‹ L'évangile du peupleChapitre 1 sur 7 · LB GALLOIS, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

LB GALLOIS, ÉDITEUR

f^Ql IOTM-»4HI«»BS»TI{:TOli«l , lOi

ASTOit tîl*:'^r. AND

Peuple, à toî ce livre!

A toi qui as le front courbé sur ton travail, à toi qui soufTrcs de la faim, du dénuement ou de l'oppression , rÉvangilc de r Homme -Dieu qui naquit dans une otabie et mourut sur une croix !

Depuis longtemps des bommes accou« tumés à te tenir sous le joug interpré*»

taient à leur usage et selon leurs intérêts le livre du Libérateur :

Nous t'en apportons aujourd'hui l*esprit et la lettre dans toulc leur éner^ gîque simplicité.

Prends et lis I

Ji4^

y 2, '3rx^^^y^€>

En ce temps «là un petit enfant naquit à Bethléem, ville de Judée.

C'était un enfant du peuple.

Son père exerçait » pour vivre > l'état de charpentier ; sa mère> quoique descendant du roi David y était pauvre , sans doute pour nous enseigner que nous méprisons souvent sous les baillons de la misère les rejetons de no* blés et anciennes familles.

Le père de l'enfant se nommait Joseph i et la mère se noipmait Marie.

Commç i)9 ^'avaient pu tr^UTer de {riâce

pour eux à TâUbcrgc» ils s*é(aiont réfugiés en uneélablc. — Dans la société d'alors , comme dans la nôirc, il n*y avait pas de place pour le pauvre.

C'est là que la mère, qui était grosse et qui était venue dans la ville de Bethléem pour se faire enregistrer selon un édit de César-Auguste , accoucha.

On enveloppa Tenfant de langes grossiers et on le posa dans une crèche.

Marie, femme de la petit ville de Nazareth, n'avait pas eu commc»"ce avec Joseph, son mari. La Providence a voulu laisser quelque nuage sur la venue de cet enfant, non pas pour donner prétexte à la grossière joie des incrédules, mais parce que cet enfant devant fouler aux pieds tous les préjugés humains, irconvenait qu'il commcncût par vaincre ceux de la naissance*.

iJn messie avait été promis.

L'humanité, en souffrance, était alors dans une grandô attente; le pauvre attendait une délivrance de ses maux, l'esclave attendait un sauveur,

I Les bâtards , les fils adultérins, tons les enfants doa* Un se (roorent dp fait réhabilitée par le Cbri9(«

Aussi ce petit enfant fut*il nommé Jésus, qui voulait dire, dans la langue des Juifs, êour veur des hommes.

Sa mère, pendant sa grossesse, avait eu le pressentiment de cette mission; elle avait deviné qu'elle portait dans ses flancs l'auteur de la délivrance du monde, et elle s'était écriée, dans un accès de joie prophétique :

fl Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint!

« Il a déployé la force de son bras, il a dissipé ceux qui s'élevaient d'orgueil dans les pensées de leur cœur !

« Il a renversé les grands de leur trône, et il a, élevé les petits!

< Il a rempli de biens les pauvres qui en

manquaient, et il a renvoyé les mains vides ceux qui étaient riches !»

Tel était en effet le dessein de la Providence en envoyant Jésus-Christ sur la terre : déposséder \es grands au proQt des petUSjQi les riches au proûl des pauvres.

Nous allons voir que tout TÉvangile n'est que l'application et le développement de ce dps^in,

La ProvidencQ avait préparé depuis longtemps Tavénemeot de Jésus-Chrisi sur la terre.

Le Messie fut promis et porté en quelque sorte d'avance dans les flancs de U nation juive; ce fi|t upe grossesse ei un travail; le monde esclave souffrait à repfantement de ^n salut et de sa délivrance, Thumanité était en mal dç Dieu.

Il parut successivement d^ns le peuple juif des patriarches et des prophètes qui étaient en (quelque sorte des essais du Christ.

Mais le véritable promis des nations ne venait pas.

Aloçs un homme qui avait des habits de poil de chameau et une ceinture de cuir sur les reins > qui vivait de sauterelles et de miel sauvage, se montra sur les bords du Jourdain^

Alors une voix cria dans le dé^rt,

C*é(ait celle de Jean te précurseur.

Un précurseur est un homme dont la Pro^ vidence se sert pour préparer les voies à un plus grand que lui qui doit venir.

Jean avait l'inquiétude farouche de tous ces avant-coureurs.

II n'était pas encore le sauveur, mais il était celui qui marche devant sa face; il n'était pas la lumière, mais il venait pour l'annoncer et pour lui rendre témoignage; il n'était pas le jour, il était l'aube.

Jean prêchait et baptisait.

Sa doctrine était, par anticipation, celle du Sauveur lui-même; il parlait dans le même sens que lui, puisqu'il devait lui servir d'envoyé; Jean était Teiorde dont Jésus allait être le discours.

Or voici ce que Jean disait :

« Toute vallée sera remp&, toute montagne a et toute coUme sera abaissée, le& chemins mé^ (f gaux seront rendus u?its, et l'on aplanira ceux or qui sont rudes,

« £t toute chair verra le Sauveur qui est « donné de Dieu. »

Puis, se tournant vers les pharisiens» qui étaient les grands et les puissants du peuple 61 ^ui yendi^nl h lui , il a^tait :

« Race de vipères, qui vous a donc avertis «de fuir la colère qui va tomber sur vous?

« Déjà la coignée est à la racine de Far- « bre. »

Or les grands et les riches, effrayés, par ces menaces, par cette colère prochaine qui devait les atteindre, par celte hache qui devait les couper comme du bois mort, s*écriaient et l'interrogeaient en disant : «Que faut-il donc f( que nous fassions? -)

Et Jean leur répondait :

(c Que celui qui a deux habits en donne un a à celui qui n'en a pas, et que celui qui a de « quoi manger en use de même. »

Jean les exhortait de la sorte à aller, par le partage, au-devant de cette révolution qui devait bouleverser toutes les fortunes.

C'était le moyen qu'il leur donnait pour Aiir la colère à venir du peuple, à venturà ira.

Or, à ces discours courageux, le pauvre peuple, qui attendait une délivrance et un changement, disait à Jean ; « N'êtes -vous pas le « Christ? »

Et il répondait : « Non. »

Il était, comme nous l'avons dit, la voix qui crie dans le désert et qui exhorte les esprits à ]a |)oniiencc, c'est -ù-diic à la réforme du

passé» pour les préparer a recevoir la doctrine de l'avenir.

Yoilà dans quel sens, enapruntant ses images aux lieux sauvages où il élevait la voix, au milieu des montagnes et des précipices, Jean annonçait que les grands » ces montagnes du peuple, seraient abaissés, et que les petits, ces humbles vallées, seraient comblés, et que loute la terre enfln s'aplanirait.

Le petit enfant qu'on nomme Jésus étant né à Bethléem comme nous l'avons raconté, l'ange du Seigneur, c'est-à-dire l'inspiration d'en haut, alla trouver, non les pharisiens, qui étaient les grands de la Judée, non les prêtres, qui étaient les princes du peuple, non Hérode, qui était roi, mais de pauvres bergers qui veillaient de nuit sûr leurs troupeaux,

Et il leur 4it :

ff Ne craignez point, car je vous annonce une o( nouvelle qui remplira de joie lout le peuple.

« G'estqu'aujourd'bui, dansla ville de David, « il vous est né un sauveur qui est le Christ.

« La marque qui vous le fera connaître est Hi (}U6 vous trouverez un enfant enveloppé de ff langes et couché dans une crèche. •

Après avoir annoncé aux bergers une grande joie pour le] peuple , l'ange leur en indique le motif, qui est la naissance d'un petit enfant, en Israël, mais d'un petit enfant cowché dans une crèche; et c'est là le signe qui fera reconnaître leur sauveur à ces pauvres gens !

Le Libérateur de l'humanité souffrante de« vait en subir tous les maux et toutes les in* jures.

La Providence semble en effet prendre plaisir à charger la venue de ce petit enfant de toutes les misères et de tous les rehuts de la société; elle le fait naître Jqif, et par con-* séqueut ea dehors du droit de citoyen ' ; elle

% U fooiétiit ptrUgMit alor» #n 4mi gr«D4ii ^sMi, M»} qui jÉ^ifDRt ott^eai romaii» tt m$i qw p^ ïMm\

— If —

1# tt¥e de t^rtefit» <!^6»etttil, et, pont plitÈ 4*^-

bftissèmefit, «fte h jette, à sort «tfittée a»

inonde y dans une étable.

f II devait en être ainsi : ce n*est jamais du

sein de la grandeur et de Topulence que peut

sortir une protestation sérieuse contre leurs

abus.

Le Christ devait subir tous les affronts et passer lui-même par tous les esclavages, toutes les humiliations du pauvre, pour les glorifier dans sa personne et en affranchir on jour l'humanité.

Le fait 8«ul de Ifi misère est uœ aecusi^iion de la richesse, et c'est cette accusation que Jésus-Christ est venu signer de son sang et de ses larmes.

La crèche du petit enfant né à Bethléem protestait contre le berceau des enfants des grands, et voilà dan« qu^el sens l'ange donne aux hommes du peuple la ctècbe comme un signe que cet enfant est vraiment hur sauveur,

«C'est la crèche, c'est ta mfeêfé, c*e$t la R pauvreté de ce Dieu enfant, dit Bossuet I^i-

ttvfis, itts $9to9i$ toateiks inja^tice» et lotîtes }^rt*$^m * ^^aH^ri^t a'^mt ^ çitoyea romain.

« même » qui nous montre qu'il ti*est riett de « plus méprisable que ce que les hommes ad- « mirent si fort. »

Or voici que les mages vinrent en ce tempslà) de très-loin^ à Jérusalem, « qui demandèrent <c où est le roi des Juifs qui est né, car nous <i avons vu son étoile dans TOrient et nous it sommes venus Tadorer '• »

' LésbagM étaient âes savants très^Vétsés aax sciencM divinatoires qui prétendaient connaître , par la position de^ astres, la naissance des enfants et leurs destinées .

L'astrologie et toutes ces sciences humaines étaient pro* scrites chez les JuUk, qui n'iQoutaicnt foi qu'à la rcYélat|k»i de Moïse.

L'étoile qui guida les mages aux pieds dé l'Ënfant-lésu» estune image de la pensée humaine et de la pensée divine^ qui devaient se f^çoQcUîe^ dans le m^ii^ S^ F^iUMr lç« ^uif» MlCeptfli,

Ce titre de roi donné par les mages à cet enrant inconnu éveilla les soupçons d'Hérode*

Son instinct de tyran lui fit deviner pour Tavenir un rival ou un ennemi dans ce nou« 'veau*né«

11 envoya donc tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous.

« Alors on entendit un grand cri dans RamSi « desplaintes et des gémissements, Rachel qui fr pleurait ses enfants sans vouloir être conso* « lée» parce que ses enfants n'étaient plus. »

Cependant Tenfant échappa au massacre^ ses parents Tayant emmené en Egypte» où ils demeurôrent jusqu'à la mort d'Hérôde*

€e titre de roi dèt fuifê donné par les mages à renfont nouveau^né signifiait seulement que le Christ devait se faire un jour le chef du peuple par la persuasion et Tentrainement de sa doctrine.

Or il coiTvenait que cet enfant prédestiné à combattre l'autorité des maîtres de la terre rencontrât y à son entrée dans le monde» la persécution des rois*

Si Hérode, de son côté, s'abandonna pour détruire cet ennemi naissant à l'un des abus les plus révoltants et les plus atroces du souvçrain po^iTQiri Q'ç$t qqci d'apr^tl^ traAiUw9

Le jonr (»& tt ^te 01 ta mikti de l'enrfjuif èMmni l^uppoptcr dons l« lemrfle, selon Is loi (k» Iwifs» fiottr le tonsaerer Ir l>îeM éiuni t^èu^ ils offriieiit d^Qii toocier^ites: ou deux perities

C'était lesacrificedes pauvres, câjr les riches

Of il y «iNilt 6 iétmklem râ ivomitm )«»ie

« dans rattente de la consotani^ttal dftsffdê}. >>

ttiriM ftiftiMi^e èe }oiii4ft^ét^ aytsKtiMris Tiftliiit emrê ieé bras, il himit fiteu en di««

« Ui«$er^ iiioifrir en paix voire servii^ur, Mc( Ion voire parole,

c Puisque mes yeux ool vu le Sauveur que c vous nous donnez

« Et que vous deUmes pour être exfMié à |a a vue de tous les peuples. »

Le père ei U mère de Jésus étaient dans Tadmiratîon des merveilles que Ton racontait de lui« i^méop les b^nit, et dit à Mari^, sa

$ Cet enfant est né ppur la ruine e( pour Z'^- « léuation de plusieurs'en Israël et pour être en « butte à la contradiction des hommes.

$ Votf e âme même sera p^re^e par une épée, « afin quela^ peniées dans le c^ur de plusieiirs K, soient découverte* *

Un grand enseignement sort de tous ces dé«

Qu*6Sl-ce que ce $iméon? un pauvre sans doute, un homme du peuple, car il n*y a que ceMX Qdi souffrent qui attendent avec angoisfie et avec larmes une délivrance.

