Oui, je le reconnais », dit le Brahmane
53. — Le Bouddha continua : « Et, dans ce même sens seulement, tu es le même aujourd'hui qu'hier. Ta nature ne consiste point dans la matière dont ton corps est formé, mais dans les formes de ton corps, de tes sensations, de tes pensées. Ton âme est une combinaison des sarhskâras. Partout où ils sont, tu es. Partout oii ils sont, ton âme y va. Donc dans un certain sens tu reconnais une identité de ton moi, et point dans un autre sens. Mais si Ton ne reconnaît point l'identité, il faut nier toute identité et dire que celui qui fait une question n'est plus la même personne que celui qui, une minute après, reçoit la réponse. Maintenant envisage la continuation de ta personnalité qui se conserve dans ton karma. L'appelleras-tu mort et anéantissement, ou vie et continuation de vie? «
54. — « Je l'appelle vie et continuation de vie, répondit Koùtadanta, car c'est la continuation de mon existence, mais je ne me préoccupe point de ce genre de continuation. Ce dont je me soucie seulement c'est de la continuation de la personnalité dans Tautî^e sens, qui fait que tout autre homme, qu'il soit idenidentique à moi ou non, est une personne absolument différente. »
55. — « Très bien, dit le Bouddha. C'est là ce que tu désires, et ceci est l'attachement au moi. C'est là
ton erreur, et elle t'entraîne à des anxiétés inutiles et à de mauvaises actions, dans des chagrins et des soucis de toute sorte. Celui qui s'attache au moi doit passer par les migrations sans fin de la mort; il meurt continuellement. Car la nature du moi est une mort perpétuelle. »