne deficiant in via. ^^ Et dicunt ei discipuli : Unde ergo nobis in deserto panes tantos, ut saturemus turbam tantam ? ^* Et ait iïlis Jésus : Quot hahetis panes? At illi dixerunt : Septem, et paucos pisciculos. ^^ Et praecepit turbae ut discumberent super terram. ^^ Et accipiens septem panes et pisces, et gratias agens, fregit et dédit discipulis suis, et discipuli dederunt populo. 2' Et comederunt omnes, et saturati sunt. Et quod superfuit de fragmentis iulerunt, septem sportas plenas. ^^ Erant autem qui manducaverunt quatuor millia hominum, extra parvulos et mulieres. ^^ Et dimissa turba, ascendit in naviculam, et venit in fines Magedan.

Me, VIII. — ^ In diebus illis iterum cum, turba multa esset, nec haberent quod manducarent, convocatis discipulis, ait illis : ^ Miscreor super turbam, quia ecce jam triduo sustinent me, nec habent quod manducent ; ^ et si dimisero eos jejunos in domum suam, déficient in via ; quidam enim ex eis de longe venerunt. * Et responderunt ei discipuli sui : Unde illos quis poterit hic saturare panibus in solitudine? ^ Et interrogavit eos: Quot panes habetis? Qui dixerunt : Septem. ^ Et praecepit turbae discumbere super terram. Et accipiens septem panes, gratias agens fregit, et dabat discipulis suis ut apponerent ; et apposuerimt turbae. ' Et habebant pisciculos paucos ; et ipsos benedixit, et jussit apponi. ^ Et manducaverunt, et saturati sunt ; et sustulerunt quod super avérât de fragmentis , septem sportas. ^ Erant autejn qui manducaverant quasi quatuor millia ; et dimisit eos. ^^ Et stcdim ascendens navim cum discipulis suis, venit in paHes Dalmanutha.

Le Seigneur est parvenu à l'est de la mer de Galilée. Il gravit une montagne, Une des hautes collines qui avoisinent la mer, et s'y assied. Alors, comme de coutume, s'approchent de lui des foules nombreuses, ayant avec elles des boiteux, des gens courbés et difformes, des aveugles, des muets et beaucoup d'autres infirmes. On les place aux pieds du Seigneur, et il les guérit. De sorte que la foule est dans l'admiration en voyant les muets parler, les infirmes se relever, les boiteux marcher, les aveugles jouir de la vue : et tous glorifient le Dieu d'Israël. C'est, en saint Matthieu, l'équivalent de ce que nous lisions à l'instant chez saint Marc : Et eo amplius admirabantur dicentes : Bene omnia fecit, et surdos fecit audire et mutos loqui. De tous les miracles accomplis dans cette région de la Décapole, saint Marc s'est borné

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