‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 175 sur 340 · LÉVANGILE DE N.-S. J.-C · texte numérisé non relu

LÉVANGILE DE N.-S. J.-C

Jerosolymis : Nonne hic est quem quaerunt interficere? ^^Et ecce pala7n loquitur, et nihil ei dicunt. Numquid vere cognoverunt principes quia hic est Christus? ^^ Sed hune scimus unde sit; Christus auteni cum venerit, nemo scit unde sit. ^^ Clamahat ergo Jésus in templo docens, et dicens : Et me scitis, et unde sim scitis ; et a meipso non veni, sed est verus qui misit me, quem vos nescitis. ^^ Ego scia euni, quia ah ipso sum, et ipse me misit. ^^ Quaerebant ergo eum apprehetidere, et nemo misit in illum manus, quia nondum venerat hora ejus. ^^ De turba autem multi crediderunt in eum, et dicehani : Christus, cum venerit, numquid plura signa faciet quam quae hic facit? ^^ Audierunt pharisaei turham murmurantem de illo haec, et miseruni principes et pharisaei minisiros, ut appréhendèrent eum. ^3 Bixit ergo eis Jésus : Adhuc modicum tempus vobiscum sum, et vado ad eum qui me misit. ^* Quaeretis me, et non invenietis ; et ubi ego sum, vos non potestis venire. ^^ Dixerunt ergo Judaei ad semetipsos : Quo hic iturus est, quia non inveniemus eum? numquid in dispersionem gentium iturus est, et docturus gentes? ^^ Quis est hic sermo quem dixit : Quaeretis me, et 7ion invenietis; et ubi sum ego, vos non potestis venire?

Le Seigneur s'est rendu à Jérusalem, sans bruit, évitant les foules, pour la fête de la Scénopégie ou des Tabernacles. Cependant, la nouvelle de son arrivée s'est répandue et la curiosité des Juifs est en éveil. Nous savons que, dans saint Jean, cette désignation « les Juifs » est ordinairement réservée à tout le parti hostile au Seigneur : peut-être est-elle née à l'époqUe même où l'Apôtre écrivait son évangile ; durant tout le premier siècle, les Juifs furent les principaux adversaires du christianisme et les pourvoyeurs officiels de la persécution. Dans les groupes de pèlerins galiléens qui arrivent, les gens de la Synagogue cherchent donc Jésus : « Où est-il? » Même absent, il est le thème des conversations. Comme toujours, des appréciations très diverses circulent à travers. la foule. Il est bon et juste, disent les uns ; non, répliquent les autres, il séduit et entraîne le peuple. Mais il n'y avait pas de discussion ouverte : nul n'osait, par crainte des Juifs, s'exprimer librement sur son compte, ni surtout prendre parti pour lui.

La fête durait huit jours. Le quatrième, — peut-être était-ce le jour du sabbat, — Jésus monte au temple et prend la parole.

ENSEIGNEMENTS VERS LE MlBTEU DE LA FÊTE 499

Étonncmcnt des Juifs : « Comment cet homme-là sait-il les lettres, lui qui n'a pas fait d'études? » Il y a, dans cette remarque, moins de surjOTse que d'indignation ; et si l'on s'étonne, c'est moins de la science du Seigneur que de l'audace d'un enseignement qui, n'ayant été puisé nulle part, ni à l'école d'Hillel, ni à celle de Schamma'ï, semble à priori devoir manquer d'autorité et d'exactitude. — En effet, répond le Seigneur, cette doctrine que vous vous étonnez de trouver en moi, elle n'est pas de moi ; elle est à la fois mienne et non mienne. Qu'y a-t-il au monde qui soit plus à nous que nous-mêmes? Mais aussi qu'y a-t-il au monde qui soit moins à nous que nous-mêmes, si nous recevons à toute heure tout ce que nous sommes? C'est le cas du Fils de Dieu : tout ce qu'il a et tout ce qu'il sait est bien à lui, mais il le tient de son Père, de celui qui l'a envoyé. S'il n'a pas de doctrine persoimclle, c'est une garantie de plus, puisqu'il ne donne que la pensée de son Père, qui est Dieu.