Of Siméon ^tsilt 4e ces Juifs proscrits et malheureux qui vivaient dans la grande inquié« tude d*un sauveur

L'ayant reconnu dans ce petit enfant, il ex»

plique en quelques mots sa mission, qui est d'abattre les uns eiderelever les autres.

Mais ces renversements ne peuvent pas s'accomplir sans résistance : Siméon prévoit que cet enfant subira un jour les contradictions des hommes.

Ceux qui commencent de tels ébranlements en sont presque toujours victimes.

Abaissant alors les yeux vers sa mère, pauvre femme qui doit avoir sa part de douleurs dans la grande affliction de son fils» il songe mélancoliquement au glaive qui lui percera Tâme,

Mais cette douleur et cette affliction sont nécessaires; elles serviront à faire sortir du cœur de plusieurs des pensées qui y étaient jusque-là couvertes dans l'ombre.

Les révolutions sont préparées Iong*temps à l'avance dans le cœur des peuples, mais il faut un événement pour les a^uirer au dehors; la mort d'un martyr, la grande douleur du glaive, les souffrances de Tâme sont d'ordinaire les causes qui les excitent à ce montrer^ utrevelentur ex multiê cordibu$ cogitationes.

Les premières années de Jésus n'eurent probablement rien de particulier, puisquerËvan« gile ne nous en parle pas.

Nous savons seulement qu*il vécut avec Blarie et Joseph dans la pauvreté et dans le travail des mains.

II exerçait à Nazareth l'état de son père, qui élaît charpentier.

Il demeura ensuite en Galilée.

Cette première moitié obscure de sa vie s'écoula saps qu'on entendit parler de lui dans le pays.

Cependant l'heure de se montrer était ve^nue.

11 se prépara à sa mission par la retraite et la solitude.

Ayant été poussé par l'esprit dans le désert,

il vivait avec les b0(e3; au milieu d'une na«

Ijjre aauvage.

if

^fi^mÊmm

TU

Il n'avait autourde lui que des pierres et des rochers.

Alors, ayant jeûné quarante joqrs, Tidée lui vint de changer ces pierres en pain.

Mais il combattit cette tentation en disant :

« Ce n'est pas seulement de pain que vit « Thomme. »

En repoussant cette première amorce dçi démon Jéfus-Qbnst 4éçU«^ W^ des grandes causi^ de la servitude « aui est le bc^ôUl (le la nourriture : « Si tu ne. te soumets , dit le « inaitre à Tç^vrier^ tu ne mangeras pas! »

A cç pain matériel Jésu^ opposa le pain de Tintelligence et de la parolOi^ui est, 1^ vraie pourriture de VhorQim libre j^ in <mi verbo quod procéda ex ore Dei,

Peuple ! un pouvoir tentateur qui proptçt de ta faim pot^r embastiller Paris te dit de même en te n^ontrai^t des pierres et en t*offrar.t des travaux : change ces pierres en pain !

Peuple, réponds-lui comité le Çbrist : le peuple ne vit pas seulement de pain, mais de liberté !

Ensuite d^autres pensées, qui sont auçsi de& pensées de Satan, ragitèreni.

Du sommet des hautes montagnes d.'oO^s'^tend^tem h ses pied$ h$ royaume de la t^rrQ

av«6 touia l6ur «laire lm% fuA mH 4'#fVi-

bition; il hégiu ttH ip|(#ili «ttf ii fOk qa'K 9l^

L9 convoi liftQ i^ cat ^ompiiM i«rf#«ir«s ta-*

lança dans son cœur la résoIuiitM 4tt*il êV^it d'affnmohir Thum^iiilé,

« Je voys dQfio^ai totM§^etmHii«aaiii^ li|i « dii Iq démon, (^t la tfiw^ 4^ cei fQyauiDes, « car elle 19'a ^i^ 4QnM« ¥ jlt ia 4oiine ^qui < il me plaît '.

< Si donc vous voulez m'adorer toutes ces c choses seront à vous. »

Jésus lui répondit :

€ U est écrit : G*Ml la Seigneur votre Dieu « que vous adorerez, et c*est lui seul que vous « servirez. »

Fières et sublimes paroles qui détruisent pour l'homme sur la terre toute autre domi-

i^atioA <)ua cfUiç 4a Dieu,

Knfin le démon » se trouvant r^pon^sé (mir Jésus mx tous le$ points, easaya i» U preiulre par Torgueil et U confiance eti spi-m^ufta-

11 le transporta en f^sjpTil &uf: le pinaola 4ti

1 Ce& ^a^p^le» que t'Évaagile «^ à énism dim ia kmi-

cempie, et il lui dit : « Si vous êtes le fils de « DieU) jetez-vous d'ici en bas. »

Si ta es fils de Dieu, dit au peuple un pouvoir provocateur, jette* toi donc de nouveau dans rémeute.

Jésus lui répondit : « II est écrit : Vous ne « tenterez point le Seigneur votre Dieu. »

Le diable ayant achevé toutes ces tentations se retira de lui pour un temps.

Jésus avait environ trente ans lorsqu'il com« mença à paraître.

En sortant du désert , il était retourné en Galilée, et sa réputation commençait à se répandre par tout le pays.

11 enseignait dans les synagogues, et tout le monde lui donnait de grandes louanges.

Ualla aussi à Nazareth, où il avait été nourri, cl, selon sa coutume, il cnun au Jourdu sabbat

dans une synagogue s où il se leva pour faire la lecture.

On présenta à Jésus le livre du propliote Isaîe; rayant ouvert, il tomba sur Tendroit où ces paroles étaient écrit^es :

« L*£sprit du Seigneur s*est reposé sur moi ; §L il m'a sacré par son onction, il m'a envoyé € pour prêcher l'Évangile aux pauvret , pour c guérir ceux qui ont le cœur brité,

€ Pour annoncer aux captifê leur délivrance ' « et pour rendre la vue aux aveugles , pour € éma clper ceuoo qui MorUdam Coppression^ pour ff publier l'anime favorable du Seigneur et le « jour où il 6Q vengera. »

Ayant fernfé le Uvre, il le rendit au minis** tre et il 9*assU«

Toute TjisseiK^^lée avait lesyeuK arrêtée sur lui.

Et il commença à leur dire :

€ C'est aujourd'hui que cette écriture que « vous venez d'entendre est accomplie, »

I Les gynagogueg dei Juifs n'avaient rien de eoomnm avec le temple : c'étaient des salles de conférence où I'cq se réunissait pour entendre lire et commenter la Bil»le.

s Quand le christianisme sera tout à fait entré dans b société il en <Âiassera les bagnes et les prisons.

Jésu$ demeurait alor$ à C^pharn^ûin» ville maritime.

Le temps était venu de clioisir qui^ques hommes pour l'aider dans son mininlèri^.

Les prit-il parmi les riches^ les sav^ts.et tes grands dti payis?

Un jour^ marchant le long de la mer dp Qratilée t il vit deux frères » Simon , surnommé Pierre, et André, qui jetaient l^urs filets d^ns la meri car ils étaient pêchei^r^t 9^ il leur dit :

a Suivez-moi et je vous ferai pêchetirs <K d'hommes. »

Aussitôt il laissèrent leurs filets et suivirent lésus.

De là, s'avànçant, il vit deux autres frères, Jacques» fils de Zébédéé» et Jean, son frère» dans un0 barque aveo ZébMée» leur père, qui raccommodaiQni leurs filets, et il les appela.

A l'heure mftiùe Ils laissèrent tetiri filets et leur |>èir6 et II9 $ul virent Um^

Voilàdonc les ptemim$ ûp&ttmi iffHiff^ pnfliyfftA pèéhmm tikhéB ê^ goa^ôn ^x MmfiH^s fféÊm de mef !

Ce MVK tes hemiA«9 du fmfih » ees ttUf !«• ftteit q»! dètiietit ^Mévé le mMiâe dtiifii le filet 4é la êatitue f^roTe.

Jé9»8 éla«t rentré ensBtfe dans la vHlei^t un iMMAiM liMimé Machieu amris an bafieau diyi îifipôMy auquel H dit : « SvWeiHnoî. »

AMMf&t H se leva tf te siiiv^.

Jésus en ramassa de la aorte do«Mr â#aie voici ]MiiOB»:Herre^ Aadré, fhMfffe, MatlMtt, tbomèff, loeqfoes (fila tHktpk^), Tkadée , Simon «le^^Cananée»^ laïques et Itea», deux frères qu'il sqmomim Bomwrfêg, €*<ftt-

Et JadfM iacavieoe, qui fur celui qui- la xtAit.

€?éuwni léiis diaa hoAimes de basse condi^^ tios.

Un scribe, c*est«^à«dire un puissant et un lettré du pajs , s'étant offert à suivre Jésus , celui-ci le refusa.

€ Les renards ont des tanières, lui dit-i( € pour le détourner, et les oiseaux du ciel ont « des nidS) mais le Fils de rbommç n'a pas qi\^ t repgser ça tèiç, ^

Et cet homme s*en alla.

L*œavre de rÉvangile, qui est Une œuvre d'affranchissement, ne pouvait être exécutée que par des instruments tirés du peuple.

Ce n'est pas avec ceux qui sont déjà libres qu'on détruit l'esclavage, ni avec ceux qui pos* sèdent qu'on attaque les abus de la propriété.

Un certain homme riche s'étant présenté à lésus 1 « Si vous voulez être parfait , lui d|it c celui-ci, ailes, vendez tout ce que vous avex c et le dminez aux pauvres, *

- c Et après cela venez et suivez^moi. »

Mais ayant entendu cette parole il se rettffl tout triste» car il avait de grands biens* .

: Et Jéstt» le laissa aller*

Ce libérateur savait qu'on ne cotnbat pas une vieille société ayec^des hommes qui ont trempé dans ses richesses et ses jouissances^ ni qu*on ne refait pas une société nouvelle avec les débris d'une ancienne aristocratie* .

^âs-

t Jésusallait par toute la Galilée, enseignant c dans les synagogues et prêchant FËvangile « du royaume. »

11 Taut s'entendre sur ce royaume dont ié^ sus parle sans cesse et dont H venait annoncer la bonne ^nouvelle aux nations.

' « Le royaume de Diett> dit-it quelque parti « estau'dedàns de vous; » et, suivant uh autre texte, « entre vous* »

C'est donc sur la terré et parmi les hommes iftte doit s^établîr ce royaume, ou,'aucrement dit, cette société.

Dans la prière que Jésus recomniande à ses disciples il explique sa pensée en ces termes a

« Notre Père qui es auxcieux, que ton régné « arrive, que ta volonté soit faite sur la terre « comme dans le ciel. »

Il veut donc que le chrétien hâte de sa prl^rççt^ç 9Ç9 vcçuJI rayçnçroçn» de cerègnq

*- fl6 -*

qui refer^ la terre à Timage du Ciel , et , a ce propos/ii nous indique la voie par laquelle ce rip^'aunàe entrera dans le monde :

A Remettez- nous nos fautes comme nous # les remettons nous-mêmes à ceux qui nous t ont offensés !»

C'est par le pardon et la bienveillance que le royaume de Dieu arrivera , c'est lorsque la soeiéié f emeléi^ à eàiaew» se» fuMâs^ éMkira umi ee i|tfi étdilHé, et mdoevf » daM^ éo» »éî» tous les pécheurs.

Pans une wiM' eèto^MViM» Jég(^-^fiM*ist éi^tiie eneore flM nMfieoieiii ^ piMâéi^v |i» scribe lui ayant p9«4é tO' <Bés fem^e» :

f* (K^im d'auui» ; FuîfiMr 4« t0iif sp^* fP^Pt « de toutes ses forces et 4e laiil^ f^g» AP9#» #

e aimer 80i|i |pfK{Hî)^^^(fH»M^ ^j^sfUMiie, #'fftt ^ 4M0i4A<e chKHiie 4<^ t)4i6 gf aii(ji< 411» lf»«is l#i « holocaustes. »

#^V^i «ik'dtee pas Mkf^ diji i^f»ysijiMpA^4« ^ii* % Ç<6S|i^M^f^» l^ps «i^'êtas pas \Qm #« prîii- 9iiNW fpi' dioi««i|t étabUr le ri^g^ ^ bi^i^ SM^ la terre , puisque vous reeooT^s^z ViUM^ ^\m e(/|^{imoA»r uoiversei, qui «^nl \^^ ^^x ^Smàm ^^ âfi l<i ^çi4t^.

iiu»i ce i^'^muc (Je 9Uu ^^il biea yériu* bfomcniiii) rayaui^c «crro^u-e ^ui iolvecomjpçnçer daju^ jle içàqj)^ ^(Xir $e coqURver em- ^îte dai9d l'éierniLé^ c'esi c^ qui réiMil|« jii«<).i«*ii y^iihnçe des pajroleç mêo^esde lé«iMi«-

t le youç #9» ^a yéfii^f <}4ie personoeae f lai^ S9 Wi?i;^f ourses frèjre3y ou ses SQ^n, « ou i^Ofî pàr«, ou sa ipèr^ , w ses e^Cuits» « ou ses ierres ^ pour rsmckir dç ouh et de « r)ÊyfP)9|}e,

f Qffî mainienaiit ei dès ce temps-ci ■ n'en « r^c(Hy0 icent fois amant , et qui n'ait dilS « maisons , des frères , des sosurs» des m^ref, « djss i^pfaiiM et des terres avec des persécu« € lions I et dam {9 siècle à venir la vie âter-

Ceci contient deu^ genres de promesnes fti^fi (mt)ff Çf 99 IMMir ceui: qui se dévouent ank persécution^ dêps up sentiment d'hupi^nité.

