LA PROFESSION' DE FOI DE PIERRE A CÉSARÉE
Mt., XVI. — ^^ Venit autem Jésus in partes Caesareae Philippi ; et interrogabat discipulos suos, dicens : Quem dicunt homines esse Filium liominîs? ^^ At illi dixerunt : Alii Joannem Baptistam, alii autem Eliam, alii vero Jeremiam, aut unum ex prophetis. ^^ Dicit mis Jésus : Vos autem quem me esse dicitis ? ^^ Respondens Simon Peirus dixit : Tu es Chrisius, Filius Dei vivi. i' Respondens autem Jésus, dixit ei : Beatus es, Simon Barjona, quia caro et sanguis non revelavit tibi, sed Pater meus qui in caelis est. ^^ Ei ego dico tibi quia tu es Peirus, et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, et portae injeri non praevalebunt adversus eam. ^^ Et tibi dabo claves regni caelorum ; et quodcumque ligaveris super terram erit ligatum et in caelis, et quodcumque solveris super terram erit solutum et in caelis. -*' Tune praecepit discipulis suis ut nemini dicerent quia ipse esset Jésus Christus.
Me, VIII. — ^"^ Et egressus est Jésus, et discipuîi ejus, in castella Caesareae Philippi : et in via interrogabat discipulos suos, dicens eis : Quem me dicunt esse homines? ^^ Qui responderunt illi, dicentes : Joannem Baptistam, alii Eliam, alii vero quasi unum de prophetis. 2^ Tune dicit illis : Vos vero quem me esse dicitis? Respondens Petrus ait ei : Tu es Christus. ^^ Et comminatus est eis ne cui dicerent de illo.
Le, IX. — 1^ Et factum est, cum solus esset orans, erant cum illo et discipuîi; et interrogavit illos, dicens : Quem me dicunt esse iurbae? ^^ At illi responderunt, et dixerunt : Joannem Baptistam, alii autem Eliam, alii vero quia unus propheta de priorihus surrexit. ^® Dixit autem illis : Vos autem quem me esse dicitis ? Respondens
Simon Peirus, dixit : Christum Dei. ^^ Ai ille increpans illos, praecepit ne cui dicerent hoc.
De Bethsaïde, le Seigneur se dirige vers le nord, non plus vers Tyr et Sidon, mais cette fois vers Césarée de Philippe, au pied de l'Hermon, non loin des sources du Jourdain. L'ancienne Panéas, appelée ainsi à raison d'un sanctuaire de Pan autrefois vénéré, avait été élargie et embellie par le tétrarque de la Trachonitide, Hérode Philippe, qui lui avait donné par flatterie le nom de l'empereur. On la disait « de Philippe », pour la distinguer de l'autre Césarée qui est sur la Méditerranée et que nous connaissons par les Actes et la première captivité de saint Paul, Le Seigneur se trouvait aussi loin que possible des pharisiens, des hérodiens, même des Galiléens grossiers ; il était seul avec les sieus, parmi des populations qui l'ignoraient encore ; ils allaient de village en village {in castella Caesareae, dit saint Marc). Or, un jour qu'ils cheminaient ainsi, eut lieu l'entretien que rapportent les trois synoptiques ; il est d'une portée vraiment infinie, car il inaugure une période très solennelle de la vie du Seigneur ; c'est, d'une façon prochaine, la préparation de l'Église. La région est limitrophe entre Juifs et gentils : n'est-ce pas là qu'il est opportun de jeter les fondements d'une société qui doit contenir les uns et les autres?
Saint Luc, toujours attentif à noter la prière spéciale du Seigneur en chacune des circonstances graves de sa vie , fait remarquer qu'il s'entretenait avec son Père, marchant probablement à quelque distance devant les disciples ; ceux-ci le rejoignirent, et il se mit à les interroger : « Qu'est-ce que les hommes disent de moi? Qui suis-je à leurs yeux, moi, le Fils de l'homme? Qtiem dicunt homines esse Filium hominis ? » La couleur personnelle que prend ici la conversation du Seigneur a, chez les synoptiques, un caractère assez inattendu. Alors, en effet, que dans l'évangile de saint Jean le Seigneur parle beaucoup de sa personne et de sa médiation entre l'homme et son Père, les synoptiques semblent préoccupés surtout du Royaume céleste, dont Jésus est le héraut, et des conditions requises pour appartenir à ce Royaume. La question du Seigneur ne suppose chez lui aucune ignorance ; elle n'impUqUe pas davantage un souci quelconque des dires du monde : elle veut simplement provoquer la profession de foi des apôtres. C'est une méthode aimable. Au lieu de procéder