Bhagavatdit : « Bien, c'est bien, Yichâkhâ
Tu as bien fait, ayant de tels avantages en vue, de demander ces huit grâces au Tathâgata. La charité répandue sur ceux qui en sont dignes est semblable au bon grain, semé dans un bon terrain, qui rend une abondance de fruits. Mais Taumône faite à ceux qui sont encore sous le joug tyrannique des passions est comme une semence déposée dans un mauvais terrain. Les passions de celui qui reçoit l'aumône étouffent, si Ton peut s'exprimer ainsi, la croissance des mérites. »
25. —Elle Bienheureux remercia Yichâkhâ en prononçant ces gâthas :
26. — « Quoi que donne une femme honnête dans sa vie, disciple du Bienheureux, avec satisfaction de cœur et sans arrière-pensée, son don est céleste, détruit la douleur et produit la félicité.
27. — « Elle atteindra à une vie *de félicité, en entrant dans le chemin qui est débarrassé de la corruption et de l'impureté.
28. — « Aspirant au bien, elle est heureuse, et elle trouvera la satisfaction dans ses actions charitables. »
XXX VL — Oupavasatha et Prâtimôkcka.
i . — Sainya Bimbisâra, le roi de Magadha, se re-
tira du moade et vécut religieusement. Or il observa qu'à Râdjagrihâdes sectes brahmaniques sanctifiaient certains jours et que le peuple allait à leui» chapelle et écoutait leurs prédications.
2. — Considérant qu'il était nécessaire de consacrer des jours réguliers à Tabstention des labeurs mondains et aux instructions religieuses, le roi vint vers le Bienheureux et dit : « Les Parivrâdjakas ^^^, qui appartiennent à l'école Tirlhika '^^, prospèrent et gagnent des adhérents parce qu'ils observent la sanctification du huitième jour et aussi du quatorzième ou du quinzième de chaque demi-mois. Ne serait-il pas convenable que les révérends frères du Sangha s'assemblassent aussi' à des jours dûment fixé.s dans celte intention? »
3. — Et le Bienheureux commanda aux bhikchous de s'assembler le huitième jour et aussi le quatorzième ouïe quinzième jour de chaque demi-mois et de consacrer ces jours à des exercices religieux.
4. — Ceci est l'Oupavasatha^^^ ou Sabbat des Disciples du Bouddha.
5. — Alors les bhikchous, pour obéir à la règle établie par le Bienheureux, s'assemblèrent au jour fixé dans les vihâras, et le peuple vint afin d'entendre la loi ; mais il fut grandement désappointé, car les bhikchous demeurèrent silencieux et ne prononcèrent aucun discours.
6. — Quand Bhagavat fut informé de cela, il ordonna aux bhikchous de réciter le Prâtimôkcha*^^, qui
est la cérémonie du déchargement (des péchés); el il commanda qu^'ils fissent une confession de leurs transgressions afin de recevoir l'absolution de l'ordre.
7. — Car une faute, s'il en existe une, doit être confessée par le bhikchou qui s'en souvient et désire être purifié. Car la faute qu'il aura confessée lui sera légère.
8. — Et Bhagavat dit : « Voici de quelle manière doit être récité le Prâtimôkcha :
9. — « Qu'un bhilyîhou compétent et vénérable fasse cette proclamation au Sangha : — Daigne le Safigha m'écouter ! C'est aujourd'hui Oupavasatha, le huitième, ou le quatorzième ou le quinzième jour du demi-mois. Si le Sangha est disposé, que le Sangha célèbre le service Oupavasatha et récite le Prâtimôkcha. Je réciterai le Prâtimôkcha.
10. — « Et les bhikchous répondront ; — Nous i'écoutons tous attentivement et concentrons notre esprit sur lui.
11. — Alors le bhikchou qui officie dira : — Celui qui a commis une faute, peut la confesser; s'il n'y a pas de faute, vous demeurerez silencieux; par votre silence je comprendrai que les révérends frères sont exempts de toute faute.
12. — « De même que le simple laïque qui a été questionné répond à la question, de même, si devant une assemblée comme celle-ci, une question est solennellement posée trois fois on doit y répondre; si un bhikchou, après cette triple proclamation, ne confesse
pas une faule qui existe et dont il se souvient, il commet un mensonge intentionnel.
13. — « Or, révérends frères, le Bienheureux a déclaré qu'un mensonge intentionnel était un empêchement au salut. C'est pourquoi une faute qui existe doit être confessée par le bhikchou qui a commis une faute et qui s'en souvient et désire devenir pur ; car si elle aété confessée, elle est traitée comme il convient».