Jfésus-*Ghrist les exhorte à quittetr |etfr (9mille, leurs biens, leur maison > parce que, au bout de la lutte, ils trouveront dès cette vie, dans la société nouvelle, où tout sera or*

» Nune et in tew^pore koe.

ganisé selon la justice^ une ample compensa* tion aux maux qu*ils auront soufferts.

Ils y trouveront d*autres frères > d*autres biens et d'autres maisons à la place de ceux qu*îls auront quittés; car la grande famille humaine étant constituée selon l'ordre équitable, tous les hommes seront frères, tous posséderont des biens et habiteront des maisons,

Enfln, cette société d*amour, d'unité, de jus^ lioe commencée sur la terre se continuera d^ns la vie à venir, et infuluro vitam ceter^mm^

Voilà donc le double sens contenu, d*aprc§ l'interprétation même du Christ, dans ce mot \ c royaume de Dieu «

Sur la terre c'est une société bumainemenv organisée où chacun, se rapportant de toutes ses forces à Dieu, qui est l'unit^; aimçra çon prochain comme soi-même.

Dans le ciel c'est le développement éternel et infini de cette société d'amour.

Jésus -[Ghrisi est venu essayer le paradis à la terre.

Cependant Jésus-Christ ne se dissimule pas les obstacles que rencontrera ce royaume et la peine qu'il aura à s'établir dans le monde:

« Le royaume de Dieu, dil-il, souffre résis- « tance, et il n'y a que les violents qui l'em* € portent. »

La lutte que nous subissons à cette heure pour fonder une société juste et humaine est prédite à chaque page do l'Évangile :

« La voie qui mène à la vie, dit le Rédcmp* « teur, est étroite* ^

Depuis dix-huit siècles, en effet, que nous nous efforçons nous n'avons pas encore pu y pénétrer.

Les peuples se tiennent toujours sur le seuil, essayant de forcer le passage difficile» et toujours repoussés par l'embouchure étroite de ce npuveau royaume,

Il y a eu jusqu'ici dans le inonde des chrétiens» mais il n*y a pas encore une société chrétienne.

Toutefois Jésus ne laisse pas que de nous exhortera la lutte.

« Efforcez-vous d'entrer, nous dit-il, parla « porXe étroite. »

Il ne nous cache, au reste, aucune des tribulations que nous aurons à souffrir pour en arriver là; et il nous les prédit à l'avance, afin que nous n'en soyons pas déconcertés :

« Alors on vous livrera aux juges pour être « tourmentés , et ils vous feront mourir.

« Le monde vous haïra comme il m*a haï « moi-même le premier. »

Cependant le Sauveur nous promet que, dans cette lutte laborieuse, l'avantage restera aux siens, c'est-à-dire aux hommes qui auront vaillamment milité comme lui pour la sainte cause des révolutions , à ceux qui auront portéjusqu'aubout, sur leurs épaules, la lourde croixdel'humanité souffrante t.

« Ayez confiance, s'écrie-t-il ; j'ai vaincu le « monde! *

> c Quiconque ne porte ]ias sa croii et ne me suit pas ne peut pas être mon disciple. » (Lx?c, v. iv, 127.)

-ai -

El ailleurs : '

« Lorsqu'une femme enfante, dit-il ^ qU^est dans la tristçsse, parce que son heure est venqe; majSy lorsqju'elle est accouchée d'un (ils, la joie qu'elle a de ce qu'un enfant est né lui fait oublier ses douleurs. »

La* France est maintenant cette mère en fl'avail qui souffre et qui gémit dans les angoisses de l'enfantement.

Mère, prends courage, car l'enfant de tes entrailles $era beau, et lu joie de l'avoir inis au monde séchera toutes les larmes dans tes yeux!

Jésus-Christ nous.enscigpeclairementlapuissance qui fera résistance au nouveau royaume et Tennemi que nous devrons combattre : ce sera aie prince du monde. »

Si cette société nouvelle apportée par le Christ doit en effet rencontrer des (^tacles,

c*est surtout dans le chef de ce vieux monde qu^elle vient détruire.

De là ce grand duel prédit à chaque instant par le Christ entre ses disciples et le monde :

€ Vous n*êies pas du monde, leur disait-il,

€ Si vous eussiez été du monde , le monde* eût aimé ce qui eût été à lui : mais le monde vous hait , parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis et tirés du monde. »

Jésus-Christ avait extrait ses disciples de Tancienne société pour les initier à une so« ciété nouvelle y qu'ils .devaient répandre ensuite sur toute la terre.

Telle est la cause de la haine que les gouvernements leur porteront; car les gouvernements haïssent toujours les hommes généreux qui tentent la réforme et le bonheur de l'humanité.

Mais celui qui apportera le plus de passion dans cette lutte sera le chef du vieux monde, puisque ses intérêts sont les plus menacés ; aussi Jésus-Christ nous déclare-t-il que ce chef va < être déchaîné, »

Par ce prince ou ce chef du monde Jésus- Christ entend le pouvoir souverain, représenta dans un honjme,

Au resie, Jésus-Ghrisl nous déclare que sa sentence. esl portée, etque sa ruine entraînera celle de l'ancienne société tout entière.

€ Lorsque le consolateur viendra, nous dîtil, il convaincra le monde^de condamnation, car le prince dû monde est déjà condamné. ^

Mais cette sentence de condamnation ne re* cevra son entier développement que par l'expulsion et le bannissement de ce pouvoir.

' « Maîntenani, ajoute Jésus-Gbrist, leprincc de ce monde va être chassé dehors. »

Si Jésus-Christ se déclare en lutie avec le monde, c'est qu'il saitque, pour introduire son royaume, il lui faudra changer toutes les anciennes institutions et refaire entièrement la société à neuf.

« Personne, dit-il, ne coud une pièce d'étoffe neuve et rudeà un\ieux vètemeni^ parce

que 1^ f^ièce ncuva cmporie i*«ititia et (\nù la déchîru.i'^î en dovidii p\us cÔD^(|draUe.

<t Personne ne met de \m iiaiiv«âiâ 4âiiis4« vieilles outres» parce quête vin Aovtfreaii ràei- I^ait les outres et que le vin se rôpaoéràît. t

lia est la tliéorie de toutes les révc4u4iM« qui depuis dis4iuit siècle^ agitent le vàêrnàe.

On a essayé de recoudre le durisitaiitadiii

aux instiiutioas du uim^tx faoïûodA^ On a voulu injecier4e^ idées de l'iÉy^gile

dans les mQn^rqbi^^ q^i ^Wi <de iri^He^ <Htr

très payenneSif

Mais ce que le Christ a prédit arrivera :

La pièce neuve et rude cousue au vieux manteau de pourpre usé en augmentera la scissure;

Le vin de§ nouveaux principes de liberté et de fraternité humaine mis dans 1^ anciennes institutions sociales les fera éclater.

lésus-Ghrist disait donc vrai quand, dans MU seotimeiit d'ailÀire^^d Qt 4(9 Mrli»^p()« v^ ses Itères, it s^éeri^tl. : f f-m v^mm |^ fWWdnl t

Oui,J« ruiQ^ 4uytQi4¥ monde ^t 44^)^ mais ^mmlnmid*

Vous rencontrerez bien enieiAre ^Kltgflil qlflifiçlM^ lf9Wg»j|P9fP&*HMÏ»!irl»f»atqiro

« 0n VQMS citera devant les tribunain:, et f H^ JMf fpprpcbe 04 ceux qui vous feront ^ pliMtii( ç|OÎr»nt être agréables à Dieu. »

Mais nous vous répéterons avpc le Christ:

. Tie.T^vs laisses pas intioiider ni découra* gtTf TOUS qui luttez pour la grande cause des fty^\e$\ vous retrouverez au centuple ce que veu9 awrez laissé pour elle, nuiisons, biens, fanàille, et, si vous perdez même votre vie, ViWS la êÊUveres^, car c'est encore vivre que de mourir ppiir Thumânicé.

gH* »! Ji|ps8e«(i9ni atirU^iD» à Jésus-Cl»iisi un esprit djp Bmqiifiiî^îi %m n'est foiia$. dant y£vftngile et dont nous expliquerons ailleurs

lrî*t wIjpFljp au fï^irâîrô et ^^rï$

« Maintenant 9 dit- il > que celui qui à uii « sac ou une bourse la prenne » et que celui «t qui n*en a point vende sa robe pour acheter •t uneépée. »

Sa doctrine n*est point y comme on Ta pré« tendu, une doctrine de résignation et de calme :

« Je suis venu apporter le feu sur la terre ! « s*écrie Jésus; et que veux-Je, sinon qu'il « s'allume!

« ]'ai un baptôme dont je dois être baptisé ^ « et combien Je me tords en attendant quMt « s'accomplisse I

H Croyek-vous que je sois venu pour appor« t ter la paix sur la terre? non, je vous le dé* in ctarc) mais le glaive.

tt Car désormais, s'il se trouve cinq per* k ^nnes dans une maison, elles seront divi»

«( Bées les unes contre les autres, trois contre «( deux et deux contre trois;

« Car je suis venu mettre la division entre € le fils et le père, entre la mère et la flt|pU « entre la belle^mère et la belle*fille$ '^

t c'était un baptême de sang, baptême qui devait p*M^ complir non -seulement sur Jésus par sa passiop, mais encore, par les révolutions , sur Vhum«nité ^ c)i|l ^i |a (f>fïï¥d

collective d9 J^s^Khrfetf

« Et les domestiques d'un homme seront t ses ennemis. >

Hais ces divisions ne sont que les préludes et les signes V avant*- coureurs de la grande révolution qui va changer la face de ^ tout.

Il ajoutait^ en s^adressant au peuple:

« Lorsque vous voyez un nuage se formel m du côté du couchant, vous dites aussitôt « que la pluie ne tardera pas à venir, et la « pluie vient;

« Ou, lorsque vous voyez soufflerie vent du « midi/ vous dites qu'il fera chaud, et la cha- « leur ne manque pas d'arriver.

« Hypocrites que vous êtes! vous savez re« K connaître les différentes faces du ciel et do « la terre:commeht doncnercconnaissez'vous t pas ce temps*ci?

K Gomment ne discei*ne2«vou$ point par ce « ^iii 80: passe parmi vous ce qui csl juste? i>

Simples et profondes paroles qui s'appli« quetit encore morveilleusement au temps où nous sommes; car, à mesure que ce temps-^ s^écoule, c'est-à-dire que la venue du Christ gagne en durée, tious avançons de plus en plus vers la grande révolution du monde,

Hypocrites vous êtes vous qui , vous diâant chrétiens, refusez d* entrer dans le riiouvément de Thumanité qui s'accomplit sous vos yeux!

Par le nuage sombre qui se totme à l'hortzQn, par le vent chaud des révolutions qui souffle, par tout ce qui se passe parmi vous, connaissez donc enfin de quel côté est là justice et de quel autre Tiniquîté !

La Providence ne peut faillir; et, si elle eâvoie la phiie ou le vent aux nations, si elle les agite comme des arbres sous la tempête, c'est que cet orage est nécessaire pour amener le calme et la sérénité du <c royaume de de Dieu. »

lésas-Christ réglait sa conduite sur ces prin* cipes révolutionnaires.

Sa vie fut une vie de protestation et d'indépendance.

U commence d-abord par décliner Tauto* rite de la lamille :

« Quand les jours de la fête de Pâques «'furentfpassés, lorsque les parents de Jésus € s'en l'etournèrent, l'enfant demeura dans « Jérusalem sans que son père ni sa mère s'en « aperçussent;

« Et, pensant qu'il était avec quelqu'un de « ceux de leur compagnie , ils marchèrent du- € rant un jour, et ils le cherchaient parmi « leurs, parents et parmi les familles de leur « connaissance ;

« Mais ne l'ayant point trouvé ils retourne nèrent à Jérusalem pour l'y chercher.

« Trois jours après ils le trouvèrent dans « le temple 9 assis au milieu des docteurs, les « écoutant et les interrogeant ;

« Et tous ceux qui l'entendaient étaient ra- « vis en a4iniration de sa sagesse et de ses ré- « ponses.

« (^ors donc que ses parents le virent ils « furent remplis d'étoonement , et sa mère < lui dil : Fils, pourquoi avez-vons agi ainsi « 9vec noMÇ? Voilà votre père et moi qui vous f cherchions tout afQigés.

dt U leur répondit : Poiurquoi me cherchiez^

€ vous? Ne sûvez-vous pas qu*il faut que je « sois à ce qui regarde le service de mon père, « qui est Dieu? »

' En un autre endroit Jésus repousse également et en termes encore plus durs Tinter^ venlion de sa mère:

« il se fit des noces en GaliléCi et la mère « de Jésus y élaii.

« Jésus fut aussi convié aux noces avec ses < disciples.

« Et le vin venant à manquer la more de « Jésus lui dit: Ils n*ont point de vin.

« Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-l-il « cnlre vous et moi? »

11 rejette également loin de lui et de ses disciples le joug de la loi.

« En ce temps-là Jésus marchait par les blés « un jour de sabbat, et ses disciples ayant faiai « cueillirent des épis et en mangèrent.

« Mais les pharisiens lui dirent : Voici que € vos disciples font ce qu'il n'est pas permis « de faire le jour du repos.

« Jésus leur répondit : N'avez-vous jamais ff lu ce que fit David dans la nécessité où il « se trouva lorsque lui et ceux de sa suite tvi^ « reni pressés de la faim?

< Gomment il entra dans la maison de Dieu « sous le pontife Abiathas et mangea des « pains de proposition , dont il n'était permis € qu'aux prêtres de manger et comment il en « donna même à sa suite?

€ Jésus leur ajouta : Le jour du repos a été c fait pour Tbomme, et non pas l'homme « pour le jour du repos. »

Et ailleurs TÉvaiigile nous dit :

« Ce jour-là les scribes et les pharisiens qui € étaient venus de Jérusalem s'approchèrent € de Jésus et lui demandèrent :

c Pourquoi vos disciples violent-ils la tra- € dition des anciens? car ils ne se lavent point « les mains quand ils se mettent à table.

« Or ni les pharisiens ni aucuns Juifs ne « mangent s'ils ne se sont plusieurs fois lavé « les mains avant le repas , selon la tradilion ik des anciens ;

« Et lorsqu'ils reviennent de la place puce blique ils ne mangent point qu'après s'être « lavés, et ils ont beaucoup d'autres usages « qui leur ont été prescrits , comme de laver « tes coupes , les pots y tes vaisseaux d'airain « et les lits i.

\ Gc$ usages et 'ces traditions n^étaieot i»as seulemeat chei;

« Et Jésiis lei^r répondit : Hypocrite vous « laisse? le commandement de Dieu pour garç der lea traditions humaines , pour lav^ les « pots et lea coupes , et observer beaucoup <r d'autres choses semblables !

« Alors il appela de nouveaiii le peuple et c( lui dit : £cput^«-moi bien tous et con^eYez « bien ce que je vous dirai.

<( Rien de ce qifi est hors de i'homjn^ ne le « souille.

Une ai|tre fois» pendant qu'il parlait, un pharisien le pria de venj^ diner che^ liii; il y vint et se mi h t^ble-

« Or te pharisien s'oi^cupgjlt en Itti^çaâme c de ce ^fi£^ jféstis ne s'était point Uvé avaiit « le repas.

« Mais leSeigneur lui dit : Vous autres, pha- < risiens^ vous nettqyez le dehors de la coupe «( et du plat, et au-dedans vous êtes pleins de « rapine et d'injustice. »

Jésus-rQbjrist ne cessait encore ^ fronder le^ ^utorité^ 4<^ soi;i P^y^t

U attaquait dans s^s discours les pharisiens, q^i éN^jnl l$s^ fijrands de la ludée :

les Juifs de simples convenances : c'étaient des lois sa«

« Malheur à vous, pharisiens, qui liez sur « le peuple des fardeaux pesants qu'il ne lui « esl pas possible de porter !

« Malheur à vous qui aimez qu'on vous « donne les premières places dans les fes- « tins et les premières chaires dans les syna* « gogues,

« Qu'on vous salue dans les places publi* « ques et qu'on vous appelle maîtres! »

Jé8U6 passe ensuite en revue, sous son ana • thème, toute l'aristocratie juive, les aetibes, les docteurs , les princes des prêtres qo'il nomme des sépulcres blanchis et plfûna dTossemenU.

Au contraire, ce même homme, si dur quand il traitait avec les vices des puissants et des doctes, était d'une miséricorde infinie quand il descendait vers les infiimités et les angoisses du pauvre peuple.

« St considérant les troupes du peuple^ il en « eut compassion, dit rÉvangile,[parce, ^'ils « étaient languissants et dispersés comme des « brebis sans pasteur. >

C'est ce caracière de frondeur el de révolutionnaire qui attirait chaque jour à Jésus les représailles de l'aristocratie juive.

Déjà plusieurs fois les chefs de la nation avaient essayé de mettre les mains sur lui , mais c ils craignaient le peuple, et timuermit turbam. »

Il y eut cependant une tentative d'arrestation concertée entre les magistrats au milieu des fêtes de Pâques qui avaient attiré une grande afHuence d'hommes et de femmes à Jérusalem.

tf Or il y eut plusieurs d'entre le peuple « qui crurent en lui et qui disaient : Lorsque « le Christ viendra , fera-t-il plus de prodiges « que celui-ci?

« Les pharisiens y entendant que le peuple « tenait ce langage à son sujet , envoyèrent,^

« de concert avec les princes des prôtresi des « archers pour le prendre. »

Mais ces archers , qui élaient eux-mêmes des gens. du peuple, furent si frappés de la doctrine démocratique de Jésus qu'ils ne purent se résoudre à Tarrèter.

c Les archers même retournèrent vers les € princes des prêtres et vers les pharisiens, qui € leur demandèrent pourquoi ils ne l'avaient «r pas amené ;

« Et ils répondirent que jamais homme c n'avait parlé comme celui-là, »

Cependant les grands de la nation ne cessaient d'exciter le peuple contre Jésus et de l'engager à lui jeter des pierres.

Voyant que les voies de faits ne réussisaient pas, ils eurent recours à la calomnie et à la diffamation.

Les scfU)^ çhercb^iwt k Le Mtê pamr

pour fou finsanU.

I^es scribes e( les pbarUiens Tayant surpris plusieurs fois à manger ^t à boire avec des bommes du peuple lui firent une réputation d'ivrogne, potator vlni. .

Sa propre fan^ille, dont il avait plus d'une fois décliné l'autorité ^ voulut le faire mettre en interdit;

« Étant venu à la maison y dit TÉvangile »

% il s'y assembla de nouveau tant de peuple (( que Jésus et ses disciples ne pouvaient pren* (( dre leur repas ;

< Ce que ses parents ayant appris ils vina rent pour se saisir de lui, car ils disaient « qu'il était aliéné d'esprit. »

Les habitants même de Nazareth, où il avait été élevé, le chassèrent hors de la ville et le menèrent jusque sur le haut de la montagne où elle était bâtie., voulant le précipiter.

Mais Jésus, passant au milieu d'ou$} M'^i'-

CMé tte éë peMéieMJdtes ait eeifé de fous les réfofttlMfiMii^, et teins if en promet paâ une plus douce à ses disciples :

• OarAsB^fOus de9 hbfhmes, leur dit^f, car « ils Toos livreront dtix juges;

« ils ▼ws lÊtkmfcm devant les gforuvef neors c et devant les rois i c^sti dé moi. »

Ksuê sait que tléite eetivre de Pénmncîpîrtieii du monde est Me ttàix , et il déclare qope qmkowciaé ne se décide pâ^ a lâr porter n'est pas digne de le stiivfe;

Il sait qûf^ cette révoteifiem de iTiurhanïté est un calice, et i4 décîarc que qfàtconque n'y boHru pdB n'aura poirti srt part enstiire dans le grand banquet.

Pierre ayant voulu le détouri^er dé boire le premier à ce calice atiïer ,

« Jésus 9 le regardant par-deâsus fépaule, « lui dit : AlleZySatanyôtez-vous de devant moi! « VOI0 m'êtes à scandale !

**. Si quelqu'un Veut me siirne , qti'il r^- « renonce à soi-même , qu'il porte sa croix et « qu'il marche sur mes pas! »

Le renoncement à soinmême, c'est-à^ire le . sacrifice de l'égoïsme individuel à l'intérêt db l'hufnanité, est la première condition de t<^ut vrai fév^latioAnaire.

Jésus veut qu'on immole au succès de cette grande cause jusqu'aux affections les plus tendres de la famille :

c Celui qui aime son père ou sa mère plus « que moi, dit-il , n'est pas digne de moi , et « celui qui aime son fils ou sa fille plus que « moi n'est pas digne de moi. »

Il est bon de remarquer qu'ici et dans plusieurs autres endroits que nous aurons occasion de citer Jésus-Christ se donne comme le représentant de l'humanité.

C'est dans ce sens qu'il se fail appeler le fils de Thomme, fiHnu honUnis.

« J'ai fait connaître votre nom aux hommes, « dit-il encore dans une prière à Dieu, afin qud c vous les aimiez de l'amour dont vous m'avez « aimé , étant moi-même en eux» »

L'humanité en progrès et en révolution est donc la forme visible de Jésus-Christ.

Il lui faut passer par la même passion et boire au même calice amer.

C'est à ce titre de représentant de rbuma-> nité que Jésus demande qu'on se sacrifie à lui^ et qu'on renonce pour le suivre à tout le reste.

Mais à ces maux, à ces persécutions, à ces affronts sans nombre c|u'il faut subir poursuis

vre les traces de Jésus-Christ sur Cette Tote épioeuse du dé vouemen t » le grand Rédempteu r oppose une compensation sublime qui Içs ba« lance tous :

€ Celui qui aura persévéré Jusqu^à la fin^ f dit-il, sera libre I »

La preuve que la doctrine de Jésus-Christ était toute démocratique^ c*est qu'elle n*élait reçue que par le peuplai et encore par le bas peuple.

« Y a-t-il| disaient les principaux de la na« « tion aux archers qu'ils avaient envoyés pour « arrêter Jésus , quelqu'un des seigneurs ou c des pharisiens qui ait cru en lui?

« Car, pour cette populace qui l'écoute^ tout « le monde sait qu'elle est maudite de Dieu. »

Quels étaient en effet ceux qui suivaient

JéçMS? des pécheurs d^ la mer de la Galilée,

« Ce n*est point à cause de mes mi^iélês tfîHf « vMs iàedlmfth^ff*êi§f$lfeéqM t<HMfftt«s ff mangé de mes pains et fi^ë i^vfS àitt été

a rassasiés. »

C'étaient encore des malades, des fous, des lunatiques, des affligés dont Jésus-Christ gué* rissait toutes les langueurs;

C'étaient des publicàîns, des hommes de mauvaise vie, des pécheurs, des débauchés, des ivrognes, des gens mal famés dans le pa^s avec lesquels il frayait en public.

K Et un homme riche appelé Zacbée, chef « dés Jitfbîfî^rns »,

«f Qttf cherclvâii le moyeti de ihôrr /ésos et a 6e le conùsàltbf hkiIs qui Hi étaîi efi^ché (( par la foule parce qu'il était fort petit,

ft PrenaÀt le dévam, mo^iar gtir ùw cyco<»

» ùn&te |K)ar le voir en un endroit ott i-t dettiîv « passer.

« Jésus étant arrive en ce Hen-là 1^ tépttâ^è*

> tH po&licàins dmtgA Ah les Jaffs do prétevenient dei bll|^ éltMiètB ^ jÀé\ vus.

I AlUr «ilbrarcir^'îi Mi petit, #utt fire^ réfibe.

«c parée que je doi^ ipj|[^r 9MJPur(i*bi|i lE^es Vioug. g il 4e«i^n4>t prpff)ptam^ii( et le fQç\^t «vec

<c fi)t)t jbs pei^plp Vi^y^n^ yn aller murmura ce 4e ce f^ix'il était fillé Ipger chez un pécbeur.

« Ma}« 2^c|)éey se présenta a t devant le Sei- ^ gn^M^ ll^î dit : Seigneur» je déclare que je <i dpni^e la moitié d^ mon bi^n au;( pauvres, <f (»t qii^» si j*ai fait ^rt de quelque chose » a quelqu'un, je lui en rends quatre fpis au*

tf tJ|Qt.

9 AlPfJi^ Jé$u§ liiidit : Le salut entre 411 jpurcr d'kw Û^^ çéite maisoQ, parce que ç^lui^

a m^m ^t wm mfunt d^Abrabaip. ^

Ce s^lpt ^(ait une réintégration, lâsw ^Rr nullité I ^ pépl^eiir» ^ pp pytilipaip an d#^rs de la société, qu'il va |p reley^r aui^ y^¥ des |)ppiq9^ #i b f^jrp r§Rtr^ dan« U grande fai^ille, ^ car laUm^i ^at ly^nfif^fit, a

Réhabiliter toutes les conditîpfiiliy (^ire rei* i;qfçu) ter toutes les chargea i'eitiiQepMbiJque, eff^p^r d'entre ie^ boriiri^eft cm» -di^tipciîpBS 4'ét9t et de naissance qiii les divisant, vojl^ toute la mission du Christ.

« Orléiiqs, ditaijlf^ursrflyapgile, ^laptalié

? mm%t 4»m N mmm (li M^thi^ii» >i y ¥»At

« plusieurs publicains et pécheurs manger ff avec Jésus et ses disciples.

« Les pharisiens s'en étant aperçus dirent te. àsesdisciples : Pourquoi votre maître mangeir t«il avec les publicains et les pécheurs?

« Jésus leur répondit : Je ne suis pas venu ft appeler les justes, mais les pécheurs ;

c( Car je suis venu sauver ce qui avait péri. »

11 y avait en effet, avant la venue du Christ, toute une grande portion de l'humanité qui était morte,

L'esclave, le pauvre, le publicain, la pécheresse ne prenaient à la vie que ses misères ou ses affronts; ils avaient péri à tout le reste, à l'estime, à la fortune, aux honneurs, à tout, en un mot, ce qui vaut la peine de vivre.

