QUE NUL NE CONNAIT LE JOUR DE LA PAROUSIE
que d'une trentaine d'années. En voyant que tout s'est passé pour le premier avènement, type et garantie j^rophétique du second, exactement comme Jésus l'avait annoncé, les fidèles comprendront que doit se réaliser la prophétie tout entière et ils se prépareront à l'acte final. — Mais l'expression generatio haec peut avoir un sens plus étendu et signifier la continuité persévérante de la race et de la nation. La nation juive, malgré ses malheurs et sa dispersion, demeure très reconnaissable à travers les siècles : elle est un témoin de Dieu qui ne meurt pas. Elle dure, pour être finalement recueillie par le Seigneur. Figuier stérile et maudit ; mais pourtant, après Un long hiver, et par un dessein de la toute-puissance et de la miséricorde divines, cet arbre desséché donnera de nouveau des rameaux et des fruits. A ce signe encore, les fidèles reconnaîtront que le règne étemel de Dieu est proche (Rom., xi, 15).
Caelum et terra transibunt, poursuit le Seigneur, verba autem mea non praeteribunt. Il était malaisé de persuader alors à des Juifs que Jérusalem serait bientôt anéantie. D'autre part, on pouvait craindre que fussent oubliées ou travesties les paroles du Seigneur touchant son second avènement de justice. Les hommes, nous le vo3-ons dans la seconde éi^ître de saint Pierre (m, 1-13), s'étonnent volontiers des lenteurs de Dieu ; ils en abritent leur incrédulité : « Est-ce que toutes choses, disent-ils, ne se sont pas passées de la même manière depuis la création? Les temps suivent leur marche uniforme et indifférente, en dépit de l'épouvantail lointain d'un jugement dont l'échéance recule toujours... « Il était bon enfin de créer au cœur des fidèles une invincible espérance. Aussi, le Seigneur affirme-t-il solennellement la certitude de ses promesses : le ciel et la terre passeront, car il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle : mes paroles ne passeront point (Mt., V, 18 ; Le, xvi, 17). Voilà bien l'accent de DieU, l'accent de la toute-puissance et de la fidélité.
Quant au jour et à l'heure exacte de ce second avènement, nul n'en sait rien : ni les anges des cieux, — ni même le Fils, dit saint Marc, — mais le Père seul. C'est un secret que Dieu se réserve. Et erit dies una, quae nota est Domino (Zach., xiv, 7). Gardons-nous pourtant de supposer que Jésus, en tant que Fils de Dieu, l'ignore ; il le sait même en tant qu'homme, car, selon la théologie, la science créée du Seigneur était parfaite. Mais il n'a pas reçu mission de nous révéler un secret qu'il ne nous est