‹ L'Évangile du cœur de JésusChapitre 22 sur 31 · LA FAIBLESSE I D · texte numérisé non relu

LA FAIBLESSE I D

douleur un accent plus navré, un cri plus éperdu. Et d'une voix qui frappe le Maître au cœur, elle ajoute : « Eh bien oui ! Seigneur, les chiens se nourrissent des miettes qui tombent de la table des maîtres ! » Le Cœur de Jésus est touché : dès lors il n'y a plus ni majesté inaccessible, ni barrières, ni privilèges. Il est pris entre la pitié et l'admiration, les deux sentiments sacrés : « O femme que ta foi est grande ! Qu'il soit fait comme tu veux • ».

Il faut bien se garder de perdre de vue renseignement précieux qui découle de ces constatations: la prière pour triompher doit assaillir Dieu par son côté faible. Le côté faible de Dieu, c'est le Cœur de Jésus. Les cris, les larmes, les angoisses temporelles, émeuvent ce Cœur, le troublent, et finalement le subjuguent, parce qu'il est parfait au sens humain de ce mot, c'est-à-dire éminemment pitoyable. Les pécheurs ne sont pas admis à l'audience du Très-Haut. Ils sont, au contraire,

1 Matt., xv, 22, 28.

i6o l'évangile du CŒUR DE JÉSUS

les premiers entendus parle Cœur de Jésus parce que leur détresse est la plus grande de toutes les détresses. Les peines temporelles, les moments infiniments courts de notre tribulation, ont peu d'importance aux yeux de l'Eternel qui voit le néant de la terre, et l'immensité de la gloire dans laquelle tous nos chagrins seront un jour engloutis et béatifiés. Ces peines ont au contraire toute leur éloquence pour ce Cœur de Jésus en qui elles trouvent pour leur répondre le souvenir, éternel lui aussi, de toutes les tribulations de sa vie mortelle. Ainsi les prières qu'on n'oserait pas apporter à l'infinie majesté de Dieu, les demandes qu'on ne jugerait pas dignes d'occuper sa très haute sagesse, les peines dont on craindrait de se plaindre de peur d'offenser sa justice qui les a peut-être décrétées, tout ce mélange enfin de cher ses très humaines qui nous font parfois tant souffrir, et pour lesquelles il nous semble que « le ciel est trop haut, et Dieu trop loin,» c'est au Sacré-Cœur qu'il nous faut les apporter.

Au surplus quelle que soit notre prière, nous ne pouvons pas mieux l'adresser. Il n'v a que le

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