LE CHATIMENT DIVIN ,D£ JERUSALEM
vestra in Même, vel sabbato. ^^ Erit enim tune tribulatio magna, qualis non fuit ab initio mundi usque modo, neque fiet. ^^ Et nisi breviati fuissent aies illi, non fîeret salva omnis caro ; sed propter electos breviabuntur dies illi.
Me, XIII. — ^'* Ciini autem videritis abominationem desolationis stan^em ubi non débet, qui legit intelUgat, tune qui in Judaea su/nt fugiant in montes ; ^^ et qui super iectum, ne descendat in domum nec introeat, ut tollat quid de domo sua ; ^^ ci qui in agro erit, non revertaiur rétro tollere vestimentuni suum. ^' T^ae autem praegnantibu^ et nutrientibus in illis diebus ! ^^ Orate vero ut hieme non fiant. ^® Einint enim dies illi tribulationes taies, quales non fusrunt ab initio creaiurae quam condidit Deus, u^que nunc, neque fient. 2° Et nisi breviasset Dominus dies, non fuisset salva omnis caro ; sed propter electos quos elegit, breviavit dies.
Le, XXI. — ^° Cum autem videritis circumdari ab exerciiu Jérusalem, tune scitote quia appropinquavit desolaiio ejus. ^^ Tune qui in Judaea sunt, fugiant ad montes ; et qui in medio ejus, discedant ; et qui in regionibus, non intrent in eam. ^^ Quia dies ultionis hi sunt, ut impleantur omnia quae scripta sunt. ^^ Vae autem praegnantibus et nutrientibus in illis diebus ! Erit enim pressura magna super terram, et ira populo huic. ^^ Et cadent in are gladii, et captivi ducentur in omnes gentes, et Jérusalem calcabitur a gentibus, donec impleantur tempora nationum.
Après les préliminaires, l'exécution. Et voici l'indice immédiat du désastre définitif : « Lorsque vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie là où elle ne doit pas être (Me), en un lieu saint (Mt.)... » L'expression, un peu obscure, se trouve trois fois dans Daniel (ix, 27; xi, 31; XII, 11), où elle annonce la profanation du temple par les envahisseurs païens. L'auteur du I^'" livre des Macchabées (i, 57) l'emploie aussi pour décrire l'érection d'un autel à Jupiter à la place de l'autel des holocaustes. Les Septante traduisent : « l'abomination de la solitude, de la désolation. » Il n'est pas nécessaire de l'entendre des aigles romaines, qui étaient de \Taies idoles, et que les légionnaires, pendant que le temple brûlait encore, plantèrent à la porte orientale (Josèphe, Bell. Jud., VI, vi, 1). Il ne s'agit pas non plus de la sédition violente et sacrilège des
Zélotes {Bell. Jud., IV, vi, 3); mais j^lutôt de la profanation de la ville sainte et de ses environs par les gentils, de la solitude et du délaissement où tomba le temple.
Saint Luc a précisé, et n'a retenu que l'idée de désolation : « Lorsque vous verrez Jérusalem investie par les armées, alors sachez que sa dévastation est proche. » Or il y eut trois investissements de Jérusalem : un premier par Cestius Gallus en 66, un second par Vespasien en 68, un troisième par TitUs en 70. C'est du premier, semble-t-il, qu'il est question dans saint Luc ; et c'est ainsi que les chrétiens de Jérusalem l'entendirent : ils sortirent alors de la ville comme d'une région maudite, et se retirèrent dans la direction des montagnes de l'Hermon et du Liban, vers Pella (Josèphe, Bell. Jud., II, xx, 1 ; Eusèbe, H. E., III, v). Les indications données par le Seigneur gardent une part d'imprécision ; peut-être ne convenait-il pas qu'avant la destruction de Jérusalem des signes tels que ceux-là fussent ouvertement publiés ; ils auraient constitué un danger et fait regarder les chrétiens comme de mauvais citoyens. Peut-être aussi le texte écrit était-il complété par des précisions orales. Saint Matthieu et saint Marc ajoutent, sous forme de parenthèse, l'invitation à être attentifs : « Que celui qui lit comprenne. »
Autant le Seigneur a conseillé de surseoir, alors que l'heure décisive n'était pas venue encore, autant il interdit maintenant toute lenteur. Que ceux qui sont en Judée s'enfuient vers les montagnes ; que ceux qui sont à Jérusalem se hâtent d'en sortir ; quant à ceux qui se trouvent dehors, dans la campagne, qu'ils ne rentrent pas dans l'enceinte. Celui qui sera sur le toit en terrasse de sa maison évitera de rentrer à l'intérieur, pour en emporter quoi que ce soit ; et celui qui se trouvera dans les champs se gardera de rentrer chez lui prendre son manteau. — Est-il besoin de remarquer que des recommandations de cette nature ne peuvent s'appliquer qu'à la chute de Jérusalem? — Malheur, en ces jours-là, aux femmes qui portent un enfant dans leur sein et à celles qui nourrissent, car elles échapperont à grand peine, retardées par leur fardeau. Priez pour que votre évasion ne s'accomplisse pas en hiver, alors que les chemins de Palestine sont mauvais et glissants ; ni le jour du sabbat, où la Loi n'autorise qu'un temps de marche limité. Ce dernier détail, propre à saint Matthieu, devait intéresser des Judéo-chrétiens qui observ'^aient encore le repos sabbatique. Afin de montrer la soudaineté de l'invasion et l'im-