‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 3 sur 87 · I. .' DogmengttchkhU, Pribourg e · texte numérisé non relu

I. .' DogmengttchkhU, Pribourg e

Hl, I8M; III, 1897,

IVriKiM i .TIHN

Mais l'a-l-il déduite réellement de l'hisl nu l>ien n'aurail-il pas simplement interprété l'histoire d'après la théorie?

On sait que Renan ' comparait assez irrévérencieusemenl le théologien libéral à un oiseau dont on a coupé le bout des ailes :

tant qu'il est au repos, son attitude est naturelle, mais quand il se met ■< voler, son allure n'esl pas franche. Ce n est pas .1 propos tles théologiens catholiques, assimilés, comme les protestants orthodoxes, à des oiseaux en cage, que l'auteur des Origines du christianisme a fait celle comparaison.

mais à l'intention de certains exi itio-

iialislcs qui associaient à une critique minutieuse, dont on aurait pu croire que II ■conclusions générales devaient être Foro sur l'expérience, les théories les plus abso lues el les plus risquées.

La remarque de Renan n'est pas 111 axiome indiscutable. Lue incompatibilité

rx-x.

INTB i Pion

radicale n'existe pas entre la profession de •il et celle d'historien. Peut-être a-t-on vu déjà des théologiens qui Bavs être historiens, c'est-à-dire prendre les faits tels qn'ils résultent des témoignages Baine

Oient c >mpns, sans introduira leur- propres

dans les textes qu'ils interrogeaient,

rendant compte de la transposition que l'on fait nécessairement subir aux idées antiques lorsqu'on les adapte à la mentalité

lerne. Mais il faut bien avouer qu'on

en ;i toujours vu et que l'on en voil encore un bien plus grand nombre qui, pourvus d'un système général que la tradition leur a fourni ou qu'ils ont eux mêmes élaboré sous l'influeni b tradition, tout en croyant

parfois s'j soustraire, plient inconscient

i même consciemment, les textes et

de leurs doctrines. On doit

ajouter que l< i id> n lires des théologiens

apporter aussi, et qu'ils ont apji ont, en ces matières d'histoire rclii . ,,i i . «ni c denti a I exa

INÏÏIODUCTION

ii i ■• m des choses el qui peuvent en eompromettre, tout autant que les partis pria théologiques, sinon davantage, l'équitable et sereine appréciation.

Au fond. M. Sahalirr el M. Ilarnack ont voulu concilier la Toi chrétienne avec les exigence» de la BCtencc el de l'espril scien* tiliquc <-n nulle temps. Il faut que ces exigences soient devenues bien grandes, o qu'on les croie telles, car la foi se l'ait bien petite el modeste. Qu'aurait pensé Luther, si ou lui eût présenté sa doctrine du salut par la loi, avec cet amendement : n indépendamment «les croyances », ou avec tttttre : ■ la foi au l'ère miséricordieux, la foi au l'ils est étrangère à l'Évangile de Jésus o? La religion s'accorde ainsi avec la ■■ in . parce qu'elle ne la rencontre plus.

On ;i ou l'on n'a elle confiance en la

bonté de Dieu ; niais il semble impossible qu'un Benliment puisse contredire aucune conclusion de la critique biblique ou de la CI itique philosophique.

Cependant cet accord négatif rai peutmoins M'iiile qu'il ne paraît. Toute rtion absolue qui défie le contrôle de l'inlclligenee peut devenir, à un moment donné, un obstacle au mouvement libre et

légitime de la pensée. Bien que ce minimum de foi, extrait de la Bible, semble autoriser une liberté complète et illimitée de la critique biblique, il serait néanmoûll lin obstacle à l'exercice de cette liberté, ai ii h obstacle des plus sérieux à son exercice le plus indispensable en ce qui regarde L'Evangile, si, par hasard, il ne se trouvait pas dans l'Évangile, ou s'il n'y était pas dans le sens où on l'entend. Ceux qui s'obligeraient à l'y voir se contraindraient en même temps à ne pas prendre l'Kvangile tel qu'il est. On a dit assez longtemps, et non «an» motif, que le dogme de l'inspiration biblique, en tant qu'il induisait à tenir la Bible pour un livre dont la vérité ne connaiseail ni la limite, ni l'imperfection, ni l'a peu [nés. et qui était comme rempli de la

IM'IIUM

science infinie de Dieu, empêchait de percevoir le sens réel el historique de l'Keriture ; mais un pourrait en dire autant de la persuasion, arrêtée avanl examen, ou pour des motifs pris en dehors de l'histoire, qu'on m i. ligii iix quelconque, que l'on croit être le vrai, doil avoir été L'Évangile du Chrisl L'Evangile a existé indépendant de nous; lâchons «le l'entendre en luimême, avant de l'interpréter par rapport i nos préférences ou à nos besoins.

