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L'Évangile du coeur de Jésus

Nous apercevons bien d'abord ce qu'il a perdu, puisque nous voyons sa majesté réduite à de chétives proportions ; sa puissance entravée par des lois de toute nature ; sa sagesse emmaillottée dans les langes de la parole humaine.

Mais nous voyons également l'acquisition qu'il a faite, ce dont il s'est amélioré, sinon en Luimême, du moins dans ses rapports avec nous.

A se faire homme, Dieu a gagné un Cœur.

Il s'est approprié le sentiment humain, cette manière de percevoir les choses et de les juger non plus des sommets hautains de son impassibilité, mais à la façon des hommes. Dieu comme

tel, est bien la miséricorde même, mais il ne souffre pas, il ne s'émeut de rien, il ne saurait s'attendrir. Il est infiniment bon, mais il est tout l'opposé d'un être sensible.

L'Homme-Dieu, lui, reste Dieu pour aimer sans mesure, et il devient homme pour aimer comme un homme, un homme très humain dans le sens parfait de ce mot. C'est dire, encore une fois, qu'il devient homme pour avoir un cœur.

Lorsque la fraternité du sang n'engendre pas la sympathie, elle n'est qu'une fraternité illusoire. Le véritable lien, celui qui attache vraiment les volontés entre elles, est le lien qui se forme dans la communauté des souffrances, des joies et des aspirations. Il en résulte que les fils d'une même mère peuvent être moins fortement et profondément unis que les convives d'une destinée cordialement partagée. « Un homme sympathique est plus aimé qu'un frère1 » dit l'Esprit- Saint. L'homme et la femme qui s'aiment « quittent leur père et leur mère pour s'unir, » : atteste

1 Prov., xviii, 24. *- Gen., xxn, 24; Matt.,

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