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L'EMOTION

Si au lieu de l'organe physique nous considérons, dans le Cœur de Jésus, l'emblème, nous dirons avec Léon XIII que « le Sacré-Cœur est Pimage sensible de la charité infinie de Jésus- Christ1. » Etudier ce Cœur, c'est donc étudier l'amour qu'il symbolise.

Pour avoir une idée claire, logique, et aussi complète que possible de cet amour, nous devons en rechercher le principe, en caractériser la nature particulière, finalement en déterminer les objets. Quand nous saurons pourquoi et comment le Cœur de Jésus aime, puis ce qu'il aime de préférence, nous commencerons, suivant les expressions de saint Paul : « à comprendre avec tous les

1 Encycl. du 25 mai 1890.

saints quelle est la largeur et la longueur, la hauteur et la profondeur, et connaître aussi la charité du Christ, laquelle surpasse toute science1. »

Procédons avec ordre.

Le commencement de l'amour très spécial que nous porte le Verbe Incarné, consiste en ceci : il s'émeut.

En prenant des entrailles humaines, en vivant par un cœur qui palpite, que la joie dilate, que l'appréhension trouble, que la tristesse déprime, que la douleur contracte, il a perdu son éternelle impassibilité. Rien n'est touchant comme le spectacle des émotions diverses par lesquelles le Sauveur a passé et dont le souvenir a été pieusement conservé dans l'Evangile. La compassion l'a remué2, la joie et l'espérance l'ont faif tressaillir3, le deuil Ta troublé4, la vue des ruines spirituelles et terrestres lui a tiré des larmes s, l'admiration l'a fait s'exclamer6, l'angoisse, la

1 Eph., III, 18, 19. * Luc, vu, 1 ;.

1 Luc., x, 33. s Luc, xix, 41.

3 Joan., xi, }). 6 Matt., xv, a8.

l'émotion i 1 3

peur, le dégoût, Font jeté en d'effrayantes agitations *.

Toute la lyre des sentiments humains a vibré dans ce Cœur si délicatement organisé pour la souffrance, la sympathie, l'amitié, l'enthousiasme.

D'un bout à l'autre de l'Evangile, on sent ainsi battre le Cœur de Jésus. Qu'il s'agisse d'uneprière, d'un miracle, d'une confidence, il y a toujours, audessous, quelque chose de vivant et de tendre qui palpite. Il n'est pas au monde d'être humain qui nous paraisse plus impressionnable, plus sensitif que Jésus.

Cette facilité à s'émouvoir s'explique par deux faits bien assurés.

D'abord, Jésus fut doué d'une nature éminemment délicate et affinée. La même raison qui nous oblige à lui reconnaître une intelligence incomparable, une force morale supérieure à tous les héroïsmes connus, nous révèle en lui la plus exquise, la plus parfaite sensibilité qui se puisse concevoir. Dès l'instant que la faculté de sentir est une perfection humaine, et qu'une âme nous

1 Marc, xiv, 33.

apparaît d'autant plus belle, dans Tordre affectif, qu'elle est plus vibrante, il nous est impossible de concevoir le Fils de la Vierge Marie autrement que doué d'une infinie délicatesse de sentiments.

De plus, cet être si adorablement impressionnable s'est trouvé de subir toutes les douleurs humaines, portées à un degré d'intensité qu'on ne rencontre nulle part ailleurs : tout en lui a été frappé, déchiré, étreint, broyé, avec un ensemble de brutalité et de raffinements inimaginables.

Il n'est pas nécessaire de refaire cette histoire : elle est écrite sur tous les crucifix. Elle est gravée à vif dans le cœur de tous les chrétiens.

Quand on pense à la sagesse infiniment sereine qui réglait tous les mouvements de son âme, à la force indomptable qui enivrait son Cœur, à ce repos profond dans lequel aurait dû le maintenir la vision béatifique, rien n'est troublant, rien ne dévoile à la pensée éperdue d'invraisemblables degrés d'émotion, et des abîmes de souffrance, comme ces paroles de l'Évangile: « Il frissonna'...

1 J°an., xi, 53.

l'émotion i i 5

il se mit à pleurer1... Il fut déconcerté2... Il dit : le trouble est en mon âme3... Il fut contristé, accablé. Il dit : mon âme est triste à en mourir*... Il tomba dans l'angoisse5..! »

Ces souffrances variées, ces émotions profondes, sont à l'origine de la tendresse du Sauveur Jésus pour toutes les misères humaines.