Si l'on veut déterminer historiquement i lence de l'Évangile, les règles d'une saine critique ne permettent pas qu'on résolu d'avance à considérer comme non mtiel ce que l'on est porté maintenant à juger incertain ou inacceptable. Ce qui été essentiel à l'Évangile de Jésus est ce qi lient la première place, et la plus considè* rable, dans son enseignement authentique, les idées pour lesquelles il a lutté et pour lesquelles il est mort, non celle-là seulement que l'on croit encon vivante aujourd'hui.

INTHlil.n.i I0>

De même, si l'on vent définir l'essence du christianisme primitif, on devra chercher quelle était la préoccupation dominant)

liera chrétiens, et ce dont vivail leur religion- En appliquant le même procédé d'analyse A toutes les époques, et en comparant les résultats, on pourra vérifier si le christianisme est resté Bdèle à la loi de

origine, -i ce qui fait aujourd'hui la base (Ki catholicisme esl ce qui soutenait l Eglise du moyen âge, celle des premiers siècles, el *i cette base est substantiellement identique à l'Kvangile de Jésus, ou bien ai la clarté de l'Evangile s'est bienlôlobscun ie, pour n ôtre dégagée de ses ténèbres qu'au \\r' siècle OU même de nos jours. Si (les traits communs se sont conservés el développée depuis l'origine jusqu'à notre tempe l'Eglise, ce sont ces traits qui constituent l'essence du christianisme. Du mo l'historien n'en peut pas connaître d'autres; il n'a pas le droil d cmployei me autre méthode que celle qu'il appliquerait à une

i.vnioi.icl'ii.N

religion quelconque. Pour fixer l'essence de l'islamisme, on ne prendra pas, dans l'enseignement «lu Prophète et dans la Iradiliun musulmane, ce que l'on peut juger vrai 61 fécond, mais ce qui, pour Mahomet et -<•sectateurs, importe le plus en l'ait d( croyance, de morale e l de culle Aui renient, avec un peu de bonne volonté, l'on découvrirait que l'essence du Coran est la nu me que celle de l'Evangile, la foi au Dieu clément et miséricordieux.

Il y aurait aussi peu de logique à prendre pour l'essence totale d'une religion ce qui la

différencie d'avec une autre. La foi m

théiste est commune au judaïsme, au chris tianiame et à l'islamisme. On n'en conclun pas que l'essence de ces (nus religions doive être cherchée en dehors de l'idée mniu théiste. Ni lejuif, ni te chrétien, ni le musulman n'admettront que la foi à un seul Diei ne soit pas le premier et principal article d< leur symbole. Chacun critiquera la l'omit particulière que l'idée reçoit dans la cro\ ;nu

u voisin; mais aucun ne s'avisera de nier

ne le monothéisme Boit an élément de sa

iligion, sons prétexte «pu- le monothéisme

appartient aussi à la religion des autres.

C'est par leurs différences qu'on établi) la

distinction essentielle de ces religions, mais

-I pas uniquement par ces différences

qu'elles sont constitué

Il est donc tout à l'ait arbitraire de décréter que le christianisme doit être essentiellement ce que l'hvangile n'a pas aprunté au judaïsme, comme si ce que l'Évangile a retenu de la tradition juive essai rement de valeur secondaire.

M. Harnack trouve tout naturel de mettre nce du christianisme dans la foi au Dieu Père, parce qu'il suppose assez gratuitement d'ailleurs, que cet élément de l'Évangile est étranger à l'Ancien Testament. Quand même l'hypothèse serait lée, la conclusion qu'on en lire ne si iégitime. Cette conclusion peut se présenter d'elle-même à l'esprit d'un théolo

INTHom <TKiN

protestant, pour qui le mot » tradition synonyme de a catholicisme u cl d' n errent . et qui .-i heureux de penser que l'Evangile u été comme le protestantisme de la Loi.

Mais l'historien u'\ peut voir qu'une assertion dont la prouve reste à fournir. Jésus n'a pas prétendu détruire la Loi. mai* l'accomplir. On doit donc s'attendre à trouver, dans, le judaïsme et dans le christianisme, des éléments communs, essentiels à l'un et à l'autre. Lfi différence, «les deux religions consistant dans cet ■• accomplissement » qui est propre

à l'Évangile, ci qui, joint aux éléments communs, doil former l'essence totale du

christianisme. L'importance de ces éléments ne dépend ni de leur antiquité ni de leur nouveau lé. mais de la place qu'ils tiennent

dans L'enseignement de Jésus et du cas que

Jésus lui-même eu n t'ait.