On peut dire qu'une grande moitié de la société n'existait pas perierat.

Le pauvre et la prostituée sont encore chei nous dans ce même état de mort civile et de dépérissement.

Or, cependant, Jésus-Christ est venu ressusciter ce qui était mort, et appeler les pécheurs, les proscrits, les anathèmes à entrer en com« munion avec les justes.

C'est pour cela qu'il traînait à sa suite toute cette famille de p^clus^ de gueux, depécheurs»

de débauchéSy de lépreux, de publioains mangeants et buvants.

11 voulait faire entrer toute cette bande à sa suite dans le nouveau royaume.

C'était là son œuvre et son peuple dé prédilection ; car, voulant faire entendre à Jean et à ses disciples qu'il était le Christ, Jésus ne trouve pas de meilleur argument que]celui-ci :

« Allez rapporter à Jean ce que vous avez a ouï et ce que vous avez vu,

« Que les aveugles voient, les boiteux mar- <r chent, les lépreux sont guéris, les sourds ena tendent, les morts ressuscitent, et que fÉff vangile est prêché aux pauvres. »

Ceci est en effet un témoignage au-dessus même des miracles; oui, le Christ est venu du moment que le pauvre a reçu la bonne nouvelle de sa délivrance ;

£t comme Je Sauveur sait que cette œuvre de l'élévation du pauvre, du petit, du faible, de l'humilié, du pécheur rencontrera une vive opposition dans l'ancienne société, il ajoute :

a Bienheureux celui à qui je ne serai point c un sujet de scandale ! ^

Rien en effet de plus scandalisant pour les oreilles des riches que la doctrine du Christ, Q\ yoilà pourquoi ils avarient sans cesse, en Tét

6QMMi|l> le Matphtmft à It ix>uebe ou la pierre à la main.

L*JB;Yaiigi)#iiQa9 dit cepeadant que j^luaietirs même d'entre (es (Ifineipaux des Juifs Ofureiit en lui; maiSi è $auâe des pharisiens , ils ne le confesaalô^Mriiasvide^eur d*èlre chassés de la synagogue.

<{ C$r ils aî8»èvepil plus, ajoute le texte, « la gioif e 1^ honsmes <|ue la gkôre de a Dieu. »

D'od il suit 4m'U y a^ait de la bonie, aux yeux des Juifs» i se déclarer pour ce ahef de la pofu^ce qui puétei^dait détruire les préro^ gatives des gcaadi^*

Qu'est-rce «kis fui çomfismlt lésus-Obrtst devant les bonupes?

Un mendiant des rues, pauvre aveugle au* quel le Sauveur avuil auvert les yeux, une Juive nooi^iné^ Madeleine qui avait £ah com^ Ti^erce de son c^rp^ uo^ Samaritaine débau-* cbôe» des lépreux, des démoniaques, des infirmes, des pauvi^eSi des vagabonds, ea uaoM'yt lOMS ^j^>;i (^i spel^raient, tous eeux que le vieux monde nvait rejetés et qui, oofaKie la Si^aiûtai^e A^ W^^y attendaient dane les ^Airâii^ 4^. eœiK we rélt^bUiiatiom.

« blira toutes choses. »

m JéflWI Imî répondit : « U <9^( vimu ^ »

£^t v^^ pour réli2it»iliMjp le^ {huiyma et tel péeM»!^, Jé$4jMîhriiS( pi^wâ fuif Iih tMm

Il vH 4e leur vie et se fa4l ^aUièiM nme eus ppttr \^ ^^s^K a^y^c lui,

{I fiê^çtmi à ^u^ et pocepi^ kmr felAmei ^ux yeux du fn0i|<(ie pour mieu\ lev^r de d^s^ualeur ffout le sp^ii de la réprol^aiion*

II est si pauvre qu*il o*d pa9 lA^ioe i>a d^mj;^ &içlQ pour aequittejr Timp^t p^r^onneW e$ q^ 'îi ^vQJi(^ Pi^rç le. Qt^eifcl^er dans la guei#4'4i!^ poisson.

« Allez-vous-en en mer, lui dit-il, jetez un

iQontera : vous M ^WimÈmfkmk\S^bmAtkm

sicle, prenei-le, et lear donnez pour moi et pour vous ■. »

Si le Christ eût vécu de nos jours et dans notre société, il n*aurail joui d'aucun droit politique; car, ne possédant rien, il n'aurait pas payé le cens.

Cette voix qui a changé le monde n'aurait pas pu se faire entendre à la tribune!

Ce Dieu homme devant lequel rhumanité se prosterne avec amour aurait été relégué»

comme fils d'ouvrier et comme ne payant pas d'impositions, parmi l'obscure canaille î

Dans notre société il eût été traîné par deux gendarmes devant un tribunal de police correctionnelle et condamné pour délit de vagabondage, car le fils de Dieu n'avait pas de gite et passait la nuit en plein air sur une montagne.

Au reste, cet état de pauvreté et de dénuement se liait à l'idée que Jésus-Christ se faisait d'un prophète, c'est-à-dire d'un homme qui veut éclairer le peuple.

a Jésus dit, au sujet de Jean : Qu'ôtes-vous allé voir dans le désert? un roseau agité par le vent!

I Jé^tu entend dire par-là à son disciple qu'ayant pris un pcdsson 4aD8 la mer il le v^ra un sic^e.

c Mais qu'ètes-vous allé voir? un homme vêtu de drap précieux ! C'est chez les rois que se trouvent les personnes vêtues de la sorte.

« Mais qu'êtes-vous allé voir? un prophète, ouiy je vous le dis, et plus qu'un prophète. »

Oui y Jean était un prophète, car c'était un homme du peuple grossièrement vêtu d'un habit de poil de chameau , avec une ceinture de cuir sur les reins, qui prêchait et annonçait un grand changement dans le monde.

Non-seulement Jésus subit comme lui les mitôres de la classe pauvre, mais il s'associe encore au blâme et aux affronts qui pesaient de son temps sur les classes réprouvées.

Quand il mange, c'est avec des pécheurs; quand il boit, c'est avec toute sorte de gens déréglés qui font murmurer les pas^ sants.

Les femmes qui le touchent sont des femmes débauchées dont se scandalisent les pharisiens.

« Or il y avait dans la ville une femme pé- « cheresse qui, ayant su qu'il mangeait chez a le pharisien, apporta un vase d'albâtre c plein d'un baume odoriférant;

« Et, se tenant derrière lui prosternée à ses K pieds, elle les arrosait de ses larmes, les

€ essuyait d6 ses cheveux, les baisait et les « parfumait du baume.

« Le pharisien qui Tavait invité, voyant ce « qu^elle faisait» dit en lui-même : Si cet « homme était prophète, il saurait qui est « cette femme qui le touche et qu'elle e$t pé- « cheresse*

c Alors Jésus, prenant la parole, lui dit : $i- « mon, j*ai quelque chose à vou^dire... Il récc pondit : Maître, dites...

« Un créancier avait deux débiteurs : Tun « qui devait cinq deniers, et Tautre çin- « quante.

a Ni l'un ni Tautre n'ayant de quoi le payer <r il leur remit à tous deux ce qu'ils \i$i dece vaient : lequel des deux donc l'aimera le « plus?

« Simon lui répondit : Je crois que ce sera «c celui auqdel il a été le plus remis. Et Jésus «lui dit : Vous ayez bien jugé.

(c Alors, se tournant vers la femme, il dit à a Simon : Voyez-vous bien cette femme? Je « suis venu dans votre maison, vous ne m'avez « point donné d'eau pour mes pieds, et elle, au (( contraire, m'a arrosé les pieds de ses larmes «t et les a essuyas de ses cheveux.

tf Vatis ho m'avez point donné de baisers»

« et elle, depuis qu'elle est entrée » n*a cessé « de baisers mes pieds.

« Vous D*a¥e2 point tcrsé d'huile sur ma f tête, et elle a répandu des parfums sur mes « pieds.

« C'est pourquoi je vous déclare que beau- « coup de péchés lui seront remis, parce « qu'elle a beaucoup aimé; celai auquel on <( remet moins aime moins.

« Lui parlant à elle il lui dit : Vos péebés « vous sont remis.

« Et Jésus dit encore : Votre foi vous a i'eiidu <c libre; allez en paix! »

Soeurs de Madeleine la prosiit4iée , pauvres filles à genoux, pécheresses en guerre avec te monde, au nom du Christ, relevez- vous et allez en paix :

Vos péchés vous sont remis !

Lé grand sceau d'infamie imprimé à voire front par la main du vieux monde est brisé.

Fiilef du peuple, vous êtes pardonnées! pauvres esclaves de Thomme, vous serez libres!

11 vous sera beaucoup reniis, iaeé sœurs, parce que vous avez beaucoup souffert et beaucoup aimé!

Celui qui conserve Tamour daps son cœûif con$?rve Dieu»

Cette rémission des péchés était pour les Juifs le grand sujet de scandale et la pierre d'achoppement.

cr Ceux qui étaient à table avec lui commeh- « cèrent à dire en eux-mêmes : Qui est celui « tpA remet même les péchés? »

Suivant les Juifs, le péché, qui était le mal^ laissait sur ses enl^nts un caractère incffa^ cable.

Nous ne devons pas nous en étonner, pùiâ* que, dix-huit siècles plus tard, nous retrou votiâ encore dand notre société cette même rigueui' in&exible«

Nous avons, Comttie les Juii^, uos tnaudlts et noh maudites >.hous avons nos forçats et nosi prostituées.

Ces pécheurs et ces pécheresses à pùrpêttdié se traînent avec des §c1nglots où dés nlcnaçc9 autour dç la société impitoyable*

Or Jésus est venu remettre à ceux qui doi* vent, il est venu délier ce qui était lié, il est venu dire à tous ces pécheurs atteints de mort civile : « Mes fils, prenez confiance, vos pé- « chés "vous sont pardonnes, con/M^^ fiU, re- « mUtunkir tUd peccata tua. »

Cette œuvre de rémission et de miséricorde est la grande œuvre sociale du Christ.

Les pécheurs, les maudits, les réprouvés du vieux monde sont ses enfants de prédilection; il mange avec eux; à eux ses plus douces paroles et ses plus tendres caresses.

C'est pour ces enfants prodigues qu*il veut qu'on tue le veau gras, c'est pour ces- brebis perdues qu'il a des Joies et des amours de pas* leur*

t Ya-tMl quelqu'un d'entre vous, dlt-il atix « Juifs, qui, ayant cent brebis, dont une s'est ir égarée, ne laisse pas les qUatre-Vingt-dIX» « neuf dans le désert pour aller chercher « celle qui s'est perdue jusqu'à ce qu'il Paît •r trouvée?

c Et, s'il l'a trouve, ne la rapporte-t-il pas « sur ses épaules avec joie?

<i Et, étant arrivé dans sa maison, n'as« fr semble-t-il pas ses amis et ses voisins pour « leur dire : Réjowisscz-vous avec moi, parc^

« que j'ai trouYé ma brebis qui s'éttit jM^dtnff» Il leur dit encore : « Un hdmnie av«it detn

(C fiU.

« Le f^lus jeune des deux dit à sen père :

« Mon' père, donnez-nioi Ce qut doit me revè^ « nir de votre bien... Ei le père leur fit ^e par-^ <( tage de son bien.

f( Peu de jours après, le plus jeune des decit « enfants ayant ramassé tout ce (fu'il^avtfit, s'eà (c alla dans un pays étranger fort éloigné où « il dissipa tout son bien en débauches.

(T Après qu'il eut tout dépensé il survim a une grande famine en ce pays-là, et îHt cetnî-^ « mença.à tomber en nécessité.

« 11 s'en alla donc et s'attacha au service

(( d'un des habitants du pays qui l'envoya « dans sa maison des champs pour y garder les « pourceaux.

«rEt là il eût été bien aise de remplir son « ventre des écosses que les pourceaux man- « geaîeni : mais personne ne voulait lui en « donner.

<K Enfin, étant rentré en lui-même, il dit :

« Combien y a-t-il chez mon père de serviteurs ff à gages qui ont plus de pain qu'il ne leur en « faut! et moi je meurs ici de faim !

f Je partirai, et j'irai à mon père, et je lui

« dirai : ffdre» i*ai péché contre 1« ciel et contre

ff TOUS»

<{ Et je ne suis plus digne d'être appelé yo- « tjre fils; traitez-moi com«e Tun des servi- « teorsqui sontà vos gages.

« Il partît dpnc et vint .trouver son père.

« Lorsqu'il était encore bien loin , son père a Taperçut et en fut touché de compassion, (c et» courant à lui , il se jeta à son cou et le fc baisa.

« $on fiUlui dit : Père, j'ai péché contre le « Giel et contre vous, et je ne suis pas digne a d*être appelé votre fils.

« Alors^le père dit à ses serviteurs : A|>portez a promptement la plus t^ile robe et i-en re- ^ vêtez» et mettez-lui un anneau au doigt et ce des souliers à ses pieds.

«amenez aussi le ve^ui gras et le loez.

