‹ L'Evangile et l'Apocalypse de PierreChapitre 16 sur 19 · Cf. p. 92, note · texte numérisé non relu

Cf. p. 92, note

Sans prétendre trancher les nombreuses questions soulevées par le nouveau document, essayons en terminant de résumer les points acquis. |

L'apocalypse de Pierre, estimée très haut à l'origine, puis tombée comme toute la littérature apocalyptique dans un certain discrédit, a pourtant exercé fort longtemps son influence, sinon dans les cercles officiels, du moins dans les milieux populaires. C'est peut-être par elle qu'est entrée dans la littérature chrétienne cette sombre peinture des tourments de l'enfer qui a eu une si prodigieuse fortune. Par l’intermédiaire de l'apocalypse de Paul, très goûütée pendant le moyen âge ‘, notre livre a, en tous

1, On en possède des traductions en latin, en français, en allemand, en anglais : deux versions latines ont été publiées, en même temps qu'un texte allemand, par M. Herman Brandes, Visio Pauli, ein Beitrag zur Visionslitteralur, mil einem deutschen und zwei latein. Texten, Halle, Niemeyer, 1885; cf. aussi James, op. cil., p. 65. Sur les versions anglaises, cf. Brandes, op. cit. et Englische Sludien, t. VII. Sur les versions françaises, voyez. P. Meyer, Romania, VI, 1877, p. 11; Brandes, Il. cc. d'après M. Meyer, il n'y en a pas moins de cinq en vers, celle du moine anglo-saxon, Adam de Ros, qui paraît avoir été connue de Dante, a été publiée dès 1834, par De la Rue, Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo:

cas, puissamment contribué à l’'enfantement de la grande épopée de Dante.

Cette conception, courante encore aujourd'hui, des enfers, l'apocalypse de Pierre n’a pas pu la puiser dans les traditions juives ou chrétiennes : c'est un emprunt aux fables qui circulaient dans le monde païen, en Grèce, en Égypte, à Rome. Il y a bien certains traits qui semblent être d'origine évangélique ou biblique !, et la liste des crimes punis dans le séjour des damnés ἃ une couleur chrétienne indéniable ὃ; mais l’ensemble du tableau, l’idée

normands, Caen, t. IIL : voy. aussi Ozanam, Les poètes franciscains en Ilalie au xui° siècle, οἷο... 4° éd., Paris, 1870, p. 399 ss. C'est du latin qu'ont été traduites ces « visions de Paul » en langue vulgaire. « Nos deux rédactions latines, dit M. Meyer, dérivent d'un texte grec que nous n'avons pas (ou du moins qui n'a pas été publié, que je sache), mais qui devait être de fort près apparenté à Ιάποκάλυψις τοῦ ἁγίου Παύλου publiée par Tischendorf et de laquelle on a aussi une traduction syriaque. » — M. Alessandro d'Ancona signale une version copte de la descente de saint Paul aux enfers (1 precursori di Dante, Florence, 1874, p. #4). — Ces renseignements m'ont été obligeamment fournis par M. 5. Berger.

4. Les vers qui ne connaissent pas le sommeil (25. 27) cf. És. 66, 24: Mec. 9, 48; Sir. 7, 17; Judith 16, 11; — l'étang brûlant (23. 31) cf. Ilén: 100, 9 ; et 10, 6. 43 ; 21, 7-10; 18, 11; 90, 24 5. etc...; Mt. 25, 41; etc... ; Apoc. 19, 20; 20, 10. 14 s. ; 21, 8; — peut-être le trait des blasphémateurs qui se mordent les lèvres (28. 29) cf. Apoc. 16, 10 s.

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