‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 57 sur 87 · I I.I.I.IM · texte numérisé non relu

I I.I.I.IM

porte que l'historien ne peut pas dire que l'ensemble île ce mouvement soit en dehors de

Kvangile. l.i- l'ait est qu il ni |irnccdc cl <pi il

e continue!

Des nlijcctions i|ui peuvent sembler très

gravis. .ni point île vue d'une certaine théologie,

i'"iil presque pus de signiliciilion pour l'iiisii.

rien. N est certain, par exemple, que Jésus

n avait [>as réglé d'avance ta constitution de

'Eglise comme celle «l'un g'»m cruciuent rtalili

sur la terre et destiné à s'y perpétuer pendanl une longue sérù di siècles. Mais il j a Quelque chose de bien plus étranger encore b sa pensée si ; son enseignement authentiques, o'esl l'idée d'une société invisible, formée à perpétuil • par ceux qui auraient foi dans leur cœur à ta bonté <!■• Dieu. On a vu que l'Évangile de Jésus avait

dcjn un ruiliiiicnl d'ori-anisnlion sociale, et cpie

e royaume aussi devait avoir forme de sooiété. lit le royaume, et c'est l'Eglise qui . .1 venue. Elle est venue en élargissant la forme d«i l'Evangile, qui était impossible a garder telle quelli ne le ministère de Jésus eut été oloa

parla passion. Il n'est aucune institution sur tu terre ni dans l'histoire des hommes dont on ne

l'évangile ET 1,'éGLISE

puisse contester la légitimité et la valeur pote en principe que rien n'a droit d'être tp

il. m-

étal

il. C

îSt

îlrair*

pnncip

;i la Ici de In vu-, laquelle «'si un mouvement et un effort continuel d'adaptation b des i perpétuellement variables el nouvelles. Le chrk-

tianisiui' n'.i pas <■< 1 1 ; • | ■ | •■ • .1 .•■■! i ■• lui, ri il ut* fniii

pas lr lil.'imi'i ■ ■ 1 • - s'\ l'Ire soumis. Il ne ji'

pas faire autrement.

La conservation de son état primitif impossible, cl la restauration de cel également, parce que les conditions dans I quelles s'est produit l'Evangile onl a jamais disparu. L'histoire montre l'évolution «les éléments qui le constituaient. Ces élément subi el ne pouvaient manquer de subir de transformations; mais ils sont toujou reconnaissables, el il est aisé de voir i représente maintenant, dans l'Église catboliqu l'idée du royaume céleste, l'idée du M agent du royaume, l'idée de l'apostolat ou >!>' lu prédication du royaume, c'est-à-dire lw trois éléments essentiels de l'Évangile ■.

devenus co qu'ils ont eu besoin d'être p m subsister. La théorie du royaume purem

IUJ1

L'âfitise

intérieur lea supprime et fait abstraction tic

i Evangile réel. La tradition de l'Eglise lesgarde,

en les interprétant et les adaptant à la condition changeante de l'humanité.

Il serait absurde d'exiger (pie le Chris! i ni rmine d'avance les intorprélalioiis el adaptations que le temps devait provoquer, puisqu'elles n'avaient aucune raison d'être avant l'heure qui les rendail nécessaires 11 n'était ni possible ni utile que l'avenir de l'Église lut

révélé par Jésus à ses disciples. La penser que

leur léguait le Sauveur était qu'il l'allaii continuer ■ vouloir, -i préparer, à attendre, à réaliser le royaume de Dieu. La perspective du royaume s'est élargie et modifiée, celle de son avènement définitif a reculé, mais le but île l'Évangile est resté l" but de l'Église.

C'est, su effet, chose digne d'attention, que I Église, si vieille qu'elle soit déjà, si rassurée qu'elle paraisse maintenant sur l'imminence dn

jugement dernier, si long avenir qu'elle se promette encore sur la terre, se regarde elle même comme me institution provisoire, un organisme de transition L'Églisi de la lent dite Église militai I comme le vestibule de II

i 'i;\ \m.ii.k et l'église

triomphante, >|ui esl le royaume des deux i dans l'éternité, jugé réalisable, encore a l'extrême limite <1<*^ temps. Si les dimensions de l'horizon évangélique «ml changé, le point de •■'■■ es resté le même. L'Eglise a retenu l'idée fonda mentale de la prédication du Christ : aueuM institution terrestre ne réalise définitivement lt royaume, el L'Evangile ne fait qu'en pré] 1 iii'i'omplisseiiieiil. L'un devine sans peine pourquoi dos théologiens comme M. Harnack abandonnent 1 eschatologie évangélique, Mais la question esl uniquement de savoir si l'eschatologie n'a pas été un élé ni essentiel de

