‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 211 sur 340 · PARABOLE DES OUVRIEMS DE LA VIGNE · texte numérisé non relu

PARABOLE DES OUVRIEMS DE LA VIGNE

dim document antérieur utilise aussi par le premier é\-angéliste, saint Marc a omis une parabole qu'il jugeait moins nécessaire à ses lecteurs, mais en laissant toutefois subsister la moralité dont cette parabole constituait le développement.

Mt., XX. — ^ Simile est regmim caelonim homini patrifamilias, qui exiit jTrimo mane conducere operarios in vineam suam. ^ Conventione autem fada cuni operariis ex denario diurno, misit eos in vineam suam. ^ Et egressus circa horam tertiam, vidit alios stantes in foro otiosos. * Et dixit iîîis : lie et vos in vineam meam, et quod jiistum juerit dabo vohis. ^ lUi autem abienint. Iterum autem exiit circa sextani et nonani horam,, et fecit similiter. ® Circa undecimam vero exiit, et invenit alios stantes, et dicif ilIis : Quid hic statis tota die otiosi? ' Dicunt ei : Quia nemo nos conduxit. Dicit illis : Ite et vos in vinectm meam. ® Cum sero autem factum esset, dicit dominus vineae yrocuraiori sua : Voca operarios, et redde iïïis mercedem, incipiens a novissimis usque ad primos. ^ Cum venissent ergo qui circa undecimam horam vénérant, acceperunt singulos denarios. ^° Venientes autem et primi, arhitrati sunt quod plus essent accepturi ; acceperunt autem et ipsi singulos denarios. ^^ Et accipientes murmurahant adversus patremfamilias, ^^ dicentes : Hi novissimi una hora fecerunt, et pares illos nobis fecisti, qui portavimus pondus diei et aestus. ^^ At ille respondens uni eorum, dixit : Amice, non facio tibi injuriam : nonne ex denario convenisti mecum? ^* Toile quod tuum est, et vade; volo autem et huic novissimo dare sicut et tibi. ^^ Aut non licet mihi quod volo facere ? an oculus tuus nequam est quia ego bonus sum? ^® Sic erunt novissimi primi, et primi novissimi ; multi enini sunt vocati, pauci vero electi.

C'est Une parabole, et, selon qu'il a été dit souvent, il nous faudra recueillir comme enseignement voulu par le Seigneur la moralité fondamentale du récit, sans rechercher entre chaque détail et la réalité signifiée une coïncidence absolue. Le Royaume des cieux, dans le recrutement quotidien de ses membres, est figuré par l'histoire que voici. Un maître de maison sort dès le matin, afin de trouver des ouvriers pour sa vigne.' On ne saurait être inactif et paresseux dans l'Église : Dieu veut des ouvriers. Et c'est de bon matin qu'il sort de chez lui pour les engager. Cet empressement di^-in a paru dès l'origine de l'homme : Simul in eis condens naturam et largiens gratiam ; il se manifeste à

l'égard de chacun de nous, puisque, dès notre naissance, nous sommes régénérés dans le baptême. Le maître s'entend avec les ouvriers sur leur salaire. Il pourrait demander notre travail sans rien promettre, simplement en échange du bienfait de l'existence qui nous a été accordé : mais il agit libéralement, et, comme s'il y avait entre lui et ses ouvriers des termes de justice, il tombe d'accord avec eux sur le juste salaire : ce sera un denier par jour. Et il les envoie à sa vigne.

Vers la troisième heure, il sort de nouveau et il en trouve d'autres, inoccupés, sUr la place : « Vous aussi, leur dit-il, allez à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera équitable ». Et ils y vont. On peut remarquer qu'à Tégard de ces ouvriers de la troisième heure, qui avaient perdu sur la place publique les meilleurs moments de la journée, le maître semble plus sobre d'engagements formels ; ces gens le connaissent un peu, sans doute, et ils ont confiance en lui. Vers la sixième heure, puis vers la neuvième, c'est-à-dire vers midi et trois heures de l'après-midi, même sortie, mêmes invitations. Saint Grégoire a reconnu dans ces moments divers des étapes chronologiques définies qui s'appellent Adam, Noé, Abraham, Moïse, le Seigneur, la fin des temps : mais peut-être n'est-il pas besoin de presser autant l'allégorie ; ces détails sont nécessaires à la leçon cherchée, et ils nous montrent la patience du père de famille, le grand souci qu'il a de sa vigne, la sollicitude qui le met en mouvement à toutes les heures du jour pour recruter des ouvriers nouveaux.

Vers la onzième heure, une heure seulement avant la fin de la journée, il rencontre encore quelques oisifs sUr la place et il les gourmande familièrement : « Pourquoi vous tenir ici tout le jour sans rien faire? — Parce que, réi3ondent-ils, personne ne nous a loués. » Et il leur dit : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Puis le maître de maison se souvient de la loi du Deutéronome (xxiv, 14-15), d'après laquelle le salaire de l'ouvrier mercenaire doit être payé avant la nuit. Le soir venu, à six heures, il donne donc à son intendant l'ordre de rassembler les ouvriers et de leur distribuer le salaire, mais dans l'ordre inverse de leur arrivée au travail; car il faut que tous soient témoins de la générosité du père de famille ; et surtout cela encore est nécessaire à l'enseignement qui naîtra de la parabole. Les ouvriers de la onzième heure se j^réscntèrent et reçurent chacun un denier. Les premiers, c'est-à-dire tous les autres, vinrent ensuite, espérant

Page 1