Lagrange, op. cu., p. XXVI-XXVIL 2. Luc, I
Ce prologue, par la construction harmomieuse de ses périodes, révèle déjà un homme qui sait écrire. En le plaçant au début de son évangile, et peut-être même comme préface à son double ouvrage, Évangile et Actes 1, saint Luc ne faisait que se conformer aux usages littéraires de son temps, et il sera facile de trouver à ce prologue des parallèles dans le monde grec, par exemple dans les ouvrages des médecins Gälien et Dioscoride. Mais ce n’est pas une raison pour ne voir dans cette page qu’un exercice de rhétorique, au sens péjoratif du mot. Bien au contraire, c’est l’œuvre d’un honnête homme qui expose en toute sincérité ce qu'il a fait. Il nous apprend qu'il n’est pas le premier à tenter de raconter l’histoire du Christ. Avant lui, plusieurs s’y sont essayés, et sans vouloir jeter le blâme sur ses devanciers, 1l- croit bon, lui aussi ?, de venir prendre rang parmi ces historiens de Jésus. Tout en se distinguant de ceux qui dès l’origine ont été les témoins oculaires du ministère du Christ et sont devenus les prédi-
4. Comme le pense H. J. Cadbury, Commentary on the preface of Luke, dans The Beginnings of Christianity de Foakes Jackson et Kirsopp Lake, vol. II, p. 489-510 (Londres, 1922).
2. Ces mots du prologue : «il m’a paru bon, à moi aussi », montrent que Luc entend s’associer à ses deyanciers et non leur fausser compagnie,