En effet, pour compatir réellement il faut d'abord avoir souffert. Pour savoir l'amertume des larmes, il faut d'abord avoir pleuré. « La pitié, dit très justement La Rochefoucauld, est le sentiment de nos propres maux dans les maux d'autrui. » La pitié étant ainsi au commencement de l'amour du Cœur de Jésus pour les hommes, le Sauveur a voulu que ses maux fussent sans mesure, afin que sa pitié fut infinie. Il ne lui a pas suffi de prendre notre nature et d'être un enfant d'Adam semblable à nous, il a tenu à être, parmi ces enfants, le plus malheureux de tous.

1 Joan., xi, 35. 4 Matt., xxvi, 37, 38.

1 Joan^ xiii, 21. 5 Luc, xxn, 43.

3 Joan., xii, 27.

I 1 6 l'évangile du CŒUR DE JÉSUS

On dirait que durant toute sa vie, et surtout à sa mort, la douleur creusait, fouillait, déchirait sa chair et son Cœur, dans le but de découvrir et de mettre à jour cette source ineffable de bonté pour les hommes : la pitié.

En tous cas, il' est bien visible qu'il n'a guère accompli dans ce monde qu'un ministère de pitié, et qu'il l'a rempli dans toute son étendue. Son Cœur compatissant s'est montré plus infatigable à secourir les hommes que les hommes les plus mauvais ne se sont montrés infatigables à le fuir ou à lui faire du mal. Non seulement il a pitié de ceux qui le prient, mais il a pitié de ceux qui le fuient, et il va les chercher jusque dans les épines \ Non-seulement il s'émeut du malheur de ceux qui le fuient, mais il manifeste une immense compassion pour ceux qui lui font du mal, qui le renient, qui le trahissent, qui. le tuent \

Il est dans l'Evangile trois circonstances où le Dieu de la loi nouvelle « s'émeut de miséricorde » pour le malheur des hommes. Chose très remar-

1 Luc, xv, 5.

quable : ces trois circonstances ont précisément rapport à trois genres d'infortunes qui embrassent tout l'ensemble de nos misères. La première fois, dans le retour de l'Enfant prodigue, il s'agit de l'indigence matérielle et de l'état de péché '. La deuxième fois, il s'agit des souffrances et des plaies corporelles, dans la parabole du bon Samaritain2. La troisième fois, il s'agit de peines du cœur, avec la veuve de Naïm qui suit le cercueil de son fils 3 !

C'est bien l'apostolat de la compassion, le ministère de la pitié. On se rappelle involontairement une des plus ravissantes pages de Bossuet qui caractérise cette œuvre de commisération et de consolation que le Sauveur est venu accomplir en ce monde :

« La folle éloquence du siècle, quand elle veut élever quelque valeureux capitaine, dit qu'il a parcouru les provinces moins par ses pas que par ses victoires. Les panégyriques sont pleins de semblables discours. Et qu'est-ce à dire, à votre

1 Luc, xv, 20. 3 Luc, vu, 13.

1 Luc, x, ■$•$.

avis, que parcourir les provinces par des victoires ? N'est-ce pas porter partout le carnage et la pillerie ? Ah ! que mon Sauveur a parcouru la Judée d'une manière bien plus aimable ! Il Ta parcourue moins par ses pas que par ses bienfaits. Il allait de tous côtés, guérissant les malades, consolant les misérables, instruisant les ignorants. Ce n'était pas seulement les lieux où il s'arrêtait, qui se trouvaient mieux de sa présence: autant de pas, autant de vestiges de sa bonté. Il rendait remarquables les endroits par où il passait, par la profusion de ses grâces. En cette bourgade, il n'y a plus d'aveugles ni d'estropiés : sans doute, disait-on, le débonnaire Jésus a passé par là î

Je ne doute pas qu'il n'eût été chercher les malheureux jusqu'au bout du monde, si les ordres de son Père ne l'eussent arrêté en Judée. Vit-il jamais un misérable, qu'il n'en eût pitié? Ah ! que je suis ravi, quand je vois dans son Evangile qu'il n'entreprend presque jamais aucune guérison importante, sans donner auparavant quelque marque de compassion... La pre-

mière grâce qu'il leur faisait, c'était de les plaindre en son âme, avec une affection véritablement paternelle. Son cœur écoutait la voix de la misère qui l'attendrissait, et en même temps sollicitait son bras à la soulager1. »

1 Serm. pour le IXe Dim. après la Pentecôte.

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Au commencement de l'amour de Jésus envers les hommes, se trouve un sentiment de son Cœur: la pitié.

Il doit s'y rencontrer aussi un jugement favorable de l'esprit. On ne saurait aimer en effet ceux pour lesquels on ne professe aucune estime. Il faut être aveugle ou dégradé pour s'attacher à des êtres répugnants ou mauvais.

Mais rhomme dont la substance, même innocente, est déjà un néant devant Dieu, n'est-il pas devenu par le péché une répulsion vivante, une perversion incarnée?

