‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 16 sur 204 · Le Bodhisattva ne fut pas satisfait de cet en · texte numérisé non relu

Le Bodhisattva ne fut pas satisfait de cet en

seignement. Il répliqua : « Le peuple est dans la servitude, parce qu'il n'a pas répudié l'idée du nnoi.

5. — « La chose et ses qualités sont différentes dans notre pensée, mais pas dans la réalité. Dans notre pensée la chaleur est distincte du feu, mais en réalité on ne peut séparer la chaleur du feu. Vous dites que vous pouvez enlever les qualités et laisser la chose, mais si vous poussez votre théorie jusqu'au bout, vous verrez qu'il n'en est pas ainsi.

6. — « L'homme n'est-il pas un organisme composé de nombreux agrégats? Ne sommes-nous pas composés de différents skandhas ^"^ , ainsi que nos sages les nomment? L'homme est un ensemble de forme matérielle, de sensation, de pensée, de dispositions et finalement d'intelligence. Ce que les hommes nomment le moi quand ils disent « je suis » n'est pas une entité distincte des skandhas. Il y a l'esprit ; il y a la sensation et la pensée et il y a la vérité ; et la vérité est Tesprit quand il marche dans la voie de la justice. Mais il n'existe pas de moiâme distinct en dehors ou derrière la pensée de Thomme. Celui qui croit que le moi est un être distinct n'a pas une conception correcte des choses. La recherche même de l'âme est mauvaise; c'est un mauvais point de départ qui vous mène dans une fausse direction.

7. — « Combien de confusions de pensée proviennent de l'intérêt que nous portons à la personnalité, et de notre vanité quand nous pensons : « Je suis si grand » ou « J'ai fait cette action admirable? » L'idée de votie

moi occupe le milieu enlre votre nature rationnelle et la vérité; bannissez-là et vous verrez les choses telles qu'elles sont. Celui qui pense sainement se débarrassera de l'ignorance et acquerra la science. Les idées de « je suis », «je serai», ou « je ne serai pas », ne se présentent pas à un penseur éclairé.

8 — « De plus, si votre moi persiste comment pouvez-vous parvenir à la véritable délivrance? Si le moi est destiné à renaître dans un quelconque des trois mondes, que ce soit un enfer, sur la terre, ou dans les cieux^ vous retrouverez toujours et toujours le même et inévitable sort d'existence. Vous serez enveloppés dans Tég-oïsme et le péché.

9. — « Tout composé est sujet à la désagrégation, et nous ne pouvons échapper à la naissance, à la maladie, à la vieillesse et à la mort. Est-ce donc une délivrance finale? »

10. — Oudraka*^ disait : « Ne voyez-vous pas tout autour de vous l'effet du karma*-'? Qu'est-ce qui fait que les hommes différent de caractère, de position, de richesses et de destinée? C'est leur karma; et le karma comprend le mérite et le démérite. La transmigration^^ de Pâme dépend de son karma. Des existences précédentes nous héritons des mauvais effets de nos actes mauvais, et des bons effets de nos actes vertueux. S'il n'en était pas ainsi pourquoi y aurait-il des différences entre nous? »

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