‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 132 sur 177 · Irénée, Adsersus Hacreses, TITI, 1, 3, — Peut-être · texte numérisé non relu

Irénée, Adsersus Hacreses, TITI, 1, 3, — Peut-être

serait-il préférable de dire : «il dicta son évangile »

comme le rapporte, en se référant à Papias, l’auteur d’un prologue latin du quatrième évangile dans ur manuscrit du 1x® siècle (le texte dans Funk, Paire: Apostolici, 2e éd., t. I, p. 373) Ainsi pourraien s'expliquer plus facilement les diflérences qui existent, au point de vue de la langue, entre le quatrième évangile et l’Apocalypse, différences qui frappaient déjà Denys d'Alexandrie, au milieu du 1€ siècle. L'évangile est écrit en un grec suflisamment correct, l’'Apocalypse, en un grec irrégulier. Pour maintenir. avec la tradition, l’unité d’auteur, l’explication la plus

ES

posa son évangile. Éphèse se glorifiait de posséder son tombeau.

Quelques anecdotes rapportées par la tra- dition sur le vieil apôtre ne sont pas sans intérêt pour l’étude de son caractère. L'âge ne l’a pas dépouillé de cette ardeur qui lui avait fait donner par Jésus, ainsi qu'à son frère Jacques, le beau surnom de « fils du tonnerre», mais ce zèle s’est épuré, 1l s’exerce selon la sagésse. Comme jadis en Galilée, où 1l repoussait l’exorciste étranger quichassait les démons au nom de Jésus ?, et en Samarie, où 1l appe-

lait le feu du ciel sur un village inhospitalier#,

Jean est extrêmement sensible à tout ce qui touche lhonneur de son Maître. Seulement PEsprit-Saint lui a révélé en quoi consiste

satisfaisante de ces diflérences-est d'admettre que le secrétaire, auquel Jean a dicté son évancile, a introduit dans son texte une suffisante correction, ce que l’apôtre, dans son exil à Patmos, n’avait pu faire pour l’Apoca-

lypse. Malpré sa plus grande correction, l’évangile ne se

révèle pas moins que l’Apocalypse comme l’œuvre d’un Sémite, par le style et le tour de pensée, bien qu’on n'ait pas démontré qu'il soit la traduction d’un origi- nal araméen (thèse de Burney, The aramaic origin of the fourth Gospel, Oxford, 1922).

4. Témoignage de Polycrate dans Eusèbe, Hist. ecclés. HI, 31.

Page 1