« yange^ps et faisons bonne chère ,

« Parce que mon fils que voici était mort « et il est ressuscité, il était perdu et il est re- (( trouvé. £t ils firent festin. »

Brebis égarées,

Pauvres enfants prqdigues de la société, vous qui vivez en servitude dans les plaisirs de la débauche.

Vous qui tombez ensuite, par suite de vos

excès, dans une misère et unedomesticité bon-

teuseSy vous qui manquez de pain et qui avez faim»

Mes frères et mes sœure, prenez courage!

Brebis y revenez au bercail! car Christ » le pasteur, vous y a préparé de gras pâturages.

Enfants prodigues, revenez à la maison, car Christ, le père de famille de la société, vous y prépare une robe neuve, un anneau d*or et une place au banquet.

Gueux, chenapants, sans -culottes, bohémiens et prostituées, proscrits et proscrites do la société, ayez bon espoir!

Le temps de votre rentrée dans TËtat et de votre conversion approche.

Vous avez péché, mai^ revenez et repentezvous ,

Et l'État reconstitué vous dira : Mes lils et mes filles! et il çautera à votre cou et il vous baisera du baiser de paix. '

Non-seulement Jésus déclare» contre le sentiment des Juifs» le péché rémissible» nonseulement il veut faire rentrer la brebis perdue au bercail et l'enfant prodigue au banquet de famille » mais encore il nous enseigne que ces brebis et ces enfants égarés sont ceux dont la société doit tenir le plus de compte;

£t la raison en est simple : c'est qu'ils ont plus souffert.

Écoutons la fin de la parabole :

« Cependant son fils aine, qui était dans les < champs» revint» et lorsqu'il fut proche de «r la maison il entendit le bruit de la musique « et de la danse.

« Il appela donc un des serviteurs et l\\\ « demanda ce que c'était.

« Le serviteur lui répondit : C'est que votre « frère est revenu, et voire père a tué le veau « gras, parce qu'il le revoit en santé.

« Ce qui, l'ayant mis en colère, il ne voulait « pas entrer; mais son père étant sorti com- « mençail à l'en prier.

c( Sur quoi, prenant la parole, il dit à son « père : Yoilà déjà tant d'années que je vous* a sers» et je ne vous ai jamais désobéi en rien a de ce que vous m'avez commandé, et ce- ^ pendant vous ne ip'avez jamais donné qn

« pfiQYfeau pouf me réjQuir ^y^c jû^^ ^^;

« Mais aussitôt que votre autre fî|Sy q^iji a « mangé son bien avec des femme^ perd^ei^ , c( est revenu, vous avez tué pour lui le v^u et |[ras.

a Alors le père lui dit : Mon £11$ » VQ^3 ôtfi9 <c toujours avec moi et tout ce que j'a^ ^^t ^ « vous.

<( Mais il fallait faire festin et qoi^s réjoifir (( parce que votre frère que ycici était mort, « et il est ressuciié; il était perdu, et ilestre- « trouvé. »

Ne vous indignez donc plus, frères et soçturs égoïstes qui criez à l'injustice et au scançlale toutes les fois que nous vouions réhabiliter dans Tordre civil ce qui est injustement prQscrit, ressusciter dans TÉtat ce qui est mort;

Ne murmurez plus quand nous voulons faire asseoir le fils ou la fille prodigue à vos tables ;

Ne restez pas en dehors de la porte, et ne regardez pas avec impatience Téclat de cette grande fêle que nous voulons donner à Thumanité souffrante et perdue,

Car, eu vérité, je vous le dis, le travail et les égarements de ces enfants étaient nécessaire^.

11 fallait qu'ils sprtis^ent du giron de 1^ sor

dureiQ^t l^yrs destinées.

Le ipal est rinitiatîon au bien.

Ils ont souffert de la faim, de- la servitude et delà mis.ère, désirant emplir leur ventre des Ij^l^s qu'on jetait aux pourceaux, et la société les leur a refusés.

Tandis que vo[us, tranqiiillement assis au tWilIQP^t p^ occupés aux travaux de la mai- SQii, vous jquissiez de tous les biens, réputation, fortune, liberté; .

Et maintenant [il faut les fêter et se r^ jpiiîr, fi tuer le veau gras pour eux, et faire couler le vin; car, en revenant de le^r p^rfe et en ressuscitant de leur mort, ils sauveront un jour, avec eux, l'humanité.

Le monde n'avance ni ne se réforme jamais par les mains des justes qui restent oisifs dans le bien.

Mais au contraire par Tagitation et le mouvement de ces natures prodigues qui s'en vont au loin dissipant leurs forces en excès et en débauches,

Puis qui, tombées ensuite dans les rigueurs de la misère, refont, dans leur personne et à leurs dépens, l'éducation du genre humain.

Initiation terrible sur laquelle la société

jette encore de nos jours ses chaînes de fer, ses mépris, ses violences , ses anathèmes!

Initiation de l'hérétique et du révolution*naire, du prolétaireet du paria, dupauvreet de resclaveî

A ceux-là donc, quand ils rentreront dans rÉtat, les robes blanches, les souliers neufs et les meilleurs mets au festin!

Car, comme le dit encore Jésus , dans le royaume de Dieu, c*est-à'dire dans la société humaine reconstituée, les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers;

Ceux qui occupaient le haut de la table tien* dront alors le bout opposé.

Ceux qui s'eniôtent, contre toute raison, a voir dans ces mots de royaume de Dieu un autre sens que celui que nous lui avons donné et qui l'entendent de la tin des temps fpnt mentir Jésus-Christ ,

Car Jésus -Christ disait à ceux qui Técoutaient :

<i Je vous dis, en vérité, qu'entre ceux qui sont ici il y en a quelques-uns qui ne mourront point qu'ils n'aient vu venir le Fils de l'homme dans son règne. »

Or voici bientôt dix-neuf siècles de cela»

tous les Juifs du temps de Jésus sont morts , et la fin des temps n'est pas venue.

Jésus prétendait donc uniquement annonce r que quelques-uns de ses auditeurs verraient les commencements d'une société confornoe aux idées de l'Évangile.

Cette société que les Juifs contemporains du Christ ont vue est l'Église primitive.

Or l'Église est, comme nous le démontrerons dans la suite, la matrice de la grande société humaine.

Dans un autre endroit Jésus, pour faire encore bien comprendreque ce royaume de Di^u était de ces temps-ci et de ce monde^ dit ai|X grande des ^uifs :

— ÏO —

« 1» vous déclare qaq le royaume de iHen Vous sera ôfé et qu'il sera donné m peuple qui en produira les f/ruits. »

Ce que les chefs et les pharisiens» aj<H|le le même évangéliste, ne manquèrent pas de s'attribuer.

En effet, ce royaume nouveau n'était poipt pqur eux.

Le royaume dont parle Jésus-Christ n'est point pour les riches» car la propriété n'y sera pas admise.

Nous avons déjà r^^conté l'histoire de ce riche qui avait voulu s'a| tacher à Jésus-Gbn^jt» et qui s'en alla tput triste parce que le S^uyei^r lu^ avait ordonné 4e vendre ses possessions et d'en distribnejT le pri^c ai||c paiiyres.

Plusieurs iiqn^meç, 4e nos jpurs^ PPf?&S|és p^ir le cri de leur conscience» s'apprqch^i^t ^ipsi des révolutions» m^is i|s s'en retirent |f)i^nt6t tristes et mlin^idés» parce qu'ils pos§è4ei^t 4^ j(rapds biens.

a II est p)iis difi^cile» dit à ce prQPp3 iéf^v^^- Christ, à un câble d'entrer dap^ le troH 4-<in^^ ^gi|ill^ qi^'l }in r|q{ie d'i^ntrer dans lerQ]f(||}meN

Le fpyaiinf^^ dji^t parle Jéjiu^-phirist n'pst j^ non plus pour les grands, c^r i'pTgHfljï 81 T^R-

cienne distinction du rang n'y seront pas re« çnes.

Cenx qui tiennent maintenant le premier rang occuperont alord le dernier de tous.

Le royaume dont parle Jésus-Gbrist n'est pas non plus pour les scribes ni les docteurs ni les prêtres, qui veulent faire peser leurs ofjIMSofiéi èor la multitude, car l'esclavage de riétêfHgehce y sera abolie.

tf Sf totte Id^tice, dit Jédus-Gb^iSt, n^est paâ «r plus gratide que celfe dès scribes et dés « dtocteurs de la toi vous n'eAtrerei^ pa'S dans « fe toyatttM de Dieu. »

Quels sont donc ceux alors qui entreront les premiors dans ce royauftfé, dans cette tevfe promise sociale queJféâili»-Chr7èt est venu annoncer au monde?

Ge seront les pécheurs., les publicaîns, les pattTres, les femmes de mauvaise vie,

Tous ceux et celles qui auront traversé duremeàf et la sueur au front pendant des siècles le désert aride de notre société.

« Je vous déclare, en vérité, disait-il dans « le temple aux chefs des prêtres et aux an* c( cîeiïs dtt peuple, que les publicains et lès « femmes débauchées vous devanceront dam « If roy««mède Dieu. >»

'^^ro'

Cette tendresse de Jésus pour les publicains et les femmes de mauvaise vie, les pécheurs et les pécheresses, les proscrits et les proscrites se montre à chaque instant dans rËvangile.

^Tantôt Jésus les oppose aux pharisiens et aux grands de la nation en leur donnant la préférence :

« Deux hommes montèrent au temple pour « y faire leur prière iTun était pharisieni Tau* « tre publicaln.

« Le pharisien^ se tenant debout^ priait ainsi « dans son cœur 2 Je te rends grâce. Dieu ^ de « ce que je ne suis pas comme le reste des « hommes, qui sont voleurs 9 injustes, adul-» « tères, ni même comme ce publicain que voici*

« Je jeûne deux fois la semaine, je donne « la dîme de tout ce que je possède.

€ Le publicain, au contraire, se tenant fort c au loin, n'osait pas seulement lever les yeux t( au ciel, mais il frapps^it sa poitrine en ài^

« sant : Mon Dieu^ ayez pitié de moi pécheur! « Je vous déclare que celui-ci s'en retourna « chez lui justifié, et non pas l'autre; car qui- « conque s'élève sera abaissé , et quiconque « s'abaisse sera élevé. »

Jésus-Christ attaque ici une aristocratie que personne n'avaFt encore songé à combattre, l'aristocratie delà conscience;

L'aristocratie, par exemple de la femme, qui, se croyant honnête, méprise la fille de mauvaise vie.

t II dit cette parabole» remarque l^Évangile f « pour quelques-uns qui mettaient leur con« « fiance en eux-mêmes comme étant Justes le et qui méprisaient U$ autres honmies* n

Or c'est précisément ce que Jésus est venu faire que de relever du mépris ceux qui y étaient tombés.

D'autres fois Jésus humilie les scribes et les docteurs en relevant au-dessus d'eux les plus coupables ou les plus abaissés.

* « Jean étant venu vers vous, leur disait-il, k dans la voie de la justice, vous ne l'avez pas ti cru, et les publicains et les femmes débautt chées l'ont cru I Mais vous , les voyant con- «( vertis, vous ne les avez pas imités ni vous

« né vous ête9 pas portés à croire Jeau. a

Rien de surprenant à ce que ces proscrits et ces proscrites de l'ancienne société se soient rangés les premiers sous une doctrine qui prêchai t la réforme et le renouvellement dû monde.

C'est toujours par la partie souffrante de la société qu'entrent et pénètrent d*abord les grands progrès.

Courage donc et consolation à vous , pécheurs et pécheresses ! vous qui, à votre insu, subissea. dans les larmes et souvent dans )e crime le grand labeur humain, vous êtes les fils et les filles .de la régénération !

Vott»êtes, comme dit Ghrisic, le grain de ftoment tombé en terre; vous germez dans la pourriture un germe de vie.

Si le grain de froment n'était tombé en terre el s'il n'avait pourri, nous n'aurions pas eu après l'hiver l'épi mûr et gonflé.

Hais par ce que vous êtes tombés à terre sur ]% fumier de l'indigence et que vous y avez pourri, nous aurons le fruit de la misère qui est le partage, le fruit du désordre et de H 9enr|ittd« qui 03t la liberté.

«( £n ce temps -*là » dit rÉvangile, Jésusce Christ commença à prêcher la pénitence elle (T royaume de Dieu. »

Qu'est-ce que celte pénitence » sinonr la réforme de l'ancienne société et le commencement d'un royaume nouveau qui sera celui de Dieu, car Dieu est là où se trouvent la liberté et la justice?

Or Jésus n'est point révolutionnaireàdemi ; il ne veut pas seulement introduire dans l'an*' cien monde des améliorations et des progrès.

Non, il veut le détruire de fond en comble ;

11 veut déraciner toute l'ancienne végétation de la société pour faire une plantation entièrement nouvelle.

<( Tout arbre y dit-il y qui n'a pas été planté (T par mon Père céleste sera arraché. »

Il ne restera rien de la société telle qu'elle est constituée. Et, en effet, qu'en pourrait*ii

rester? car elle est en contradiction sur tous les points avec TÉvangile.

Votre société dit au pécheur et à la pécheresse : Ânathême!

Jésbs-Ghrist dit : Miséricorde.

Votre société dit au peuple, par la bouche des gouvernements : Soumission !

