Marc, viii
»-kJ^\û:.^.: ^■-. ■
F* '^•m:^tiis^ë^e^^^i^<s^^^?^^Am''r'.'i^fiiif-'vsSi.ii^>
w*-MS!«w»Bi»,'i-*!s^s«aiiai«*ffift^^.^^
LE FILS DE DIEU
L'équivoque n'existe pas réellement, si Ton entend bien ce que le nom de Messie a signifié pour Jésus, comme pour ses contemporains. 11 paraît indubitable que le Sauveur a été condamné à mort pour avoir affecté des prétentions à la royauté d'Israël, c'est-à-dire au rôle de Messie, puisque son action n'avait rien de politique. Mais, autant qu'on en peut juger d'après les souvenirs traditionnels, ce point même ne put être établi que par son aveu devant le grandprêtre d'abord, puis devant Pilate. Pas plus à Jérusalem qu'en Galilée, Jésus n'avait dit ouvertement qu'il était le Christ Fils de Dieu. Seulement, à Jérusalem, il avait laissé voir où tendait sa prédication, et quelle place il revendiquait pour lui-même dans le royaume annoncé. Il avait donc conscience d'être le Messie, quand il quitta la Galilée, et la confession de Pierre, dont on n'a, par ailleurs, aucun motif de suspecter l'historicité, vient éclairer la situation. La conviction des disciples n'était sans doute pas ancienne quand elle s'est exprimée par la bouche de Simon ; mais rien n'empêche d'admettre que Jésus lui-même, lorsqu'il a commencé à prêcher l'Evangile, ne se considérait pas sim-
plemejit comme le messager ou le prophète du royaume ; il pensait en être l'agent principal et le chef prédestiné. Là est la clef de la singularité qui se remarque dans son attitude. Comme le rovaume est essentiellement à venir, le rôle du Messie est essentiellement eschatologique. Le Christ est le président de la société des élus. Le ministère de Jésus n'était que préliminaire au royaume des cieux et au rôle propre du Messie. En un sens, Jésus était le Messie, et en un autre sens, il ne l'était pas encore. Il l'était, en tant qu'appelé personnellement à régir la nouvelle Jérusalem. Il ne l'était pas encore, puisque la nouvelle Jérusalem n'existait pas, et que le pouvoir messianique n'avait pas lieu de s'exercer. Jésus avait donc devant lui la perspective de son propre avènement. La ques' tion de Jean-Baptiste i : « Es-tu celui qui vient ? » est ainsi facile à entendre, et pareillement la réponse de Jésus, dont le caractère indirect et la réserve calculée ne sont point dus à la modestie du .Sauveur, mais imposés par la condition actuelle du royaume. Jean ne dit