BOULEVARD VERD DE SAINT-JULIEN
BKLLEVL'E (S.-et-O.)
INTRODUCTION
Les conférences de M. A. Harnack bot
«lu christianisme ' uni eu un grand retentissement dans le monde- protestant, principalement en Allemagne. Profet i|<- foi personnelle en Forme d'aperçu historique, <-llis répondaient sans doute a un
ni de beaucoup d'intelligences, et elles résumaient tout un ensemble d'idées où plusieurs se sont retrouvés avec satisfaction.
Mais k-s >iiIIV;il;>/> di> théologien!? ont été partagés. Quelques-uns ont formulé do
es, il il en eal aussi qui ont critiqué vivemenl une façon d'entendre le chrislïa-
ne '|iii élimine de son essence i peu près tout ce qu'on esl accoutumé à regarder comme croyance chrétienne.
tentumt. I.i-ip
INTRODUCTION
L'ouvrage aurait l'ail «ans doute j>l
biuil en France, ri nirinc parmi les catllO licjucs, s'il n'était venu après YEsquissi d'une philosophie de la religion, de M \ Sabatier, dont l'esprit cl. les conclusions Hairni a | ><-ii |>ivs semblables. Cependant, mu- traduction française vienl de paraître h quelques revues catholiques avaient attire déjà l'attention de leurs lecteurs sur cet!
publication remarquable, en en donnant dt analyses où s.' mêlaient certaines rectifications.
L'originalité d'une pareille synthèse lhd< logico-historique a df quoi frapper les esprits, dans un temps où la science sa fait érudite ci ae défie des théories générales, où l'on discute les problèmes religieux à un point de vue qu'on pourrai! duc pu remont phénoménal, el où beaucoup pensent que la ilirnl chose vaini , tandis que d'autres,
au contraire, penscnl encore qu'elle esl chose
hrUUwiOK, l'.u i--, l'i'i :.
INTRODUCTION
si divine, qu'elle n'a pas à s'oCCUpei il* CC que des chercheurs téméraires racontent de son passé, Peut-être y a-l-il quelque utilité à faire de ce livre un examen attentif, non isémenl |>our le réfuter, mais pour déterminer sa véritable situation à l'égard de l'histoire.
C'est, en effet, au point de vue de l'histoire que I "il a voulu si mettre dans cette étude. On ne s'est nullement proposé d'écrire l'apodn catholicisme et du dogme traditionnel. Si l'on avait eu cette intention, le ni travail sérail 1res défectueux el incomplet, notamment en ce qui regarde ivinilé du Christ el l'autorité de l'Kglise.
On n'entend pas démontrer ici la vérité de l'Évangile ni relie du christianisme catholique, mais on i sulemenl d'analyses et de définir le rapport qui les unit dans
l'histoire. Le lecteur de lionne foi ne
trompera pas.
Puisque l'œuvre du savant conférer, nonce comme historique, on la discutera
l\ IIIODICTION
1 1 1 1 1 < 1 1 1 < - 1 n i- 1 1 1 d après les données do l'histoire. M. Sabatier indiquai!, à côté de l'histoire.
comme source de su philosophie religieuse^ la psychologie. M. Harnack en appelle sui h m i .m v faits; il expose beaucoup moins une philosophie religieuse qu'une religion, oi pour mieux dire que ■• la religion •>, dans II principe unique el immuable qui esl censé l.i constituer; il < \ ira il ce principe de l'Evai et il B'en serl comme d'un critérium poui juger tout ^développement chrétien, lequi n'aurait de valeur que dans la mesure oî cette précieuse essence a pu s'y conserver!
Toute la doctrine «lu livre porte sur point fondamental : l'essence de l'Evangile consiste uniquement dans la foi au Diei l'en-, que Jésus a révélé. De la solidité oi de l'insuffisance de ce principe dépend h valeur des jugements qui sont émis sur I Ultiou de l'Eglise, de son dogme et de sor culte, depuis les origine» el dans les diverseconfessions qui se réclament aujourd'hui de l'Évangile el du nom de Jésus.
INTBODI CT10K
LUasi ne peut-on, dès l'abord, se détendre d'une certaine inquiétude, en voyant an mouvement aussi considérable que le christianisme ramené à une seule idée ou à un seul sentiment Est-ce bien la définition d'une réalité historique, ou une façon systématique de la considérer? Une religion qui n tenu tant de place dans l'histoire et qui .< renouvelé, pour ainsi dire, la conscience de l'humanité, a-t-elle son point de départ el tonte
ibstance dans une seule pensée? Corn menl cette grande force peut-elle consister en un seul élément? Se peut-il qu'un tel l'ail m soil pas plus complexe? La définition du christianisme, d'après M. Harnack, est-elle d'un historien, ou seulement d'un théologien qui prend dans l'histoire ce qui convient à sa théologie? La théorie qui esl exposée dans irences sur l'essence du christianisme
elle qui domine la savante histoire des dogmes ', qu'a publiée le même auteur.