Le Bouddha répondit : « Il y a cinq méditations
20. — « La première est la méditation de l'amour dans laquelle vous devez disposer votre cœur de sorte que vous désiriez ardemment le bien et la prospérité
de tous les êtres, sans excepter le bonheur de vos ennemis.
21. — « La seconde est la méditation de pitié, dans laquelle vous devez penser à tous lés êtres en détresse, vous représentant vivement dans votre imagination leurs peines et leurs angoisses, de sorte qu'il naisse dans votre âme une compassion profonde à leur égard.
22. — « La troisième est la méditation de joie dans laquelle vous pensez à la prospérité d'autrui et vous vous réjouissez des joies des autres.
23. — « La quatrième est la méditation sur l'impureté, dans laquelle vous considérez les conséquences funestes de la corruption, les effets du péché et les maladies. Combien léger est souvent le plaisir du moment et combien ses conséquences sont fatales.
24. — « La cinquième est la méditation sur la sérénité, dans laquelle vous vous élevez au dessus de l'amour et de la haine, de la tyrannie et de l'oppression, de la richesse et du dénuement, et vous regardez votre propre sort avec un calme impartial et une tranquillité parfaite.
25. — (( Un vrai disciple du Tathâgata ne doit point mettre sa confiance dans les austérités ou les rites ; mais, répudiant l'idée du moi, il se repose de tout soin sur Amitâbha, qui est la lumière infinie de vérité. »
26. — Le Bienheureux, ayant exposé le dogme d' Amitâbha^ la lumière incommensurable qui fait un
Bouddha de celui qui la reçoit, regarda dans le cœur de son disciple et vit qu'il y restait encore quelques doutes et quelques anxiétés. Alors le Bienheureux dit : « Interroge-moi^ mon fils^ sur les sujels qui oppressent ton âme ».
27. — Et le disciple demanda : « Un humble moine peut-il, en se sanctifiant, acquérir les talents de la sagesse surnaturelle appelée abhidjnâ^^* et les pouvoirs surnaturels nommés riddhi*^^? Montre-moi le riddhipada, le chemin de la sagesse suprême? Ouvre-moi les dhyânas^^^ par lesquels. s'acquiert le samâdhi*^", la fixité d'esprit qui ravit l'âme. »