Jésus-Christ dit : Soulevez-vous !

votre société dit aux petits : Honneur aux grands!

Jésus-Christ dit : Les grands seront abaissés et les petits seront élevés.

Votre société dit au coupable par la voix des tribunaux : Justice!

Jésus -Christ lui dit : Vos péchés vous sont remis !

Votre société dit : Heureux les riches!

Jésus-Christ dit : Heureux les pauvres!

Votre société dit aux révolutionnaires: Calmez-vous !

Jésus-Christ leur dit : Je suis venu apporter le feu et je veux qu'il s'allume !

Votre société dit à ses sergents : Désarmez ïe peuple !

Jésus-Ohrist dit au peuple : Vendez votre blouse et achetez une épée!

Vous voyez donc bien que votre société ne

peat durer en présence deTÉvangile et qu'elle sera arrachée comme un arbre mort et jetée au feu.

^Qm>

Qu'est-ce alors qui la remplacera?

Écoutez :

« Le royaume de Dieu est semblable à un « homme qui, mariant son fils»

« Envoya ses serviteurs pour appeler aux a noces ceux qui y étaient invités, mais ils n'y f( voulurent pas venir.

a 11 leur envoya de nouveau d'autres servi* « teurs pour leur dire : J'ai fait apprêter mon (c dîner; l'on a tué les bœufs et tout ce que j'aa vais fait engraisser; tout est prêt, venez aux a noces.

« Mais , ne s'en mettant point en peine, ils (c s'en allèrent un dans sa terre, un autre à « son commerce,

• (C Le serviteur, s'en étant retourné, rapporta a toutes ces choses à son maître. Alors le père <( de famille, se fâchant, dit à son serviteur :

te Allez promptemant dans les placesletdaosle» « rues de laville, et faites venir ici les paavres, a les estropiés y les aveugles et les boiteux.

« Les serviteurs étant allés dans les grands <( chemins, assemblèrent tous ceux qu'ils trouer vèrent bons et mauvais.

« Alors le maître dit aux çerviteurs : Allez a dans les chemins et le long des haies, et preste sez ceux que vous trouverez d'entjrer, afin (( que ma maison soit remplie.

(( Alors je vous déclare qû*aucun de ces htoi- <( mes qui ont été conviés n'aura part à mon « souper! »

Que celui qui a des yeux voie, et que celui qui a des oreilles entende.

Jtésus vient denousaonner la grande réponse à. cette question : Qu'est-ce qui ireniptàcera les invités et les convives actuels de là société?

Ce seront des pauvres, des infirmes, dés délaissés , àeè boas et des inativim, toutes èories de gens ramassés dans les carrefours ou au coiii dés rues, tous ceux, en un mbt, 4ûe la vieille société oubliait et qu'elle n'avait point invités à son festin.

À cëù:^-)a niàîntéhànt les bonheurs èl )es piâceé dii Mnquét de ia fjciàù^^ maison.

A ceux-là les bœufs gras , les sièges ^t les préparatifs du festin.

A ceux-là les caresses et les prédilections du père dé famille, car ils sont les enfants de la souffrance.

Trop longtemps ils ont erré nus pieds au bord d^ haies et le long des grands chemins ;

Trop longtemps ils ont traîné leur misère vagabonde autour des villes ou dans les rue^;

il est juste qu'ils s'asseoient maintenant éc qu'ils festinent ;

Car après la douleur vient la joie , après la pourriture du grain le brin d'herbe véirte, api^s la grossesse l'enfantement.

'f&xsè^ S

En ce temps-là Jésus-Ghriât dit étidôré une autre parabole :

c( Il y avait un homme riche qui ëtâït ié\Û K de pourpre et de lin et qui se traitait splen» ic diment tôiis leè putà.

' <K ii y avait aus$i un pmtè hômàé Utàitbi

<^ couché à la porte de ce riche, tout plein d'ul« ff cèreSy

« Qui eût bien voulu se rassasier des miettes c( qui tombaient de la table du riche> mais per- << sonne ne lui en donnait, et les chiens ve« <r naient lécher ses ulcères.

« II arriva que ce pauvre mourut et qu'il fut « porté par les anges dans le sein d'Abraham. <c Le riche mourut aussi , et il fut enseveli tf dans l'enfer.

<c Lorsqu'il était dans les tourments il leva <i les yeux, et il vit de loin Abraham et Lazare « dans son sein,

« Et s'écriant, il dit : Père Abraham, ayez « pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu'il <( trempe le bout de son doigt dans l'eau pour <c me rafraîchir la langue, car je souffre dans « cette flamme !

« Abraham lui dit: Mon fils, souvenez-vous « que vous avez reçu vos biens pendant votre c< vie, et que Lazare n'y a eu que des maux-, te maintenant il est consolé, et vous êtes tourte mente. »

Quel est le but de cette parabole , sinon de promettre auxsouffraucQ$ du pauvre uneqom-* pensation?

Cette compensation Jésus la place d'abord dans le ciel après la mort.

Peuple! nous ne venons pas détruire ta foi en un monde meilleur fait exprès pour toi et dans lequel tu entreras au sortir de cette terre tandis que le riche en sera exclu;

Nous venons au contraire t'y conGrmer et

t'y consolider.

Car beaucoup sont morts et mourront'avant de voir sur la terre le grand jour de la justice ;

il est donc bon qu'ils reçoivent ailleurs une

consolation à leurs maux.

Quelques docteurs, dans ces derniers temps, ont inhum^ainement ébranlé les croyances du pauvre :

Malheur à eux !

Ils ont ôté la foi au peuple, et ils ne lui ont pas donné le bonheur ;

Ils ont enlevé au pauvre l'espérance du ciel, et ils lui ont abandonné la terre avec toute ses misères;

Ils ont retiré le paradis de la hotte du chif« fonnier, et ils y ont laissé les chiSbns.

C'est précisément le contraire qu'il fallait faire.

U était bon de rendre le peuple heureux ,

mais il n'était pas nécessaire pour cela de le faire athée.

Sans ôter la foi au pauvre on pouvait lui rendre ce monde«ci meilleur.

Il fallait retirer les ordures de la hotte trop lourde du chiffonnier et y laisser respérance du ciel.

L'espérance en un Dieu juste et ami du pauvre est comme une main invisible qui soulage et allège bien des fardeaux.

Toutefois» comme nous avons vu ailleurs que l'annonce du royaume de Dieu contient un double sens, présent et futur, cette parabole a également deux issues; elle touchia à la fois aux temps et à l'éternité.

Cette compensation,- par laquelle « celui qui (( aura reçu des biens recevra des maui^ etce- « lui qui est dans les tourments sera consolé, » aura lieu un jour dès ce monde-ci quand le monde sera reconstitué selon l'Évangile ;

Et Dieu alors se réjouira et sera sanctifié, car il ne peut pas avoir de plus grande Joie que de voir la terre se refaire à l'image du ciel.

Alors Lazare, rongé d'ulcères et affamé' des miettes de pain qui tombent sous In table- du richej sera élevé dans lesein du Père defamiiie,

AMt te riche soiiftrtra et e^gilMa dene les fcimmefi de sa cefère-

« 6ar, eemme ledii l^Évangile, maintenant « ei dès ce tenpsK}!, tnmc ei àt Mptpor^ Am, pluf soeurs de ceux qpi étaient à la queye vien* « diont à la tète, r»

De la part de Jésus, mon maître, bon espcir al OQjpiaolation à vous, 6 Laïaies, gies frètes !

Bon ^ffiitet consolation à vous, petits mendiantsqui, couchés à la porte des riclies, pleins éa Termina et de plaies, êtes léchés par les chiens !

Bon espoir et consoJtation à vous tous qui SMSrei^de la £aim, de la pluie et du vent aux saarçhes des palais!

Bon espoiret consolation àvooâ tous qui êtes pauyi'es!

Si vous vivez vous verrez la pandi^ régénération humaine qui repaiera et récompensent tous vos maux ; -^ si vous mour^ vous aurez le ciel !

En ces jours^à un grand nombre de peu* pie de Galilée, de Decapolis» de Jérusalem»

de Judée et de delàuiu Jourdain suivait Jésus.

Voyant ce peuple il monta sur une montagne, où s'étant assis et ayant jeté un regard compatissant sur toutes les misères qui Tentouraient y

Car un grand nombre d^entre ceux qui le suivaient étaient malades et presque tous étaient pauvres ,

11 ouvrit la bouche et tes enseigua en di»

lant t

« Bienheureux les pauvres I »

Étrange parole» et qui dut psirattre eiicore bien plus singulière dans un monde de patrie cîeiis, dans une société de princes des prêtres, de pharisiens et de docteurs, dans un temps où le pauvre était à peine un homme!

Bonne nouvelle donc à vous, pauvres^ mendiants, prolétaires, à vous tous qui luttez^ la sueur au front, contre los dures nécessités de la vie, parce que pour vous est le royaume nouveau établi de Dieu !

«c Bienheureux ceux qui sont doux ^ parce tt qu'il* posséderont la terre!

<( Bienheureux les pacifiques, parce qu*ils

« seront appelés enfants de Pîqu ! ^>

Jésus entend relever ici cette partie douce et faible de Thumïmité que Tancienne Écriture représente dans AbeL

Or Jésus lui annonce bonheur, parce que^ le jour de la régénération étant venu » cette portion femelle et esclave de rbumanité abattue sous les coups de Gain se relèvera.

Alors le règne de la force et de la Violence •yant disparu, elle possédera la terre que nous kabitons»

De par Jésus i mon maître »

Bonne nouvelle à vous, douces vierges ecur« bées sous la verge de fer de la famille et de là société t

fionnë nouvelle à vous» femmes foibtes et

suaves inclinées ^ous le joug du mariage!

Bonne nouvelle à vous toutes, natures tefl»

dres et pacifictues que le monde ploie lourde^ ment sous son fardeau !

Car un jour vous posséderezen héritage cette même terre témoin de votre servitude; vous iserez reçues alors dans la grande famille en qualité d'enfants de Dieu et non d'esclaves!

« Bienheureux sont ceux qui pleurent, car ft ils seront consolés !» ' '

Bonne nouvelle à vous tous qui êtes tristes d'unç grande tristçsç^! Ayez patience, car le

Le beau jour de lacKKia^lNIi^ni af^svoehe» ^ j^ ^ iifgvw|.di»it ^MîMei delà çliafité sur

t BiiWPl M W i wi» owiri|«icttA faim, wtîi§

«(Seromf99li|f4éiU

£i^ iaeL^V99^t 4i^ lin. iàm ^die in 9Qi|^ car ym jour vous irez partager le morceau ^% 9^ii|.4l la coupe dans leag^ii^l d^ri^f !

Bonne nouvelle à vous qui n'écrasef fA^.^

immêV^Hr ^ W iW^n?^ft** ^ dexonr^^ inflexi^)^. Kîjjt^a? la, j^^top CQm^ble ovl soi^^-

ni anathême à la pros^itM^, .

% Çjlçi^ureux Q^fl^ q^i p^ 1^ o^ui^ pur,

Çoi^ noui{^ I vçga qiû f^se* n^^i^ cç^

DAp«^, i^r %IJÇ^^ <^ ^Wigç; d'iJÛ^ité qui s'abaisse et le voile tr^oani^eiM da ^ iipi?<é^ P^I9 9^ l^?(ÇMti4m^ ^e spMS yof yeux

¥o6r V^Mtê eW vcftr Dira •

«Bienheureuxceuxqdiflônffirmipêrsécotioft « fCMtr hi j«ttici9» car le royaume est à ett û

Boimé «lOttvelle à vous qtit miliiez pour |î

iNMie Msse deS révoltrtions ; car lé iroyatitkie

proitiiitv ié toyaame 4a rèpoi et 4e it grande

semfttoe» est au bout de vos efbns et de vos

Gombaul A vous tous» en un mot , qui sonfiCrez» qui

combattez, qui avez faim» de la part du Christ

et du haut de la montagne, bonne nouvelle,

courage, espoir, le jour où vous serez con<»

soles n*e8t pas loin !

La douleur est Tinixiation à la joie» comme

l'esclavajse à la liberté, comme les révolutions

à la grande paix du monde.

Or^ pour établir exactement le contrastait fâtr» bien entendre ce qui devait advenir un jour, Jésus reprend :

ff Malttettr à vons^ riches» parce que vottsavez tf V<we consolaiicm !

« Malh6ur à vous qui êtes rassasiés» parce

« que TOUS aurez faim !

a Malheur à vous qui riez maintenant, parce c|)ue vous gémirez et vous pleurerez ! »

Prophétie terrible qui a déjà reçu une fois son accoihplissementmousavonsvules riches»

frappés de terreur, quitter en pleurant leurs maisons, leurs biens, leur patrie, et aller promener au loin des jours maudits, en proie au dénuement et à la faim.

Hais les riches n'ont point encore versé leur dernier pleur,

Mais ceux qui riaient n'ont point encore gémi leur dernier gémissement.

Mais ceux qui s'emplissaient et se rassasiaient de la substance du peuple n'ont point encore souffert leur dernière faim.

Car notre scfciété dit encore :

Heureux les riches !

