Lire les \édas, faire des offrandes aux
prêtres ou des sacrifices aux dieux, se mortifier par la chaleur ou le froid, et maintes autres pénitences semblables accomplies dans le but d'obtenir l'immortalité ne purifie pas qui n'est pas délivré des erreurs.
7. -— « C'est la colère, l'ivrognerie, Tobstination, la bigoterie, la tromperie, la louange de soi-même, le dénigrement d'autrui, l'arrogance, les mauvais desseins qui constituent l'impureté et non, en vérité, le fait de manger de la chair.
8. — « Laissez-moi, ô bhikchous, vous enseigner la voie moyenne, qui se tient à égale distance des deux extrêmes. Par la souffrance, le dévot affaibli produit dans son esprit la confusion et les pensées maladives. La mortification ne conduit pas même à la science selon le monde ; combien moins au triomphe sur les sens I
9. — « Celui qui remplit sa lampe avec de Teau ne dissipera pas les ténèbres, et celui qui essaie d'allumer un feu avec du bois pourri ne réussira pas.
10. — - « Les mortifications sont douloureuses, vaines, sans profit. Comment peut-on se délivrer du moi en menant une vie misérable si Ton ne réussit pas à éteindre le feu de la concupiscence.
11.— « N'importe quelle mortification est vaine tant que le moi persiste, tant que le moi continue à convoiter les plaisirs du monde ou des cieux. Mais celui en qui le moi est éteint est affranchi de la concupiscence; il ne désire aucun plaisir ni mondain ni céleste> et la satisfaction de ses besoins naturels ne le
souillera pas. Qu'il mange et boive selon les besoins de son corps.
12. — « L'eau qui environne la fleur de lotus ne mouille pas ses pétales.
13. — « D'un autre côté toute espèce de sensualité est énervante. L'homme sensuel est l'esclave de ses passions et la recherche du plaisir est dégradante et vulgaire.
14. — « Mais satisfaire les nécessités de l'existence n'est pas un mal. Garder notre corps en bonne santé est un devoir; car autrement nous ne serions pas capables d'entretenir la lampe de la sagesse, et de garder notre esprit fort et lucide.
15. — « Ceci est la voie moyenne, ô bhikchous, qui se tient à l'écart des deux extrêmes. »
16. — Et le Bienheureux parla avec bonté à ses disciples, ayant pitié de leurs erreurs et leur montrant l'inutilité de leurs eiForts, et la glace de mauvais vouloir qui congelait leur cœur se fondit à la douce chaleur de la persuasion du Maître.
17. — Alors le Bienheureux mit en mouvement la Roue de la plus Excellente Loi , et commença à prêcher aux cinq bhikchous, leur ouvrant la porte de l'immortalité et leur montrant le bonheur de Nirvana.
18. — Et quand le Bienheureux commença son sermon, le ravissement fit frémir tous les univers.
19. — Les Dévas^^ quittèrent leurs demeures célestes pour écouter la douceur de la vérité; les saints qui avaient quitté la vie s'assemblèrent en foule au-
tour du grand Instituteur pour recevoir les heureuses nouvelles ; même les animaux de la terre sentirent la bénédiction qui découlait des paroles du Tathâgata : et toutes les créatures de la multitude des êtres doués de sentiment, dieux, hommes et bêtes en écoutant le message de délivrance, l'entendirent et le comprirent chacun dans le langage qui leur est propre.