l'Evangile historique, >-l --i l'Eglise, qui .1 retenu

élément essentiel île l'Evangile, ne • mie p;is \ i-rii .1 lil cuir 1 1 1 le Christ. Que l'eschatologie évangélique nit élé. au fond, le symbole expressif de réalil 's complexes et indescriptibles; que l'eschatologie <■«■■ !.--i.istic(iie soit aussi un symbole, toujours perfectible, îles même-; bianl espéi ■■-. le théologien traditionnel peut le soute nir el continuer ainsi à placer l'essence le I I pile là où Jésus n voulu lu mettre. Toujoun • que Jésus et l'Eglise onl les veux levés dan-, la menu- direction, vers le même symbole d'espé-

i.'n;i.isi-:

rsnoe, et que L'Église observe, vis-à-vis du royaume céleste, In menas attitude que Jésus. Dans leui polémique antitraditionnelle, 1rs théologiens protestants les plus éclairés, feux qui reconnaissent, avec M. II.hii.kI. mi dêve loppemenl catholique une sorte de iiro-. .ilr relative, n'en raisonnent pas moins volontiers comme s'il n'était pas évident que l'on condamnerait le christianisme à mort an voulant ta ramener a sa Forme at 6 aon organisation primi tives, et comme si la condition naturelle de sa ion et l'expression de sa vitalité n'usiiieiil |i;is >'li le changement. Ils sont, moins BXÏg< nuls pour eux-mêmes. quand il s'agît ''

Lifter leurs propres convictions religieuses, qui sont bien loin pourtant de se confondre avec l'Evangile de Jésus, Que font ils autre chose que d'approprier l'Evangile aux besoins de leur cous, -i. n .-,- personnelle? L'Eglise aussi, depuis

le i imcncemenl approprie l'Evangile aux

bé toina des hommes a qui aile a'adrei

G m'esl pas l'appropriai ion personnelle Continua le ministère il" ( !liri> I ! .ition

de li .. boum- nouvtdl t la préparation du

ieux. Même chez les protestants.

IliO

I I '. angile et l'église

l.i I iMililion enseignante exerce une influence OOD sidérable sur la façon d'entendre la parole divine, h l'effet que L'Évangile écrit produirait, sans

celte tradition, sur la masse des fidèles aurait

cliaiiii il rire à peu près nul ou do n être dm

toujours salutaire. Il y a. dans toutes les eoinmu nions elirêticnncs. un service de l'évangile qui assure la transmission et l'application de la parole du Maître. L'Eglise catholique est service tel que l'ont fait lis siècles, et continu sans interruption depuis l'origine. Pour être identique a la religion de Jésus, elle n'a pas plttl besoin de reproduire exactement les formes de l'Evangile galilëen qu'un homme n'o besoin pour être le même à cinquante ans qu'au jour d sa naissance, de garderies proportions, lee traita et toute la manière d'être d'un nouveau-né. On m<! on veut s'assurer de l'identité d'un individu, o ne songe pas à le faire rentrer dans son berceau L'Eglise d'aujourd'hui ne ressemble ni plus ni moins a la communauté des premiers disciples qu'un homme adulte ne ressemble b l'enfanl qu'il o été d'abord. Ce qui fail l'identité de l'Église de l'homme, ce n'est pas la permanente imn bilité des formes extérieures, mais la continuité

t.V.r.usE

lo!

de l'existence et de la conscience d'être, sons iiisJornv.il]. .us perpétuelles qui sont la condition et la manifestation de la vie. Tonte chien h- théologique misée part, l'Eglise catholique, en tant que société fondée sur l'Evangile, eal identique ru premier cercle dea disciples de Jésus, si elle se sent et si elle est avec Jésus dans le même rapport que ses disciples; s il y a correspondance générale entre l'étal actuel de son êl I .-"'ii elat primitif; si l'être .ici ne 1 n est que

l'être primitif autrement détermine" el développé; si ses organes actuels sont les .u-ains primitifs grandis et fortifiés, adaptés aux Fonci îona de plus en plus considérables qu'ils onl eu a remplir.

