Après de nombreuses années, il fit venir son
fils et rassembla tous ses serviteurs et leur révéla son secret. Alors le pauvre honime fut extrêmement heureux et fut rempli de joie d'avoir retrouvé son père.
6. — Peu à peu les esprits des hommes doivent être préparés pour de plus hautes vérités.
LXYI. — Le poisson étourdi.
1. — Il y avait parmi les disciples du Bouddha unj bhikcliou qui éprouvait une grande difficulté à répri-j mer ses sens et ses passions; de sorte que, résolu à quitter l'ordre, il vint vers le Bienheureux demandant à être relevé de ses vœux. Alors le Bienheureux dit ai bhikchou :
2. — « Prends garde, mon fils, de ne point devenir! la proie des passions de ton cœur aveugle. Car je vois] que dans de précédentes existences tu as beaucoup! souffert des funestes conséquences de la luxure, el si tu n'apprends à vaincre tes désirs sensuels, danî cette vie tu seras perdu par ta propre folie.
3. — « Écoute l'histoire d'une autre existence que: tu as vécue comme poisson.
4. — « Ce poisson nageait vivement dans la rivière,] jouant avec sa compagne. Celle-ci, nageant en avant,] aperçut soudain les mailles d'un filet, et glissant autour échappa au danger; mais lui, aveuglé pad
l'amour, se lança yiolemment à sa poursuite et tomba droit dans le piège. Le pêcheur releva son filet^ et le poisson — qui se plaignait amèrement de son sort, disant : « Ceci est évidemment le fruit amer de ma folie » — eût certainement péri si un Bodhisattva ne se fût trouvé passer, qui, comprenant le langage du poisson, prit pitié de lui. Il acheta le pauvre être, et lui dit : « Mon bon poisSon, si je ne t'avais pas aperçu aujourd'hui tu aiTrais perdu la vie. Je te sauve, mais désormais ne pèche plus. » En disant ces mots il jeta le poisson dans l'eau.
5. — « Utilise le temps de grâce qui t'est offert dans ton exisience présente, et redoute le dard de la luxure qui^ si tu ne maîtrises pas tes sens, te conduira à ta perte. »