‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 64 sur 204 · XL. — Dêvadatta · texte numérisé non relu

XL. — Dêvadatta

1. — Quand Dêvadalta*^^ fils de Souprabouddha et frère de Yaçôdharâ*^^, devint un disciple (de Çâkyamouni), il nourrissait l'espoir d'obtenir les mêmes distinctions et honneurs que Gautama Siddhârtha^^^ Son ambition ayant été déçue, il conçut dans son cœur une haine jalouse et, tentant de dépasser le Parfait en vertu, il trouva défectueux ses règlements et les blâma comme trop doux.

2. — Dêvadatta vint à Râdjagrihâ et gagna l'oreille d'Adjâtaçatrou ^^^, le fils du roi Bimbisâra. Et Adjâlaçatrou édifia un nouveau vihâra pour Dêvadatta, et fonda une secte dont les disciples étaient astreints à des règles sévères et à la mortification de leur corps.

3. — Bientôt après le Bienheureux lui-même vint à Râdjagrihâ et s'arrêta au vihâra de Vénouvana*^\

4. — Dêvadatta vint voir le Bienheureux et lui demanda de sanctionner ses règles plus rigoureuses, par lesquelles on pouvait atteindre une plus grande sainteté, (c Le corps, disait-il, se compose de ses trentedeux parties et n'a point d'attributs divins. Il est conçu dans le péché et naît dans la corruption. Ses attributs sont l'assujettissement à la douleur et la dissolution de ce qui est passager. C'est le réceptacle du

karma*'^^ qui est la malédiction de nos existences antérieures; c'est la résidence du péché et des maladies, et constamment ses organes distillent des sécrétions dégoûtantes. Sa fin est la mort et son but le charnier. Telle étant la condition du corps, il convient que nous le traitions comme une carcasse remplie d'abominations et que nous le revêlions seulement de ces haillons tels qu'on en ramasse dans les cimetières ou sur les tas de fumier. »

5. — Le Bienheureux répondit : « En vérité le corps est rempli d'impuretés et la fin qui l'attend est le charnier ; car il est impermanent et destiné à se résoudre en ses éléments. Mais comme il est le réceptacle du karma, il est en notre pouvoir d'en faire un vase de vérité et non de péché. Il n'est point bon de s'adonner aux plaisirs du corps; mais il n'est pas bon non plus de négliger nos besoins corporels et d'entasser l'ordure sur les impuretés. Une lampe qui n'est pas nettoyée et remplie d'huile s'éteindra, et un corps négligé, malpropre et affaibli par les pénitences ne sera pas un réceptacle convenable pour la lumière de la vérité. Vos règles ne guideront pas vos disciples sur la voie moyenne que j'ai montrée. En vérité, on ne peut empêcher de pratiquer des règles plus sévères celui qui trouve bon d'agir ainsi ; mais on ne doit les imposer à personne, car elles sont inutiles. »

6. — Ainsi le ïalhâgata repoussa la proposition de Dêvadetta; et Dêvadatta s'éloigna du Bouddha et vint au vihâra dénigrant le chemin de salut du Sei-

gneur parce qu'il était trop doux et absolument inefficace.

7. — Quand le Bienheureux apprit les intrigues de Dêvadatta, il dit : « Parmi les hommes, il n'en est point qui ne soit blâmé. On blâme celui qui reste assis en silence et celui qui parle; on blâme aussi l'homme qui prêche la voie moyenne. »

8. — Dêvadatta poussa Adjâtaçatrou à comploter contre son père, le roi Bimbisâra, afin de devenir roi à sa place ; et Bimbisâra mourut laissant le royaume de Magadha à son fils Adjâtaçatrou.

9. — Le nouveau roi écouta les mauvais conseils de Dêvadatta, et il donna l'ordre de faire périr le Tathâgata. Cependant, les assassins envoyés pour tuer le Seigneur ne purent accomplir leur acte pervers, mais furent convertis aussitôt qu'ils eurent aperçu le Bienheureux et entendu sa parole. Le rocher précipité sur le grand Maître du haut d'une falaise se brisa en deux, et les deux morceaux passèrent à ses côtés sans lui faire de mal. L'éléphant furieux, lâché pour meltre en pièces le Seigneur devint doux en sa présence. Alors Adjâtaçatrou, cruellement tourmenté par les remords de sa conscience, vint auprès du Bouddha chercher la paix dans sa détresse.

10. — Le Bienheureux reçut Adjâlaçatrou avec bonté et lui enseigna le chemin du salut; mais Dêvadatta essaya encore de devenir le fondateur d'une secte religieuse qui fut à lui. *

H. — Dêvadatta ne réussit pas dans ses projets!

ayant été abandonné par beaucoup de ses disciples, il tomba malade et se repentit. Il conjura ceux qui étaient demeurés avec lui de porter sa litière devant le Bouddha, en disant : « Portez-moi, mes enfants, portez-moi vers lui ; quoique je lui aie fait du mal je suis son beau-frère . En considération de notre parenté le Bouddha me sauvera. » Et ils obéirent quoique à regret.

12. — Et Dêvadalta, dans son impatience de voir le Bienheureux, se leva de sa litière tandis que ses porteurs lavaient leurs mains. Mais ses pieds brûlèrent sous lui ; il tomba sur le sol ; et ayant récité la louange du Bouddha, il mourut.

XLl. — Le But,

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