(l'est la durée même du christianisme qui a causé cette évolution Si la fin du monde était

arrivée dans les années qui suivirent la publi-

eatioa de l'Apocalypse le développement ecclésiastique n'aurait pus eu lieu, et II

même aurait a peine .-\i-.|.- Mai-- le ii;,,a,l, ne

«roulait pas périr; l'Eglise .1 garde sa :

d'être et la garde encore. Son histoire 1 il

de l'Évangile dam le momie; et pour trouver

que cette histoire n'est pas celle de la religion du

A. Lomt. — L'Évangile rt l'fjijlûe- 11

i i \ wi.n.i: 1:1 i.'w.i.isk

Christ, il finit . :ivoir commencé pai mettre religion en dehors -le l'histoire el du monde réel.

Si l'I'.^lis.' .'l.iit une institution l.uilr |>< ihtiqut», telle qui' la conçoit et la représente M. Harnack, il DSt sûr qu'elle u'nuruit rien de commun avej l'Evangile el qu'elle sueeédeniil simplement

l'empire romain. Mois on a déjà pu voir en quel sens l'Eglise ■■< véritablement Buooédé ;i l'empire; Les soiiveiiiis ci la tradition de l'empire ou

■ ■iiiidiliiimié, |niui' .iinsi dire, l'action île l'Église, nuis ils n'en nui pan changé le caractère c tiel. Quoi qu < n puisse dire, il v n loin encor

de l'i' N ;■ Trajan, des évoques aux procon

suis, (les moines aux légions, des Jésuite!

l'.mii- prétorienne Le papen'csl pas roi en tnn crue pape, et c'est encore d'Eglise universelle, non d'empire qu'il s'agit. Les catholiques n regardent pas le pnpe comme leur souverain m;.i . commi leur guide spirituel. Tout en reei •. .ml l 'investi turc du pape, les évoques ne su ni, ai • n droit ni en tait, de simples délégués; si 1 pape esl suoeesseur de Pierre, les évèquea son eeseurs des apôtres el leur ministère n'e I pus d'ordre politique ni purcmeut administratil

i ÉGLISE

On ne peut comparer qua par métaphore les religieux a une armée ee que prêchent les prêtres séculiers et les moines n'est point lu ^ olilique du pape, même quand il en :i une ; ils prêchent

d'abord l'Evangile, avec l'interprétation tradi- 1 v ' - 1 1 1 1 • ■ 1 1 ■ qn \ donne I l'élise, cl le replie qu'ils s'efforcent dêl'uilr. est celui de l'Evangile, non i i-ini dn p:i|n- en tant qu'il Be distinguerait du règne du Chris) Lee Jésuites mêmes, qui ont

éU institues pour défendre IT'.glise romaine

contre la réforme protestante et antipapale ne sont pas des agents politiques, mais des prédicateurs de religi si des éducateurs religieux.

quoi qui l'on puisse penser de leurs méthodes et de leurs tendances particulières. Le côté politique de cette grande institution quV »l le OUtho lieixine est t. nit naturellement oclai qui Frappa le plus les gens du dehors, mais il esl toul exlé rieur et l'on peut dire bcc< Vu de l'inté-

rieur, l'organisait ecclésiastique est essentiellemont d'ordre religieui et n'a d'autre raison il in

que la conservation et la propagation de La reli

gion dans le monde Bien que loul le dévelop pemenl catliolique, lorsqu'on 1 observe El la surface, semble tendre uniqui menl ■> augm

I KVANC.1U-: Il I. Kf.l.lSI

l'autorité de la hiérarchie on plutôt celle du papa, le principe fondamental du catholicisme n cessé d'être le principe même de l'Evangile. 1rs fidèles n'existent pas pour le service de la hié rarchie, mais lu hiérarchie existe pour le service des liili'l.s L'Église n'existe pris pour le service du pape, mais le. pape existe pour le service de l'Église

i tartes, L'Église .1 revêtu, 6 beaucoup d'égards l.i forme d'un gouvernemeni Immuiu. el *- 1 1 « r-\

devenue, elle esl encore une puissance politique

Bile n'en a pas moins toujours voulu et cil.

