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Jésus, en ordonnant aux apôtres de vivre de l'Evangile, ni: les :■ pas autorisés à mendier
Dans si's rapport- ,iviy lis pouvoirs constitues, le Sauveur a, nous dit-on, combattu " l'Eglise politique el les pharisiens •■: il une autre attitude envers « l'autorité réelle, celle qui porte l'épée o n 11 reconnaissait à oetts autorité un droit positif et ne s'v est jnmaù dérobé. Même la défense du serment as doit pas s'entendre de façon à inclure le serment devant I autorité ». César a droit dans l'ordre de son pouvoir purement temporel : qu'on lui paie l'impôt, En soi, ce pouvoir, reposant sur la force, n'appartient pas à l'ordre moral. Les disciples de l'Evangile se garderont bien d'exercer cette puissance de domination; ils devront que le premier chez eux n'est que le serviteur de tous. Jésus a-t-il rejeté ou coni » le droit •■? Il semble n'avoir aucune confiance dans la justice humaine, et il exl ses disciples a ne pas réclamer <• leur droit •>. I se laisser battre et voler, sans poursuivre la réparation des torts qu'on leur l'ait. On en n conclu que l'Evangile était la négation de tout les codes, etdu droit civil aussi bien qui: du drotl
i.i. koi il lii bi 9 akvi
canonique. M. Marnack pense que Jésus n'a eu en \ ne que 168 individus, et qu'il ne songe pas au cas d'ennemis extérieurs, ni à l'autorité publique intéressée à maintenir l'ordre, à sauvegarder l'existence et le bien-être des citoyens,
ni h uni- nation attaquée injustement 1 .
I'ne telle lacune dans l'enseignement du Christ B6 laisserait pas d'être significative. Mais la façon
dont ta savant auteur interprète les textes manque d'exactitude. Jésus recommande i» ses disciples, sans la moindre restriction, d'aimer leurs ennemis si de faire du bien à ceux qui les
persécutent, de tendre In joue aux soufflet.-. et d'abandonner la tunique à qui veut prendre le manteau Ni le persécuteur, ni l'insulteur, ni le voleur n'appartiennent à la société des disciples,
et | e D eSt pas en prévision île leur .'nnwiMini
possible qu il est prescrit de les supporter; c'est toujours eu vertu île cette suprême indifférence ,i l'égard des intérêts humains, qui est la l'orme historique de I Kvangile, A quoi bon réclamer un droit dans le temps, quand on est si pus ,\,
:. p l A. L.hsv. — L'ÉvmngiU w VÉgU*$.
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I :• j h -.1 1. ■ - .- 1 . itK-l It- ? Le royaume « i « - -- ciou> nsl pour les persécutés. Qu'importe ce qu'on possède, puisque Ton n'a besoin île rien DOUC par ticiper bu règne de l>icu ?
Ces) dans le mine esprit que Jésus traite ;ivrc les puissances établies. Il ne conteste pas lu légitimité du sacerdoce, mais il sait que l ii onomie de le Loi va Faire place à l'en unique. Il n'esl pas en révolte contre lï-sar, mais il s.iil qui- l;i puissance de l'Iiiimnn' est près île Unir. Il n'a pas a se prononcer sur la valeur d'institutions qui ne subsisteront pas dans le royaume des cieux. On BuppoBe forl gratuitement qu'il admettait l'obligation du serment devant les autorités, Quand il a répondu à l'adjuration du grand-prétre, il ne pas li.ii-iiHTii • de serment. Sa manière deconsv
derer Liutl l'ordre In lin et temporel de la
■•i" ii té i ,i ■. isiblemcnl inspirée par le sentiment de s» vocation supérieure dans un ordre de choses tout iliilVii-nl , qui doit se substituer t
li.ry;anisali.in passagère et défectueuse, repré- Sl ulee par des liunmies injustes, qu'il convient
obir en attendant l'heure de la Providi
Il s'ensuit que I T.vangile ne contient aucune
i.i; mu \i mi: DKS Cil i x
déclarution formelle pour ou contre la constitution 'le l«i société humaine dans le temps. I.ii nécessité .l'un droit humain n'est pas à déduire de l'Evangile, non plus que le fondement de ce droit ; lune et l'autre existent indépendamment de l'Evangile, qui n'est pas appelé a les créer, el qui peut seulement les influencer <le son esprit, puisqu'il se trouve n'être pas uppelé davantage à les remplacer.
On ne voit pas, d'ailleurs, que l'Evangile se -oii adressé seulemenl « ;• l'homme intérieur qui reste toujours le mémo ••. L'Evangile île Jésus s'adressait à l'homme toul entier, pour
icher aux Conditions normales de la vie pie
• m te. Cet effort violent a pu être indispensable pour fonder le christianisme! el des efforts analogues peuvent être nécessaires encore pour rappeler aux hommes que leur intérêt principal i i d'ordre supérieur aux biens du temps. Il n en esl pas moins constant, pour l'historien, i| s l'Evangile a plutôt fait abstraction du droit humain, de l'économie politique et sociale, qu'il a a su l'intention formelle de les régénérer, si ce n'est par la transforma lion radicale impliquée dans l'idéal du rovaume.
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L'ÉVANGILE ET L'ÉGLtalî
Si l'Évangile, observe-t-on pour linir', avait eu souci île l,-i science, < 1 < - l'art el de la civilisation, il se serait enchaîné à une Forme parti ' lière de lu culture, humaine el aurait 6ii g
ensuit"' «Lins sou « 1*- % ■ 1< ■) i|k -rnoril. comme 1 '. romaine l'est maintenant, pour s'être liée a la philosophie, i l'organisation politique et .i la culture générale du moyen Age. Le progrès intellectuel et la civilisation ne sont pas le tout de l'homme et de l'humanité, lie qui importe premièrement est le progrès moral, que h eu conscience de préparer et de garantir efficacement en révélant aux hommes la connaissance du vrai Dieu.
