‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 14 sur 204 · Le grand Çâkyamouni'*^ leva les yeux et répondit · texte numérisé non relu

Le grand Çâkyamouni'*^ leva les yeux et répondit

11. — « 0 roi, tu es réputé libéral et religieux et ta parole est prudente. De Fhomme bon qui fait un bon emploi de la richesse on dit à juste titre qu'il est possesseur d'un grand trésor; mais le misérable qui empile ses richesses n'aura aucun profit.

42. — « La charité est riche en profits; la charité est la plus grande des richesses; car alors même qu'on la prodigue, elle ne fait naître aucun remords.

13. — « J'ai rompu tous les liens parce que je cherche la délivrance. Gomment me serait-il possible

de revenir au monde ? Qui cherche la vérité religieuse, le plus grand de tous les trésors, doit abandonner tout ce qui concerne sa personnalité ou détourne son attention, et ne doit tendre qu'à ce seul bat. Il doit libérer son âme de la convoitise et de la luxure, et aussi de l'ambition du pouvoir.

14. — « Qu'il cède à la luxure si peu que ce soit, et comme un enfant la luxure grandira. Qu'il exerce la puissance du monde et il sera accablé de soucis.

15. — « Meilleur que la souveraineté de la terre, meilleur que la résidence dans le ciel, meilleur que la domination sur tous les mondes, est le fruit de la sainteté.

16. — « Un Bodhisattva a reconnu la nature illusoire de la richesse et ne confond pas le poison et la nourriture.

17. — « Le poisson pris à l'hameçon convoite-til encore l'amorce; l'oiseau captif est-il épris du lilet?

18. — « Le malade que la fièvre tortui'e cherche un médicament rafraîchissant. Lui conseillerons-nous un breuvage qui augmentera sa fièvre? Éteindronsnous un feu en le chargeant de combustible?

19. — « Je t'en prie, ne me plains pas. Plains plutôt ceux qu'accablent les soucis de la royauté et les chagrins des grandes richesses. Ils n'en jouissent qu'en tremblant; car ils sont perpétuellement menacés de perdre ces biens auxquels leurs cœurs sont attachés, et quand ils meurent, ils ne peuvent emporter ni leur

or, ni le diadème royal. En quoi un roi mort l'emporlet-il sur un mendiant mort?

20. — « Un lièvre échappé de la bouche d'un serpent retournerait-t-il se faire dévorer? Un homme qui s'est brûlé la main à une torche la ressaisirait-il après l'avoir jetée à terre? Un aveugle ayant recouvré la vue voudrait-il encore perdre ses yeux?

21 . — « Mon cœur n'aspire pas à un gain vulgaire ; aussi ai-je déposé mon diadème royal et préféré être affranchi des fardeaux de l'existence.

22. — « C'est pourquoi n'essaye pas de me mêler dans de nouvelles parentés et de nouveaux devoirs, ni de m'empêcher de mener à bien l'œuvre que j'ai entreprise.

23. — « Je regrette de te quitter. Mais je dois aller vers les sages qui peuvent m'enseigner une religion et trouver ainsi le chemin par lequel on peut échapper au mal.

24. — « Puisse ton pays jouir de la paix et de la prospérité, et puisse la sagesse s'épandre sur ton gouvernement comme l'éclat du soleil au milieu du jour! Puisse ton pouvoir royal être fort! Puisse la justice être le sceptre de ta main ! »

25. — Le roi, joignant les mains avec respect, se prosterna devant Çâkyamouni, disant : « Puisses-tu trouver ce que tu cherches, et quand tu l'auras trouvé, reviens , je t'en prie , et accepte-moi pour disciple. »

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