‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 167 sur 340 · MISSION DES SOIXANTE-DOUZE DISCIPLES · texte numérisé non relu

MISSION DES SOIXANTE-DOUZE DISCIPLES

savez pas quel esprit est le vôtre ! Car le Fils de l'homme n'est point venu pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. » Ces paroles de Jésus manquent dans un bon nombre d'anciens manuscrits. Certains exégètes ont cru qu'elles avaient été effacées afin de couper court aux objections gnostiques sur l'opposition des deux Testaments (Le., xix, 10; Mt., xviii, 11 ; Jo., III, 17 ; XII, 47). — Après avoir donné aux apôtres cette leçon de douceur, le Seigneur partit avec eux chercher l'hospitalité dans une autre bourgade. Rien absolument ne laisse supposer qu'il rebroussa chemin et se rendit à Jérusalem par la route accoutumée, celle de la rive orientale du Jourdain. Avant comme après cet incident, le Seigneur put fort bien trouver des localités plus hospitalières. — L'histoire des trois postulants que le Seigneur rencontra « sur le chemin » (57-62), a été expliquée beaucoup plus haut, en suivant le récit de saint Matthieu, viii, 19-22.

Le., X. — ^ Post haec autem designavit Dominus et alios septuaginta duos, et misit illos hînos ante faciem suam, in omnem civitatem et locum quo erat ipse venturus. - Et dicehat illis : Messis quidem multa, operarii autem pauci. Rogate ergo dominum messis, ut mittat operarios in messem suam. ^Ite; ecce ego mitto vos sicut agnos inter îupos. ^ Nolite portare sacculum, neque peram, neque calceamenta, et neminem per viam salutaveritis. ^ In quayncumque domum intraveritis, primum diciie : Pax huic domui. ^ Et si ibi fuerit filius pacis, requiescet super illum pax vestra ; sin autem, ad vos revertetur. "^ In eadem autem domo manete, edentes et hibentes quae apud illos sunt ; dignu^ est enim operariu^ mercede sua. Nolite transire de domo in domum. ^ Et in quamcumque civitatem intraveritis, et susceperint vos, manducate quae apponuntur vobis. ^ Et curate in-flrmos qui in illa sunt, et diciie illis : Approphiquavit in vos regnum Dei. ^^ In quamcumque autem civitatem intraveritis, et non susceperint vos, exeuntes in plateas ejus, dicite ; ^^ Etiam pidverem, qui adhaesit nobis de civitate vestra, extergimus in vos ; iamen hoc scitote, quia appropinquavit regnum Dei. ^- Dico vobis, quia Sodomis in die illa remissius erit quam illi civitati.

C'est à ce moment, après le passage de Galilée en Judée par la Samarie, post haec, que saint Luc raconte la mission des

soixante-douze disciples. Il est fort heureux que le même évangéliste nous ait rapporté un peu plus haut (ix, 1-6), parallèlement à saint Matthieu (x, 1 sq.) et à saint Marc (vi, 7 sq.), la mission des douze apôtres : car il devient dès lors impossible aux commentateurs catholiques de confondre les deux événements. Il y a une grande ressemblance entre les recommandations adressées aux discii^les et celles adressées aux apôtres, en saint Matthieu. On peut noter cependant quelques différences. Ainsi, les apôtres ont reçu l'ordre de limiter provisoirement leur ministère à Israël ; mais il n'est pas interdit aux disciples de s'adresser aux Samaritains et aux païens ; peut-être précédèrent-ils le Seigneur en Pérée. Ils sont envoyés « deux par deux, devant le Seigneur, dans toute ville et en tout lieu où lui-même doit se rendre » : leur mission est temporaire, toute préparatoire, et expire après leur retour auprès de Jésus. « Le Seigneur, dit saint Luc, désigna soixante-douze autres « : avec, sans doute, une allusion aux apôtres , dont la mission a été racontée au début du chapitre ix. Il est difficile de déterminer s'il faut lire, selon certains manuscrits, soixante-dix, ou bien, selon d'autres et avec la Vulgate, soixante-douze.

Sous le bénéfice des explications fournies plus haut lors de la mission des apôtres, bornons-nous à lire les instructions nouvelles du Seigneur. La moisson est grande, disait-il, mais les ouvriers peli nombreux ; priez donc le maître de la moisson d'y envoyer des ouvriers (Mt., ix, 37-38). Allez ! Voici que je vous envoie .comme des agneaux au milieu des loups. N'emportez ni bourse, ni besace, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. — Il ne s'agit pas de supprimer la politesse, mais les longues causeries où s'attardent volontiers les voyageurs et les promeneurs orientaux ; les disciples doivent aller de l'avant, comme des hommes qui ont le souci de leur grave mission et éprouvent une sainte hâte de l'accomplir. — En quelque demeure que vous entriez, dites d'abord : Paix à cette maison ! Et s'il se trouve là un fils de la paix, c'est-à-dire une âme fidèle, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle vous re%dendra : votre souhait sera pour cette famille comme s'il n'avait pas été prononcé, et vous n'en aurez pas moins, devant Dieu, le bénéfice de votre charité. Mais dans la maison hospitalière, demeurez, sans scrupule, mangeant et buvant ce qu'on y trouve : c'est votre droit, car vous êtes les ouvriers de Dieu, et l'ouvrier est digne de son salaire. Ne passez

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