Combien la vérité de l'histoire est ililTérente ici encore de la théorie qu'on propose ,>\ i o ta d'ardeur et de conviction! L'Eglise catholique ii est liée a la science et aux formes politiques du moyen Age que s'il ne lui plaît pas de
iger. Si l'Évangile n'était lié à aucun.- l'orm de science et de civilisation, il a été. par la l'oie des choses, lié nu défaut de science et de culture, ce qui n'était pas non plus sans incoir. •
LE ROYAUME DES (Il I X
nient. S'il ;i été plus facile de L'adapter ensuite à différents états de science et de civilisation, il ne lui en est pas moins resté de son origine une sorte de répugnance et de déliance, générale ment pavées de retour, à l'égard de la civilisation et de la science. L'orthodoxie protestante, fondée sur l'Évangile, est-elle beaucoup moins gênée que l'Kglise catholique en présence du mouvement moderne? Il est incontestable que le progrès intellectuel et la civilisation ne sont pus le but suprême de la vie. ni le bien le plus précieux de l'humanité. Mais l'Evangile n'en ignore-t-il pas entièrement la valeur secondaire? On devrai) se oontenter de dire qu'il est le condiment sans lequel science et progrès n'élèvent pas réellement l'homme. S'est-on demandé où l'Evangile aurai! pu aboutir, s'il n'eût pris contact avec la science grecque '.' Est-il bien certain que eette alliance n'ail aucunement contribué a la conservation de son essence morale ? Cepen- :l.nii,:m point de vue de l'Evangile, la science ei la civilisation n'étaient pas îles biens acecssoires; ce n'était rien, et ce ne pouvait rien être il.ne- i:> pan pective du ro va urne.
Science et civilisation ont donc aussi leur rai-
70 f.'KVAMill.K KT i.V.r.i.i
son d'être indépendamment do l'Évangile, qui
'est [>■•- destiné .1 l>
peut
i promouvoir les suppléer en m quelles oui de positivement
utile cl de bienfaisant pour l'humanité. L'indépendance de l'Evangile à 1 •■^-.u-il des clmses de l'intelligence n'est qu'une hypothèse théorique. Dans la réalité de l'histoire, clic/, tous ceux qui ont cru ou qui croient, la foi évangélîqw ii -iiit de l'ignorance ou de la science relative ses adeptes.
Quant à la révolution morale que Is I aarait voulu opérer dans le monde, on no doit pas se lasser de répéter que Jésus ne l'a pas annoncée autrement que dans le royaume prêt B venir, el qu'il ne l'a point présentée comme une Oeuvre de lent progrès. La parabole 'les I luvriers de la vigne et Celle îles Talents, que l'on ClOS pour montrer comment le royaume s'étend sur la terre, n'ont pas celte signification allégorique : la première signifie que le royaume sera donné à ceux qui seront arrivés sur le tard à la foi et îi la pratique du bien, toul comme e nus qui auront applique toute leur vie au devoir ; lu seoonde fail entendre que le royaume n'appar tiendra qu'a ceux dont l'existence aura élé
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i'i do en traita de vertu ; les deux se nom-
ut l'une l'autre, mais elles supposent également le royaume à venir, siius I anticiper dans
la vie présente.
Knlin ee u'est p;is précisément par la 000naifiSance île Dieu que le Christ entend shiimt les nommes; s'adressent aux Juifs, il suppose Dieu connu ei ne prétend pas même [s leur faire connaître sous an nouvel «spect. Le message de Jésus se renferme dans l'annonce du royaume prochain al l'exhortation u ta pénitence pour avoir pert nu royaume. Tout le reste, qui fait ta préoccupation commune «le l'humanité, est comme non ttvenu.
Quelles qu'aient été la valeur intrinsèque al
l'efficacité morale de l'espérance dont le Christ a été l'interprète, rien n'était l'ail, dans le tempB même où cette espérance sa manifesta, pour la
concilier avec toutes les réalités auxquelles elle s'est depuis accommodée. L oeuvre d adaptation dure encore, et M Harnack, après bien d'autres, s'est elforcé d'v travailler. Mais il est trop einliu a supposer que l'accord était formé dès le début ou bien qu il n'y avait qu'à prendre 1 Évangile tel quel pour l'applique! i tous les états possibles
i.'év\m;m.i: BT l' ÉGLISE
■ 11- l'humanité; Comme l'Évangile était approprié au milieu très spécial OÙ il a vu le jour. il a fallu d'abord le dégager de ses attaches primitives, qui n'étaient point avec les préoccupa tions de la vie réelle, le souci d'améliorer la condition humaine dans le présent, le droit social et politique, les progrès de la culture, mais jh'c une sorte d'étui violent et anarchique, en dehors de la civilisation alors existante. L'Evangile n'est pas entre dans le monde comme un absolu inconditionné, se résumant en une vérité unique et immuable, mais comme nue croyance vivante, concrète et complexe, dont ['évolution procède sans douti do la force intime qui l'a laite durable, mais n'en a pas moins été nécessairement influencée en tout, et dès le principe, par le milieu où elle s'est produite et où elle a grandi. Cette croyance se définit dans l'idée du règne de Dieu. L'idée du Dieu Père n'en esl qu'on élément, traditionnel, comme tout le reste, par son origine, et qui a son histoire, comme lout le reste, dans le déve loppement général du christianisme.