GENEALOGIE DU SEIGNEUR
fils de Jéchonias, d'autant que saint Luc donne Néri comme pèrC de Salatliiel. D'après les Paralipomènes, de Phadaïa naquit Zorobabel : tandis que partout ailleurs (I Esdr., iir, 2 ; II Esdr., XII, 1 ; Agg., I ; Mt., i, 12 ; Le, m, 27), Zorobabel est dit fils de Salatliiel ; il est possible que nous ayons là encore un cas de lévijat, d'adoption ou de succession.
Nous retrouvons sans doute une application de la même loi du lévirat relativement au père de saint Joseph ; Jacques ou Jacob, selon saint Matthieu, Héli selon saint Luc. Quoi qu'il en soit, ce qui importe surtout aux évangélistes, c'est que leurs listes fassent du Seigneur l'héritier authentique des droits davidiques. Même abrégée dans un dessein de symétrie, elle est longue, cette série d'ancêtres ; et lorsque nous l'entendons s'égrener, la nuit de Noël, nous sentons revivre l'attente des siècles qui ont précédé le Seigneur. Lentement, l'arbre de Jessé grandit, jusqu'à ce que la tige gracieuse s'épanouisse en cette fleUr de la beauté créée et de la beauté éternelle : Jésus, qui vocatur Christus. Le texte sacré, notons -le bien, ne dit pas que Jésus naquit de Marie et de Joscjjh, mais seulen:^ent de Marie, son épouse. Jésus est le nom propre et personnel ; Christ désigne la fonction : il est l'oint du Seigneur, il est prêtre, il est roi. C'est avec David que le sceptre est entré dans la famille de Juda, avec Jéchonias qu'il en est sorti, avec le Seigneur qu'il y rentre à jamais.
Au verset 17, saint Matthieu se résume et livre le secret de son dessin généalogique : les générations sont réparties en trois groupes de quatorze ; le total nous donne quarante-deux anneaux depuis Abraham. Saint Lue en énumère cinquante-six, et depuis Dieu jusqu'au Seigneur soixante-dix-sept.