Heureux ceux qui rient 1

Heureux ceux qui dévorent les faibles et qui s'en engraissent \

Or, comme nous l'enseigne Jésus-Christ, le royaume de Dieu ne viendra pas que toute l'Écriiure ne soit accomplie.

A ceux qui, après une révolution faite, s'arrêtent de lassitude et ne veulent plus conti-

nuer, craignant de nouveaux sacrifices et de nouvelles larmes,

Voici ce que Jésus dit :

« Quiconque ne porte pas sa croix jusqu'au ff bout et ûeme suit pasn'est pas mon disciple.

« Car qui est celui d*entre vous qui, désirant « bâtir une tour, ne s'assied premièrement a pour supputer la dépense qu'il lui faudra a faire et pour voir s'il aura de quoi l'achever,

a De peur qu'après en avoir Jeté le fondeu ment, s'il ne le pouvait achever, il ne se € rendit la risée de tout le peuple,, qui, eii le a voyant, dirait;

a Cet homme a commencé un édifice et il « ne l'a pu achever? »

Ainsi vous êtes, vous qui avez commencé rédiîice révolutionnaire et qui vous arrêtez au milieu tout hors d'haleine, n'en pouvant mais, et refusant de l'achever.

Vous serez la risée des peuples du monde qui passeront devs^nt votre œuvre et qui di« ront :

~ Voilà des hommes qui ont jeté les fonde* ments du grand édifice de l'humanité, et ils n'ont pas eu le courage d'aller jusqu'au faite!

Et les peuples de la terre se moqueront de.

yous.

ràyanimé dé biè'â èeVàU 'iimk, le&r ï^Oà'Art :

« on connaisse quand le tapiatilé Aè bftii fVi^à».

« On ne dira point : Il iéit tct, Oâ H <»t ti; <c'ck^ iiiébéi blè^ ^ tè i^aùfàt dé ^èîi. 'est « au ii^éd'a&s iè vàta§. »

t;^ë^t hHùi t^uth'ànii'é, et !iu seiÀ de (Àà^e homme en particulier, '^'ûé'^lt se dèVèi6j^|ker

A à'ébthVn^hcë t J^eàA et â ïésub-thrisi.

« La loi et les prophètes ont duré ju8lqn*& « t'IkVél^é^ôht dé hAi^ t dé]^^ U téth^s-ïà juâ- «i^'à al&ilAUirdlrai )è rosratjine âè Dieu est « èVirtigéïfiié, t)\ i^&icùh fait Vidieàcé péai y

CatM société n'existe encore qu'au dedans de quelques hommes.

Toutefois la masse fait, violence pour y par- Tenir, omms m illud vhnfacU.

C^ efforts et ces violences de chacun se manifestent, surtout depuis trente ans^parmî nous par les révolutions*

Qr Jésus nous enseigne clairement par qui seront faites ces révolutions et au profit de qui ^les tourneront.

Il nous dit que la vigne plantée et cultivée sera retirée des mains des vignerons ^i en cueillaient les gra{qpe$ et qu'elle sert donnée à d'autres,

Et comme les grands du peuple, voyant qu'il en avait à eux, s'écrièrent après avoir ouï ces choses : A Dieu ne plaise !

Jésus les regarda en face :

H La pierre que les architectes avait re- <c jetée, leur dil-il, a été mise au haut de a Tangle.

« Celui qui tombera sur cette pierre en sera <x brisé, et celui sur qui elle tombera en sera « écrasé.

(( Dès l'heure même les princes des prêtres « et les scribes cherchèrent le moyen de met- (( tre la main sur lui, car ils conçurent bien que

« cette parabole s'adressait à eux, mais ils crai- « gnirent le peuple. »

Hommes du peuple, travailleurs, prolétaires, proscrits et proscrites, vous êtes cette pierre que l'architecte de la société ancienne a rejetée.

On vous traite comme la pierre du chemin sur laquelle on marche et qu'on foule aux pieds;

Mais ayez confiance et croyez à l'Évangile :

Vous serez remis au haut de l'angle [dans la reconstruction de l'édifice social.

Vous êtes en effet la pierre angulaire et souveraine; le pouvoir qui se heurtera à vous sera brisé, et les maftressur lesquels vous tomberez, au jour de la grande secousse, seront écrasés.

Les miracles > de Jésus-Christ s'exerçaient presque tous sur les intirmés du pauvre peuple.

C'est un paralytique couché sur un grabat qui n'a pas même le moyen de payer unbomme pour le pousser dans la piscine.

* On a beaucoup ri des miracles dans le dernier siècle : mais , outre qu'il' est touiours imprudent de rejeter un témoignage écrit et admis depuis bientôt deux miUe années» nous ferons remarquer qu'on n'a produit contre eux aucune objection sérieuse.

On n'y croît pas parce qu'on n'y croit pas : ce qui n'est p9s une raison fort triomphante.

Tout en croyant à la possibilité du miracle , nous déclarons cependant ne pas attacher .à ce mot le sens que lui donnent certains théolo^ens.

Le miracle ne peut pas être un renversement des lois naturelles. Dieu lui-mâme ne peut vouloir que l'immuabilité des rapports établis dans la création. Le miracle compris comme un nouvel ordre de cfioses introduit dans le règlement des êtres ou de leurs fonctions serait absurde» il supposerait en Dieu une double volonté et une double action : or Diem est l'unité.

Qu'est-ce donc alors qae le miracle?

Le miracle est l'exercice d'une loi secrète de la nature.

De cette façon que le miracle existe pour ceux qui en sont témoins , parce qu'ils ignorent cette loi ; mais il ne saurait exister à Dieu, ordre et science universelle du monde.

Maintenant appeloiii la pratique de cette loi inconnue

^èst un âVëiigtë^é ifài defMiiradtitrMib^

là : FilÀ 4h l>ftvld» ftyèz f«(lé dd tnài !

Jésus IM Ihm U» yettt atec de la bôoe «t le guérit.

Ge aotit des lépreux r^oussés hors des villes & eanse de leur itttpvreté et t^ dehors des drèf ts coïhtiitths ^ toiis les lionltinès :

Jéëûstès tèHiodhtré %t lés guérit.

Le Christ marchait suivi d'uttè IkvftfHè dé malades» detfoitéuty dé ëôrurâà^*âiuèfs, dëftëvreuxy d'hystériques, de contrefaits : c*êlatt bien Yérittblement le oonsolatear et le médecin promis à l'humanité ^i soutfrew

Vn ceàtenf«r rayent (lérft firiér île piéfit «m sëirVitèùï iftfll «Mît, iém lamh.

llfil^t q%e 1ë t^^ que le cenieniêr tm-^mëmës^hàMiât/Màà^^ :

aui autres hommes mag^, magnétisme^ médecine tfttle le nom n'j fait rien.

Toujours est- il que celte loi sècirële et mystérieuse ddnt la nature dérobe l'Usage Au cbëithun des esprits ne se rériëie, Dieu aidant, beo volênte, qà'iux aines prîVÙégiées. !

C'est un témoignage et un signe du concours que laïHro- ?ideiiô2 prête &m œuvres de ses eafants.

Alors Jésus euf pitié du MmMMr H4«fll^ rit.

suivi d'une grande multitude.

« Lorsqu'il fut près des portes de la ville « it se rencontra que l'on portait en terre un • mort.

« C^étàitlefilsui|ij^^.d'9Q®Y^uve qui était « accompagnée de beaucoup de personnes de « là ville.

. « Le Seigneur ayant vu cette femme en fut « touché de compassion et lui dit : Ne pieu-

« En même temps il s'approcha du Cfij^f^yfyil ft «fcte tjyWfiteàjBl içffl^l^ qui l^ pçrjai^ni V^fant «, arrêtés, il dît au mort :

« Aussitôt le mort se lem sur SQQ.^i^jrU» <^< «if commença à parier^e^Jésuf^I^ <}QAij|a.à sa

Touchant motif qui portée le c^«jr d|9 J^s

il fallait au Libérateur des maux à guérir, des douleurs à consoler, des yeux pleins 4e larmes à essuyer.

« Ne pleurez plus, noUflerel »

Yôilà le grand mot que Jésus ^ souffrant lui« môme>est Tenu dire à l'humanité qui souffre.

Jésus faisait encore beaucoup d'autres mi" Iracles.

Dans les idées des Juifs la maladie était la dette du péché.

Jésus remet le péché et guérit la maladie.

Des gens présentèrent à Jésus un paralytique couché dans son lit.

« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Mon fils, prenez confiance, vos péchés vous K sont pardonnes;

« En même temps quelques-uns des scribes « dircnteneux-mémes:Cet homme blasphème.

« Mais lésas, voyant leur pensée : Pourquoi . ir pensez-vous du mal dans vos cœurs?

« Lequel est le plus facile de dire : Vos pé^ K chés vous seront remis , ou de dire : Levez- <r vous et marchez?

« Or, afin que vous sachiez que le Fils de le THomme a le pouvoir sur la terre de re« «t mettre les péchés : Levez-vous» dli*il au pair ralytique» prenez votre grabat , et vous en al* * letdans votrô rtlaison.n

Remarquez bien que Jésus dit U Fiti dû i^ttùwm^ ei noh U VUè de Dieu,

Ainsi rhumanitéa ledroit,ftU}*/at(^ffé| dô rè« fiiéttreles fautes commises» de lever les sceaux de réprobation , dé ptirî|fli^' i^s impuretés de ' la chair et de redresser tout cô qui est Courbé : voilà ce qu*entendait Jean quand il exhortait les hommes de son temps à rendre droits les chemins qui étaient déviés , et in directa pravà.

Réjouissez-vous y pauvres membres paralysés du corps social !

Réjouissez -vous tous, vous qui avez péché et que le monde a damnés pour ce fait dans ses bagnes ou ses prisons!

Réjouîssez-vouSy femmes qui avez péché et que le monde a jetées pour ce fait dans Tenfer du mauvais Heu!

près ¥jiî^ ou p$ur la fw^ de vq& ayi(î^jr,«p> êti^

Encore une fois, au nooi duCtiti?^ Ci^$^Hi9"

ÇftT, ipêqo^e sapsejt appeler k te mifi^riW^e ^pf'mf rHiimapiié a poRVQiic. 4^ regifi^nre vqs fflUlfWf, 4e lever dfi vos îê^fis i'ap^Jthèfïl^^e ç^?ser votre ban et de voqs recevoir dan^ $^ pa-

Et: celui qui dit çe^ paroles m Masphêpfte

pa$: '

Par le Gl^riçt, qiQii n^Ùire, yqms ^m par- ^ni||éç, vQus é;^! (UniBy Yops êtes t^^én^]

teve?-vp«s don^ iiQQifpes enççqrâift «: |^ralys^s dans la luisôre!

leOYi^-vous^ pauvres eQmchés sur vos {pra?

bats!

Leves^-vous, péc}i!Çi)irs^ et pécberessesf !

Levez-vous» proscrits e!L pro^çrifes !

Uvez-voMs et marcdtifts^ !

<ht^^tï^ hdttiiti6s bitér«Kâé9 itiéw féfHÊi&t là hmdtié VMS âfirontjlièt^c^tté i)àe iièiM bliffpbémons et que noiis fl^ièoiiB èntefudre 1^^ t6iëê iHl diàMe.

£n ces jours-Ii» sôuven^Vod^ tâm Arère»,- ^'{|8 éfk ùût dîl àtftânt à léou-ÔtriâC.

« Gel liômme, tfîsalefii Ij^èeift du t>M|A«' « en parlant de «éÉV», eèt^pk^ dftdéilOii;;.

« ffi Ils «Mi^Maiônt Aè* pi^iii^f^

Souvenez^vottS eifiédiè, mes frèfrea, des 9a<* r#r«ëè da^rtift, éfoë « Le âisct|>l6 fi*«it!^às « plus grand que le maître, » et que, plria^ifielè mmté a éoiâff^rt ij^r ÀHnmencc(r là gTsâlèe révolution du 'mdnde, il faut ^e mèé tepii inàtclièif^s mt èes traces nous souffrions égiàé- Rlènt.

Si i*on vous pérséeuie, si l'en vous traîne dans les geôles ei devant les prétotre^f r6riii«

ôîi4WI\^

tez , forls de votre foi en l'avenir de Thuma* nité;

Ne cherchez pas en ce moment -là ce que vous aurez a dire, car le noble esprit qui vous anime vous mettra à la bouche des paroles qui terrasseront vos juges;

Ne faiblissez pas, car la liberté n'est que pour celui qui aura persévéré jusqu'au bout;

Ne vous arrêtez pas au milieu, car celui*là seul jouira de la maison qui aura poussé sa' construction jusqu'au toit;

Ne vous endormez pas, car l'heure est venue de veiller et d'attendre l'ennemi;

Ne craignez pas de perdre môme votre vie, car Dieu vous la tândra, augmentée de toute la grandeur de vtftre dévouement.

Ne crains pas, petit troupeau livré chaque jour aux grosses mains du boucher et bruia-< lement égorgé dans l'ombre ,

Ne crains pas, car le Père t'a préparé un royaume!

Ne craignez pas, mes frères, ces hommes dont le pouvoir s'arrête à tuer le corps, et qui n'ont plus ensuite aucune autorité sur l'esprit.

C'est dans l'esprit qu'est la flamme de la liberté, et ils auront beau souffler, ils ne Vér teindront pas.

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