Cela dépend. Il nous faut éclaircir cette question par une distinction fort importante, et qui

doit mettre en pleine lumière l'influence du Sacré- Cœur, quant à nos destinées du côté de Dieu.

Il y a, en l'homme déchu, un mélange de quelque bien avec beaucoup de mal; le bien à l'état de faible résidu, de traces à demi-effacées, le mal vivace, luxuriant, heureux et insolent parasite d'une terre hostile à toute culture.

Ce bien et ce mal qui sont en l'homme, peuvent être considérés de deux façons très différentes. On peut les juger en eux-mêmes, tels qu'ils sont absolument, abstraction faite de toute proportion d'entraînement et d'ignorance qui diminue la responsabilité de l'homme dans leur accomplissement. On connaît le mot célèbre : « La vertu et le vice ne sont que des produits analogues au sucre et au vitriol. » On peut prendre ainsi les tendances et les œuvres humaines, en soi, sans considération pour ce qui n'est pas strictement elles-mêmes, et les apprécier alors en toute exactitude, c'est-à-dire en toute rigueur.

On peut au contraire les regarder d'un œil favorablement prévenu, et, sans rien retrancher aux

faits matériels qui s'imposent, les envisager pourtant sous un aspect moins désavantageux à l'homme. On sait tout ce que peuvent, dans l'estimation des actes humains, les adorables parti-pris d'un cœur gagné d'avance. On voit encore mieux la différence qui s'affirme entre deux justices dont Tune ne connaît que le droit, tandis que l'autre ne veut oublier aucune circonstance atténuante.

Il semble que la première de ces deux justices est plus conforme à l'impassible et pure nature de Dieu. En tous cas, il s'en rencontre une image parfaite au cours des Ecritures. Quand l'heure d'exécuter Balthazar est venue, la main de justice écrit sur la muraille ces trois mots célèbres : Mané, Thécel, Phares : Nombre, Poids, Division. ' On connaît l'interprétation que donne, de ces trois mots, le prophète Daniel. La voilà bien la justice absolue, froide, la Justice rigoureusement exacte, mathématique. S. Paul nous offre un texte encore plus curieux et non moins expressif de cette redoutable précision dans les évaluations du bien et du mal qui se rencontrent chez l'homme : « Si

* Dan., v, 25.

quelqu'un élève son édifice spirituel avec de For, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille, son œuvre finira bien par être manifestée : le jour d±i Seigneur tirera tout au clair ; la révélation se fera par le feu. Ce qu'est le travail de chacun, le feu le prouvera 4 ». Terrible discernement, plus effrayant encore par son exactitude rigoureuse que par le moyen choisi ! C'est une sorte de chimie divine qui décompose les éléments confondus dans la conscience humaine, en fixe les doses, sans que rien lui échappe, avec la fidélité d'une cornue. « Tune sortiras point de là, dit le juge sévère de l'Evangile, avant d'avoir payé le dernier centime de ta dette5 ».

Il est évident qu'une telle façon de juger les hommes, révèle une Justice adorablement exacte et puissante. Celui-là seul pour qui les cœurs n'ont pas de secret et. qui lient les clefs des « portes ténébreuses ' » derrière lesquelles on expie, peut atteindre cette perfection dans l'équité. Mais cette perfection absolue — si elle s'exerçait

1 1. Cor., m, 15. 3Job. xxxv 11, 17.

1 Matt.. v. 26.

jamais d'une manière aussi dure — ferait-elle bien notre affaire ?

Et nous voici amenés à la seconde manière de juger les hommes, d'apprécier leurs actes, non plus avec une balance insensible à ce qui ne se pèse pas, non plus avec un glaive inexorable et sourd, non plus avec un élément d'analyse qui ne connaît que sa loi et rien autre, mais' avec un Cœur.

Tel est le jugement de Jésus-Christ.

Pour bien comprendre la différence entre les appréciations d'un Dieu immatériel, et d'un Dieu qui a un Cœur, un cœur humain, il faut les voir tous deux à l'œuvre, les entendre parler, les prendre sur le fait, si Ton peut dire, dansles jugements qu'ils portent tantôt sur le mal, tantôt sur le bien, qui peut se rencontrer en l'homme.

Le Dieu de l'ancienne loi est effrayant jusque dans sa patience. « Le Seigneur, dit le prophète Nathan, est patient et grand. Il ne rendra ni pur,

i 20 l'évangile du cœur de jésus

ni sans tache, un coupable1 » Cela veut dire que malgrélesapparencesdeprospérité qui nourrissent momentanément l'insolence des pécheurs heureux, il n'y a absolument pas à compter sur l'inpunité. Cette patience n'est pas de l'oubli, encore moins de la faiblesse. Elle est le calme terrifiant d'une Justice sûre d'avoir le dernier mot, le triomphe définitif2.