L'essence de l'Évangile ne peut être établie (pie sur une discussion critique des te évangéliques, et en partant des textes les

plus sûrs et les plus olaîrs, non de ceux dont

IMIiODl'CriON

] authenticité ou le sens peuvent être douteux. On irait contre les principes les plus élémentaires de la critique en échal'audanl une théorie générale du christianisme sur un petit nomhre de textes médiocrement garantis, et en négligeant la masse des textes incontestés et leur signification très nette. Avec une telle méthode, on offrirait au public une BYnlhèse doctrinale plus ou moins spécieuse, niais non l'essence du christianisme d'après l'Évangile.

M. Harnack n'a p;is évité cet écueil. Sa défi nition de l'essence du christianisme n'est pas fondée sur l'ensemble des textes certains, mais elle repose, en dernière analyse. BUT un très petit nombre de textes, on pourrait presque dire sur deux passages : ■> Nul ne connaît le Fils, si ce n'est le Père, ni le l'ère, si ce n'est le Fil» 1 », et : » Le royaume de Dieu est en vous* », qui ont chance l'un et l'autre d'avoir été influencés, sinon produits,

Iattii. xi, 27.

il, 21.

A. Lois*. — L'Ét*ngiU ri \f:<jlin.

OTRODI CTION

par la théologie des premiers temps. Ce parti pria de sa critiqué pourrai! (loue avoir exposé rauieur à la suprême infortune, pour un théologien protestant, d'avoir fondé . nce de l'Evangile sur une donnée de

la tradition chrétienne.

Le mal ne serait pas grand, au point de vue de l'histoire, si l'on n'isolait pas m ■-

textes en leur donnant la préférence sur toUfl

l< - autres. Le départ, il faut bien l'avouer, est souvent difficile è faire entre la religion

■ 'iin; 'Ile de .1. sus cl la façon dont, ses disciples l'ont comprise, entre la pensée du

Main.- et les interprétations de la tradition apostolique. Si le Chrisl avait rédigé luirat me nu exposé de sa doctrine el un résumé de sa prédication, un traité méthodique de son œuvre, de Bon rôle, de ses espérances, l'historien soumettrait cet écrit à l'examen le plus ;iii(iiiil ei déterminerait, d'après nu indiscutable, l'essence de l'Lvangile, Mais jamais un tel écrit n'a exisli rien nu peut suppléer à son absence. Il ne

iNTiuinrcrioN

reste dans les Évangiles qu'un écho, ai aairement affaibli ci un pan mêlé, de la oie de Jésus; il reste l'impression gêné raie qu'il a laissée à ses auditeurs bien disposés, ainsi que les plus frappantes de ses sentences, selon qu'on les a compris»

interprétées: il reste enfin le mouvement dont Jésus a été l'initiateur.

Quoi que Ion pense, tliéologiquemenl, de la tradition, que l'on s'y lie ou que l'on s'en déBe, (m ne connaît le Christ «pie par la tradition, à travers la tradition, dan* l;i tradition

chrétienne primitive. Autant duc que le Chris) esl inséparable de son œuvre, et que l'on tente um- entreprise qui n'esl qu'a moitir- réalisable, quand on veut définir I essence du christianisme d'après le pur Evangile de Jésus, en dehors de la tradition, comme si celte seuls idée de Phvangile sans la tradition n'était pas en contradiction flagrante avec l'étal iln fait qui est soumis à la critique. Cet état déduises, trop naturel, n'a rien de

déconcertant pour l'historien; car l'essence

xxu

ivnoM'cncac

du christianisme doit être dan? l'œuvre de Jésus, ou bien elle ne >êra nulle part, et on la ci ut vainement dans quelque

détfl ine foi. une

. ou sentiment, un élan de volonté dominent l'Évangile cl se sont perp< dans l'Kglise de- premiers temps, là sera l'ewencedu christianisme, quelques rése qu'on puisse faire sur l'authenticité littérale de ce paroi* - el sur les modifier

plus ou moins notables que la pensée de Jésus a 'lu subir en se transmettant de ration en génération '.

I . h vouloir chercher le Christ «lu pur Évangile, écrirait naguère un savant professeur d'Oxford. - un arriverions g»i: contenu I'idt5c

que nous ai • * n la nédu

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part] ii BOOa rejetons celle méthode, ''l :ii nous admet*

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