Les deux brahmanes dirent : « Non, Seigneur
11. — « Mais alors, dit le Bienheureux, quelqu'un des auteurs des Védas a-t-il vu Brahmâ face à face? »
12. — De nouveau les deux brahmanes firent une réponse négative, et le Bienheureux proposa un exemple, il dit :
13. — « C'est comme si, au milieu de la place oii quatre routes se croisent, un homme construisait un escalier pour monter dans une maison. Le peuple lui demanderait : « Où est la maison^ cher ami, pour mon- « ter dans laquelle vous faites cet escalier; savez- « vous si elle est à l'est, au sud, à Touest ou au nord? « Si elle est haute ou basse ; ou de dimensions moyen- « nés? » Et à ces questions il répondrait : « Je n'en sais « rien. » Et le peuple lui dirait : « Mais alors, cher ami, « vous faites un escalier pour monter dans quelque « chose — que vous prenez pour une maison — que « vous ne connaissez absolument pas et que vous « n'avez pas vu. » Et interpellé ainsi il devrait répondre : « C'est exactement ce que je fais. » Que penseriez Vous de cet homme? Ne diriez-vous
pas que les paroles de cet homme soat folles ?
14. — « En vérilé, Gautama, dirent les deux brahmanes, ce serait paroles folles. »
15. — Bhagavat reprit : « Alors les brahmanes devraient dire : — Nous vous montrons le chemin d'une union avec que ce nous ne connaissons pas et ce que nous n'avons jamais vu. — Si telle est la substance de la tradition brahmanique, ne s'ensuit-il pas que leur tâche est vaine? »
16. — « C'est évident », répondit Bhâradvâdja. 17. — Bhagavat dit : « Il est donc impossible que des
Brahmanes versés dans les trois Védas puissent être capables de montrer le chemin qui conduit à un état d'union avec ce qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas vu. C'est exactement comme une file d'aveugles accrochés les uns les autres. Le premier, celui du milieu ni le dernier ne peuvent voir. De même, à mon avis, le dire des brahmanes versés dans les trois Védas n'est qu'un conte aveugle; il est ridicule, purement verbeux, et c'est une chose vaine et vide. »
18. — « Supposez maintenant, poursuivit le Bienheureux, qu'un homme arrive ici sur le bord de la rivière, et qu'ayant quelque affaire sur l'autre rive, il veuille la traverser. Pensez-vous que s'il suppliait Tautre rive de venir à lui, elle viendrait à cause de ses prières? »