‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 133 sur 177 · Luc, IX · texte numérisé non relu

Luc, IX

exactement le soin de cette réputation : avant tout, garder jalousement le dépôt confié, l’orthodoxie en matière divine. L’ennemi irréconcilhable, ce n’est pas le païen ignorant ou le chrétien indigent de vertus, mais l’hérétique. Celui-là, autant qu’il en est en lui, détruit et dissout le Christ; celui-là, pour saint Jean, c’est l’Antéchrist. Avec ce menteur, pas de compromis; il faut le fuir comme la peste, et saint Jean donne l’exemple. Un jour, il'est entré aux bains d’Éphèse, mais à peine a-t-l aperçu l’hérétique Cérinthe qu'il se sauve.

« Je crains, disait-1il, que les bains ne croulent, puisque dedans il y a Cérinthe, l'ennemi de la vérité 1. »

Dès lors que la gloire de Dieu n’exige pas ces justes sévérités, saint Jean est toute bienveillance, simplicité, charité. Cassien raconte qu'il prenait plaisir à jouer avec une perdrix apprivoisée, car, disait-il, « l'arc ne peut être toujours bandé»?. Saint Jérôme nous le décrit si cassé de vieillesse qu’il fallait le porter au lieu de réunion des chrétiens; trop faible pour parler longuement, il se contentait de redire le précepte du Seigneur : «Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres ».

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