‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 107 sur 204 · Et le Bienheureux répondit · texte numérisé non relu

Et le Bienheureux répondit

5. — « N'est-ce pas une chose merveilleuse, mystérieuse et miraculeuse pour Thomme du monde, qu'un pécheur puisse devenir un saint, que celui qui acquiert la véritable lumière puisse trouver le chemin de la vérité et quitter les voies mauvaises de l'égoïsme ?

6. — « Le bhikchou qui abandonne les plaisirs passagers du monde pour Téternelle félicité de la sainteté, accomplit le seul miracle qui puisse, en vérité, être appelé un miracle.

7. — « Le saint change en bienfaits les maux du Karma. Le désir de faire des miracles naît soit de la convoitise soit de la vanité.

8. — « Le mendiant a raison qui ne pense point : « On devrait me saluer >) ; qui, méprisé par le monde, ne nourrit cependant point de haine contre lui.

9. — « Ilagitbien le mendiant pour qui les présages, lesmétéores, les rêveset les signes sontchoses mortes; il est affranchi des maux que ces choses produisent.

10. — « Amitâbha, la lumière infinie, est la source de l'existence spirituelle de Télat du Bouddha. Les actes des sorciers et des marchands de miracles sont des fraudes; mais qu'y a-t-il de plus merveilleux, de plus mystérieux, de plus miraculeux qu' Amitâbha? »

11. — « Mais Maître, dit encore le çrâvaka, estce un conte vain et un mythe que la promesse de la région heureuse? »

12. — « Quelle est cette promesse? » demanda le Bouddha; et le disciple reprit :

4 3. — « Il y a dans TOccident une contrée paradisiaque appelée la Terre Pure^^^ ornée d'une façon exquise d'or, d'argent et de pierres précieuses. Là se voient des eaux pures au lit de sable d'or, entourées de promenades agréables et couvertes de grandes

fleurs de lotus. On y entend une musique qui fait naître la joie, et les fleurs y pleuvent trois fois par jour. Là, des oiseaux chanteurs proclament dans leurs notes harmonieuses les louanges de la religion, et dans les esprits de ceux qui écoutent leurs doux accents s'éveille le souvenir du Bouddha, de la loi et de la confrérie. Là, aucune naissance malheureuse n*est possible et même le nom de l'enfer y est inconnu. Celui qui prononce avec ferveur et piété les mots « Amitâbha Bouddha » sera transporté dans l'heureuse région de cette Terre Pure, et^ lorsque la mort s'approchera, le Bouddha sera-devant lui avec une suite de disciples saints et il goûtera une tranquillité parfaite. »

14. — « En vérité, dit le Bouddha, il existe une semblable région heureuse. Mais c'est une contrée spirituelle accessible seulement aux êtres spirituels. Tu dis qu'elle est dans l'Occident. Gela veut dire qu'il faut la chercher là ou réside celui qui éclaire le monde. Le soleil s'abîme et nous laisse dans des ténèbres profondes, les ombres de la nuit s'avancent sur nous, et Mâra, le méchant, ensevelit nos corps dans le tombeau. Néanmoins le couchw du soleil n'est pas une extinction et là où nous croyons voir l'extinction existe une lumière sans entraves et une vie inépuisable.

15. — « Ta description, continua le Bouddha, est magnifique; cependant elle est insuffisante et rend peu justice à la gloire de la Terre Pure. Les hommes

du monde ne peuvent s'exprimer qu'en termes du monde ; ils emploient des comparaisons et des expressions mondaines. Mais la Terre Pure dans laquelle vivent les purs est mille fois plus belle que tu ne peux le dire ou l'imaginer.

16. — « De plus, la répétition du nom d'Amitâhba Bouddha n'a de mérite que sr elle est accomplie dans un état de dévotion intérieure tel qu'il purifie le cœur de l'homme et affirme sa volonté de se livrer aux œuvres de justice. Celui-là seul parviendra à la Terre Pure dont l'âme est inondée de la lumière infinie de la vérité. Celui-là seul peut vivre et respirer dans Talmosphère spirituelle du paradis occidental qui a acquis la lumière.

17. — « En vérité, je te le dis, le Tathâgata vit dans la Terre Pure d'éternelle félicité même maintenant qu'il demeure encore dans un corps; et le Tathâ gâta prêche la loi religieuse à toi et au monde entier, afin que toi et tes frères vous puissiez acquérir la même paix et le même bonheur. »

18. — Le disciple dit : « Enseigne-moi, ô Seigneur, les méditations auxquelles je dois me consacrer afin que mon esprit •entre dans le paradis de la Terre Pure ».

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