L'AUMONE DE L\ VEUVE INDIGENTE
Me, XII. — *^ Et sedens Jésus contra gazophijlacium, aspiciehat quomodo turba jactaret aes in gazophijlacium ; et multi divites jactahant multa. ^^ Cum venisset auteni vidua una pauper, misit duo minuta, quod est quadrans. *^ Et convocans discipulos suos, ait mis : Amen dico vohis, quoniam vidua haec pauper plus omnibus misit qui miserunt in gazophylacium . ** Omnes enini ex eo quod àbundabat illis miserunt ; haec vero de penuria sua omnia quae habuit misit, totum victum suum.
Le, XXI. — ^ Respiciens autem, vidit eos qui mittebant munera sua in gazophylacium, divites. ^ Vidit autem et quamdam viduam pauperculam, mittentem aéra minuta duo. ^ Et dixit : Vere dico vobis, quia vidua haec pauper plus quam omnes misit. * Nam omnes hi ex abundanti sibi miserunt in mutiera Dei ; haec autem ex eo quod deest illi, omnem victum suum quem habuit, misit.
Le Seigneur est passé du parvis des gentils dans celui des femmes. C'est sur ce parvis que s'ouvraient les salles du trésor ; c'est là qu'on avait disposé un certain nombre de troncs destinés aux offrandes. Assis à quelque distance, le Sauveur regardait la foule de ceux qui apportaient au trésor ; beaucoup de riches y versaient, sans doute avec fracas, de fortes sommes. Et voici qu'une veuve pauvre jeta dans le tronc deux lepta, pièces de menue monnaie : ensemble, cela faisait un quadrant, moins d'un centime. Et groupant ses disciples autour de lui, le Seigneur leur dit : « En vérité, je vous le déclare, la paU^Te veuve que voici a jeté dans le tronc plus que tous les autres. Car tous ont donné de leur surabondance, de leur superflu ; tandis que cette femme a pris sur son indigence, elle a donné tout ce qu'elle possédait. » Est-il besoin de relever ce qu'il y a de considérable dans cet enseignement de Notre - Seigneur ? Devant Dieu, qui n'a nul besoin de nos richesses, rien n'est petit, à proprement parler, rien n'est grand : tout est à proportion du cœur qui donne, du cœur qui aime. Les offrandes tapageuses de tous les pharisiens réunis sont moins agréables à Dieu que l'humble aumône d'une femme indigente.