encore être autre '-1m ise. Qu'elle compte .m pois)

de vue politique el que lu politiq loive compter

av« ''lie. c'est une conséquence iné\ itabledesoi existence, el c'csl 1 e qui esl urrivé dès que le christianisme ;i été suffisamment répandu dans l'empire romain. Qu'elle s'érige elle-même en puissnnce politique, traitant de Bupérieurft infé rieur ou d'égal ù égal avec les gouvernements, négociant avec eux certaines affaires religieuses

BOmme un négocie les (unies inl.erimli, .n;ui\, c'est une loi nie particulière el transitoire d rapports avec les pouvoirs humains. En ce sens, l'Eglise n'a pus toujours été une puissance poli-

l'éc.um:

tique, e! » • 1 1 • - pourrait cesser de I Stre. Lu situation actuelle est un lejjs ilu passé, qu'on ne péû! liquider qu'avec précaution. Mais on peut prévoir dans l'avenir un état général des nations civilisées où l'Eglise, puissance spirituelle, el

imlliiMiiil politique au sens qui vient d'être 'lit.

ne perdrai! rien de son prestige, ni de son indépendance, m de son influence murale. La politique ne lumlir l-rlk- pas il.- plus en plus el 0*

lombera-t-elle pas finalement îles mains des manieurs d'hommes aux moins des manieurs d'affaires? Que gagnerai! l'Église à traiter directement avec oeux-oi «le ce qui Le regarde, et cruel intérél auraient-ils eux-mêmes fi s'occuper de ers choses?

Il esl môme permis d'aller plus loin el de conjecturer que l'Eglise, dans so façon de Irai

ter les personm 8 qui recoi ssent son autoi ito,

iiMin ère des procédés plus conformée fi l'égalité fondamentale e! fi la dignité 1 personne Us de lous les chrétiens. Dans le nivellement univ< rsel qui

Se prépaie, les meuilurs 'ie la li ie[a ivllie n | |e..

a.e.inpie pourron! être de moins grands person- . selon le mondé, sans rien perdre dos droits de leur ministère, qui raprendronl plus visiblement leur forme essentielle ira.

Hii;

i. i.v UfOIUI ii c'éoltse

Il n i .1 pas vrai, d'ailleurs, que l'autorité ecoU siastique ait jamais été ni qu'elle soit maintenant une sorte de contrainte venant il" dehors pour comprimer tout mouvement personnel de la conscience. L'Eglise est éducatrice ovantd'étra dominatrice; •-•II»- instruit avant de diriger, et celui qui lui obéit ne le f;iit. que selon sa propn conscience et pour obéir h Dieu. En principe, le catholicisme vise, tout autan) que le protêt tantisme, 1» la formation de personnaliti • religieuses, d'âmes maîtresses d'elles-mêmes, dfl

consciences pures et libres. Eu fuit, l'ô.u.il . m pour lui de vouloir trop gouverner les bon au lieu (l'élever seulement les ."mus. On ne peut nier que sa tendance, en réaction contre le pro« testantisme, ail été à l'effacement de l'individn, :i la mise en tutelle de I homme, a un contrôle de fonte son activité (|iii n'est point l'ait pour provoquer l'initiative. Mais ce n'a élu qu'un tendance. A peine pourruit-on ilirc qu'il dans l'Eglise, une • • légion » don! l'idéal religieux et politique est celui d'une société réglée par une sorte de consigne militaire dans tous l< ordres de la pensée el de l'action. Encore que li princip il défaut de cet idéal n ■■ ■■

i.'iïui MB

précisément d'ôtre contraire à l'Évangile, mais

d'être irrrénlisalile el daii^cii'liv.

L'Évangile de Jésus n'était ai toul B (ail indivi dualiste au sens protestant, ni tout a (ait ecclésiastique sa sens catholique II s'adressait à la

iiiiiN.se, pour constituer l;i I i 1 >i«- s.uicle .les élus : peut-on se Paire uns idée du développemenl de la personnolité, peul on se faire une i.lée .1. lu forme du gouvernement, dana le royaume des : C'est la vie el la durée de l'Évangile qui .■h ..ni r.iii ii ii principe permanent d'éducation religieuse et morale) et une société spirituelle où le principe ."-I mis .'ii vigueur Ni le prin-

ie ne lient sens la société, ni la socii

le principe. !.>• protestantisme et M. rlaraacfc ne

veulent garder que le principe. C'est une con

.•.•|.ii.iii qui manque de i onsistance .'i de réalité.

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