‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 15 sur 87 · I. Ma · texte numérisé non relu

I. Ma

l'évingile et l'êglisk

de sa prédication sur le royaume des cieux impliquait te rôle qui lui appartenait ;'i lui-ménu

dans l'avènement du règne de Dieu. Les miracles de guérison ne sont pas contestables, de quelque manière qu'on les explique, et si le Sauveur ne les ;i pas faits ordinairement pour démontrer sa mission divine, ils ne laissent pas ih li prouver eu quelque façon, puisqu'il* révèlent k la fois la puissance de son action aj la bonté de son cœur. Les malheureux démoniaques ont eu raison de saluer en Jésus l< de Dieu, puisqu'il venait, dans la foi confiante et dans la charité, apporter la paix ii leur esprit inquiet et a leur âme troublée. La réception du baptême de Jean parait avoir été un moment décisif dans la carrière du Sauveur I .<• tableau de la tentation présente, en forme bj mbolique >-i en raccourci, la psychologie de Jésus et lu manière dont il a envisagé son rôle providentiel. Jésus comprenait ce rôle comme il est figuré dans lo scène de la transfiguration, et il entendait le rapport du royaume céleste avec la Loi comme le I ; i î i entendre la trait du voile déchiré. Il avait admis pour luiif, comme pour les siens, la nécessité de

LES B01 RCBS i\ UIOÉMQCBS

perdre sa vie dans le temps pour la gagner dans l'éternité '.

îvelh

diffère de

ipecuve est r l'improRsios que l'enseignement et les faite •'•liqui's avaient produite sur les témoins

immédiats, ulle n'eu est pas mnins vr manière. Il est conforme -•< l'ordre des choses liaes mie l'oeuvre des plus grands, leur génie ei leur caractère, ne puissent être bien appréciée qu'a une certaine distance, el quand ils ont disparu. Le Christ, en tant qu'il i|>|i;n lient ;< l'histoire '1rs hommes, n'a pas ppé ii la loi commune. Sa grandeur n'a été ne qu'après sa mort, et n est-il pas vrai qu'elle est de mieux en mieux comprise à mesure que tes siècles t écoulent, que le pr s'améliore sous l'influence de l'Évangile, et que le passé s'éclaire de toutes les expérie

faites par l'humanité vieillissante? Ajoutons

• ulemenl que cette idéalisation inévitable et

Lime du Christ, se produisant spontanément

dans la conscience chrétienne, et non par un

rvation rigoureuse el de réflexion

Il Mattii. x, 39.

ii. \\i;u.i; 1:1 i.ï.i.usi.

méthodique, ;< dû afleoter, jusqu'à on eerl ût point, ta forme d'un développement 1 <laire, ri qu'elle se présente comme telle nu premier regard • 1 n critique, b»en qu'elle no soit, • ii elle-même, qu'une expansion il*- la Foi moyen encore insuffisant île placer Jésus ;i lu hauteur qui lui convient.

Envisagée de ce point de vue, la question

mirarlr:- .•-. ;uiim'-Ik|iii s. toujours si embrouillée

pour le oritique, si hérissée de difficultés pour l'apologiste, peul s'éclaircir, au moins partiellement, el cesser d'être un thème de controverses angoissant et dangereux. M. Harnackfci discute encore un peu scolastiquemenl '. cl il en vient <■ partager les miracles en cinq cati gories : ceux qui sent le grossissement de fail-s naturels mais sais'ssants ; ceux qui comme la réalisation extérieure et matérielle de sentences et il<- paraboles, ou de phénomènes de In vie religieuse intime ; ceux qui onl i >• conçus pour marquer l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament; les guérisons extraordinaires que Ji sus a opérées par

i i.s SOI M i s ÊVANCiÊMQI i:s

sa pin • .: ai ••■ • ■ j i i rituelle ; ceux dont on ne TOÎI pris l'explication

11 serait bien difficile Je rt-j t.ittir les rt-cil évangéliqUCS dftDS les sul" h\ isii.ns d.' ce cala

tain grossissement du fait primitif m

montre partout ; il résulte de ce mie l!on raconte

me miracle <lu Chrisl un incident qui a été

ni rprcle d'.ilnird inimne une ^r;u-.- .1.- l'i.n.