Car il y a deux sortes de docteurs : ceUx qui parlent d'euxmêmes, sans mission, sans autorité, en quête d'une gloire personnelle; et ceux qui j^arlcnt au nom de Dieu, api^uyés sur son autorité. Le Seigneur donne deux indices de discernement entre les uns et les autres : l'un chez l'auditeur, l'autre chez le prédicateur. L'auditeur fera le discernement s'il est droit lui-même, s'il est disposé à accomplir la volonté de DieU. L'acceptation d'une doctrine qui vient de Dieu n'est assurée que moyennant l'afïinité intérieure avec la loi et les ^'ouloirs de Dieu. Mais il existe aussi un procédé de discernement dans le prédicateur lui-même : ses œuvres, sans aucun doute, mais de plus sa loyauté et ses intentions. Tout élément égoïste et jaloux n'est capable qUe de fausser la pensée et son expression. Celui qui parle de son chef poursuit sa propre gloire; mais celui qui cherche la seule gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est véridique et il n'y a que droiture en lui.

La réflexion du Seigneur était de nature à réjouir les croyants ; elle atteignait aussi des consciences déjà homicides afin de leur signaler l'obstacle qui s'opposait à leur foi. Les Juifs seraient d'accord avec l'envoyé de Dieu si eux-mêmes obéissaient à la loi de Dieu. Sans doute Moïse vous a donné la Loi, mais aucun de vous ne l'accomplit ! La Loi n'est pas faite pour être entendue seulement. Et pour être capables d'accueillir la pensée de DieU, ne faudrait -il pas renoncer tout d'abord aux projets sangui-

oOO CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE I

naires que vous nourrissez en vos cœurs? — Cette allusion à la Loi mosaïque, déjà motivée par le verset 17, l'est plus encore par la circonstance historique que rappelait la fête des Tabernacles. On ne pouvait commémorer les quarante années passées sous la tente, dans le désert, sans rappeler à la pensée de tous l'événement qui avait dominé toute cette longue période : la promulgation de la Loi au Sinaï. Et l'opportunité saisissante de l'allusion paraît encore davantage, si, avec beaucoup d'auteurs, on suppose que cette année-là était l'année sabbatique, durant laquelle, selon les prescriptions du Deutéronome (xxxi, 9-13), la Loi devait être lue solennellement au peuple.

Le projet meurtrier des pharisiens n'avait pas été divulgué encore ; et dès que le Seigneur demande ouvertement : « Pourquoi cherchez- vous à me faire mourir ? » la foule, qui n'est point du complot, laisse échapper une protestation : Mais c'est folie, c'est une exagération insensée ! Qui songe à vous mettre à mort ? L'expression daemonium hahes est vague, et susceptible, selon les circonstances, d'une acception adoucie. Le Seigneur a fait remarquer qu'il y a opposition entre la Loi et le dessein homicide : combien il était facile aux Juifs ennemis, au souvenir du paralytique guéri le jour du sabbat (Jo., v), de répliquer qu'il y avait opposition aussi entre la Loi et la prescription donnée aU paralytique après sa guérison ! Peut-être la réplique eut-elle lieu; car le miracle avait fait scandale à Jérusalem. J'ai accompli une œuvre, une seule, reprend le Seigneur, qui vous a été un motif de surprise et d'indignation : j'en ai fait beaucoup d'autres auxquelles vous ne voulez pas regarder. Vous avez choisi avec soin parmi mes miracles celui qui pouvait contenir un grief contre moi. Lorsque la haine a trouvé son prétexte, elle y revient avec obstination et néglige tout le reste. Aussi le Seigneur en appelle-t-il à la part de bonne foi et de droiture qui peut se trouver encore chez ses auditeurs. Voyez, leur dit-il. Moïse vous a prescrit la circoncision, — encore que la circoncision ait été simplement adoptée par Moïse : en fait, elle vient des patriarches ; elle n'est donc pas essentiellement caractéristique du judaïsme, qu'elle a devancé. Et si le huitième jour depuis la naissance tombe un jour de sabbat, vous donnez à l'enfant, en dépit du sabbat, le bienfait de la circoncision, afin que la Loi de Moïse soit obéic. Comment donc vous irriter de ce qUe j'aie rendu pleine santé à un homme, le jour du

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