De fait, on voit bien qu'autant ce qu'il y a dans les consciences la préoccupe, autant le corps, les biens, la sensibilité, les tortures maternelles, comptent peu à ses regards. Toutes ces choses temporelles sont traitées par cette Justice avec une sévérité effroyable. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rappeler la sentence du Paradis terrestre, le Déluge, la pluie de feu et de soufre sur la Pentapole, le châtiment de Coré, Dathan et Abiron engloutis tandis que quatorze mille délinquants sont brûlés vifs, les invraisemblables massacres qui se reproduisent si fréquemment dans l'Ancien Testament. Pour une faute que nous estimons légère, la Justice d'avant le Cœur de Jésus

1 Matt., i 3. s Ps. l. 6 ; Rom., m, 4.

offre à David cette triple alternative : sept ans de famine, trois mois de fuite, ou trois jours de peste. « C'est trop d'angoisse, s'écrie le malheureux roi, mais enfin il vaut mieux tomber entre les mains de Dieu que des hommes ! » Il choisit la peste. Et ce châtiment qui « vaut mieux », fait soixantedix mille victimes \

Est-ce à dire que Dieu soit cruel ? Non. Il est Esprit et Vérité. Il pèse les âmes, il sait la durée de l'Eternité, et, d'autre part, tout ce qui est temporel, terrestre, n'est devant lui que poussière et néant. Si nous accusions Dieu d'avoir été trop dur pour David, David protesterait ; nul en effet n'a chanté avec plus d'enthousiasme, d'exubérance et d'amour, les infinies miséricordes de ce Dieu.

Pourtant nous pouvons hasarder cette réflexion: Une telle conduite de Dieu n'est pas humaine, selon la signification sensitive du mot.

Or, cette « humanité » qui manque à Jehovah « est apparue » condescendante et « bénigne* » avec Jésus-Christ, avec le Cœur de Jésus-Christ.

1 I Par xx, 12 et seg. * Tit., m, 4.

I2ô L EVANGILE DU CŒUR DE JESUS

C'est une des plus touchantes beautés de Jésus- Christ aux yeux de notre misère : au lieu de s'irriter du mal, de le traiter avec colère, il s'en afflige, il en souffre, il en pleure. On voit bien qu'il a des entrailles humaines, et qu'il sait à quel point l'entraînement précède le péché et le malheur le suit. La façon dont il regarde le jeune homme trop faible de l'Evangile,1 les larmes dont il entrecoupe ses lamentations sur Jérusalem5 , l'accent avec lequel il parle à Judas3 , le rayon de grâce qui brille en un seul coup d'œil jeté à Pierre le renégat, toutes ces manifestations de suave indulgence, nous révèlent bien le rôle que jouera désormais son Cœur dans le jugement qu'il portera sur les fautes humaines.

Il n'est plus un juge, dans le sens effrayant de ce mot, pour nos misères vivantes. Il est un médecin, une mère, une indulgence toujours prête, une bonté toujours accueillante. Il l'est aussi perpétuellement que son Cœur bat.

Cette tendance à voir dans le péché plus d'i-

1 Marc, x, 21. 3 Luc, xiu, 34.

• Matt., xxiii, 37.

gnorance que de méchanceté, plus d'infirmité que de révolte, à plaindre les coupables plus qu'à les condamner, à les excuser même quand l'excuse apparaît impossible aux hommes, s'est montrée avec une force toute divine un peu avant son dernier soupir.

Le péché qui se commettait alors était le plus lâche et le plus forcené des crimes. De plus, il ne s'agissait pas d'un forfait dont il fut possible au Sauveur de se désintéresser en quelque manière : Lui-même était frappé, outragé, déchiré. La meute hurlante était autour de lui montrant le poing, blasphémant, montée au paroxysme de sa fureur sanguinaire. Il eût maudit, il eût foudroyé, aucun de ceux qui Ton adoré depuis n'aurait manqué de trouver qu'enfin il était temps, que sa patience n'avait que trop duré, qu'on avait assez souffert de ce débordement de rage.

C'est alors qu'il fit entendre la plus miraculeuse de ses prières :

« Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ! »

Parce que David s'était permis de faire le dé-

i3o l'évangile du CŒUR DE JÉSUS

nombrement de son peuple, et que sa vanité s'était ainsi complue en des prospérités dont toute la gloire revenait au Tout-Puissant, Dieu qui n'avait pas encore un cœur humain, lui avait donné le choix entre la famine, la déchéance, la peste, et soixante-dix mille hommes en étaient morts.

Parce que Dieu a, maintenant, un Cœur, ceux qui le crucifiaient, Font vu recueillir son dernier souffle pour murmurer cette prière : « Père, par donnez-leur ! »

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