et donl le caractère miraculeux n'a pris uni- signification particulière que dans la par speciivc messianique On pourrait douter que tel récit de miracle, par exemple celui du figuier '. ou la multiplication des pains,

■h d voulu voir lu matérialisation d'une parabole, soient a expliquer de la sorte; mais il p. naii incontestable que lea évnngéliates

i \ olontiers dans les miracles un ensoi

menl du Christ, comme ils j v il une preuve

de sa loute puissance, cl i pi<' leur ré.l pu être, <|u'elle a été influencée par cette înteniniii didactique, comme elle l'a été dans les parapat leur tendance allégorisanto L'in

i. Mm.. . m. I ' I , >ii 23. ( f. M, ,,n. ai, 18

l'évancjilic Br i.'i : ;i.i,isi:

fluence de l'Ancien Testament se fait sentir un peu partout, a raison de la préoccupation messianique, et il serait sans doute plus juste de dur qu'elle ûolorâ la plupart des récits, que d'affirmer qu'elle en n créé quelques-uns. Enfin il '. ;i une pari de mystérieux et d'inexpliquable dans les miracles les plus solidement garantis. Mieux vaudrait donc ne pas poursuivre une classification rigoureuse, qui ne correspond pas à la réalité des choses, et constater simplement la valeur substantielle de la tradition concernant l'activité, bienfaisante du Christ, en même temps que l'élaboration messianique des souvenirs primitifs, élaboration plus ou moins considérable suivant les cas, mais qui est dominée tout entière par le même principe, la foi qui

rechercha et qui retrouve le Messie dans toutes les œuvres et les péripéties île sa carrière tel ■-

rentre.

A ce degré de son développement, la tradition

évangélique est encore enfermée dans les limites que le livre des Actes assigne au témoignage des

(,88 SODRCEfl BVANGÉUQ1 BS

res'. EUe embrasse le temps compris entre

li- baptême de Jésus par Jean, el le résurrection

itiveur; et elle s'en tient encore à la notion

du Messie promu) a Israël, bien que déjà elle

à la dépasser en la traduisant. L'Evan

le Mare, qui. dans l'ensemble, représente

étape de la foi. contient néanmoins les

d'une doctrine plus, compliquée, d'une

spéculation qui s'exerce sur la vie et la mort du Christ, >'t l«-s interprète au gré d'une théologie plus savante. On pressent déjà que le métaphysique de la fui chrétienne s'esl i. Il ira s'élargissonl toujours, el le cadre ne Rallongera aussi, de façon à comprendre (unir l.i vie de Jésus.

La première théorie chriatologique a été for muléi uni l'an! ('.et a poire, qui n'avait

pas connu Jésus, et que les vicissitudes de sa carrière ont fait l'évangélii le des nations, a eu besoin le premier, ou l'un des premiers de se foriin-r un.- idée du Christ, de le définir comme Sauveur, puisqu'il ne pouvait le raconter, et qu'il était rtam la oécei »ité Je l'expliquer, Par-

i Cf. A.CT. i. 21-24.

LtVANOiLE ET I. ftliMSK

tant de son expérience religieuse, et aussi des

données juives, transformées par sa lui et interprétées en vue ■ 1< s Gentils, il affirme la préexis tcnce étemelle du Messie, et il formule la théo lïede- la rédemption. Dans ses dernières Kpitre il en vient à identilier plus ou moins le Christ à la Sagesse éternelle, lui attribuant une fonction cosmique, tomme la iliéorie de la rédemption lui attribue une fonction humanitaire, l.'.mteur de l'Ëpltre aux Hébreux fait de même, BOUS îles symboles et des termes un peu différents. Cette double théorie, cosmologique et sotériologique, ne pouvait manquer d'entrer dans la tradition évangélique, et elle y est entrée. La doctrine de la rédemption s'accuse dans Marc' ; celle du Christ éternel, Sagesse du Père, ngcnl do toutes les oeuvres divines

s'insinue dans Matthieu et dans Lue 7 , en attendant qu'elle trouve sa formule delinilne dans l'Evangile johannique.

Ainsi se (orme peu a peu, dans l'atmosphère de la foi, au-dessus de ce qu'on peut «pp<

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