‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 251 sur 340 · LE CHATIMENT DIVIN DE JÉUUSALEM 69T · texte numérisé non relu

LE CHATIMENT DIVIN DE JÉUUSALEM 69T

mincnce du péril, le Seigneur multiplie les avertissements, en des formules où il entre une exagération intentionnelle.

Enfin, pour donner des ailes aux fuyards, le Seigneur ajoute : Ce seront les jours de la vengeance divine ; la colère de Dieu fondra sur ce peuple, et toutes les menaces prophétiques s'accompliront alors (Deut., xxviii, 49 sq.). Ce seront des jours degrande tribulation et de détresse, d'une angoisse telle qu'il n'y en eut jamais de semblable depuis le commencement et la création du monde par Dieu (Dan., xii, 1 ; Joël, ii, 2. Cf. Josèphc, Bell. Jud., VI, IX, 4), et telle qu'on n'en verra plus dans la suite. Le neque fiet faisant allusion à une période historique ultérieure, nous oblige encore à penser non pas à la fin du monde, mais à la fin de la ville sainte. Le malheur qui frappe le peuple juif sera de telle nature que si le Seigneur n'avait abrégé ces jours, nulle chair n'eût été sauvée ; mais, à cause des élus qu'il a choisis, il a par avance, dans un décret miséricordieux, réduit les jours de sa colère. Ces élus, ce sont ou bien des justes, plus nombreux qu'à Sodome (Gen., xviii, 22-23), et dont l'intercession fléchira le cœur .de Dieu ; ou bien des croyants que les circonstances auront maintenus à Jérusalem ; ou encore une portion choisie de la race juive, prédestinée à la conversion, et qUe Dieu voulait faire servir à ses desseins ultérieurs : des reliquiae, un reste clairsemé, dont nous parle, après Isaïe, l'épître aux Romains (xi, 5).

Il est possible, en effet, de reconnaître, historiquement, les circonstances qui abrégèrent un siège où périrent, dit Josèphe, onze cent mille Juifs, mais qui ne fut pas cependant une absolue extermination. Hérode Agrippa avait créé, autour de cette ville admirablement située, un système de fortifications qui aurait pu la rendre imprenable ; mais il reçut de Claude, en 42 ou 43, l'ordre d'arrêter les travaux. D'autre part, les Juifs, soit avant, soit après l'échec de Cestius Gallus, étaient tellement en proie à leurs divisions intestines, qu'ils négligèrent de se préparer à soutenir un siège. De plus, les provisions de bouche amassées devinrent la proie des flammes, peu de temps avant l'arrivée de Titus ; et celui-ci se présenta d'une manière si soudaine que les défenseurs furent contraints dès l'abord d'abandonner une partie des ouvrages avancés. Enfin Titus lui-même reconnaît que les forces humaines n'auraient rien pu contre de telles murailles, mais qu'un Dieu livra cette ville aux Romains {Bell. Jud., VI, IX, 1).

Les prédictions du Seigneur s'accomplirent à la lettre. « Ils tomberont, ajoute saint Luc, sous le tranchant du glaive ; et ils seTont emmenés captifs parmi toutes les nations, — jusqu'à ce que soient accom^Dlis les temps des nations. » (Cf. Rom., xi, 25.) Une ère nouvelle succédera à la prise de Jérusalem. Après la grande catastrophe qui vient d'être décrite, saint Luc nous ouvre la perspective indéterminée d'une période où les gentils traiteront les Juifs comme Un peuple conquis et entendront l'évangile dont les Juifs n'ont pas voulu.

Mt., XXIV, — 23 Tioïc si quis vohis dixerit : Ecce hic est Christus, aut illic, nolite credere. ^^ Surgent cnim pseudochrisii et pseudoprophetae, et dahwnt signa magna et prodigia : ita ut in errorem inducantur, si fieri potest, etiam elecii. ^s Ecce praedixi vohis. 2^ Si ergo dixerint vohis : Ecce in déserta est, nolite exire ; Ecce in penetralihus, nolite credere.

Me, xni. — 21 j^i tune si quis vohis dixerit : Ecce Me est Christus, ecce illic, ne credideritis. ^'^ Eœwgent enimpseudochristi et rpseudoprophetae, et dabunt signa et portenta ad seducendos, si fieri potest, etiam electos. ^3 Vos ergo videte ; ecce praedixi vohis onvnia.

A quelle époque se rapporte la particule de temps « alors », iunc, employée par les deux évangélistes ? Si elle vise la période historique dont il a été précédemment question, les derniers jours de Jérusalem, nous devrons voir dans les paroles du Seigneur un nouvel effort pour mettre en garde les fidèles contre les imposteurs qui se serviront du nom du Christ. Il y avait chez le peuple juif, aux heures de grandes crises nationales, des trésors de confiance folle, dont les vrais prophètes ne parvenaient pas à triompher. « Tes prophètes, disait Jérémie à Sion, ont eu pour toi des visions insensées et vaines ; ils ne t'ont pas dévoilé ton iniquité, ils n'ont pas cherché à détourner de toi la captivité : mais ils t'ont donné pour visions des oracles de mensonge et de vanité ! » (Thren., n, 14.) Prenez garde, disait le Seigneur, à ces espérances illusoires et aux inrposteurs qui les caresseront parmi vous. Si, à cette heure où Jérusalem est à l'agonie, on vient vous dire : « Voici le Christ! il est ici, il est dans le désert, il vient; il est arrivé et se tient caché dans telle maison : n'en croyez rien ^

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