Ainsi dans Jean, III
3. Lagrange, Évan gile ‘selon saint Jean, Paris, 1925, Introduction, p. CXLVIT.
4. Il n’y a pas de raison de refuser à Saint Jean ce que l’on accorde à Saint Matthieu : qu’il a pu réunir en un même discours des enseisnements peut-être donnés
même de l’enseignement de Jésus. Dans ces discours, l’évangéliste n’entend nullement nous présenter des compositions théologiques élaborées par lui, mais la doctrine même du Seigneur, conservée par une mémoire … fidèle, une mémoire d'ami, qui, si elle ne reproduit pas toujours l’expression hittérale, - nous transmet sûrement la pensée du Maître. Son ouvrage veut être un évangile, c'està-dire une des formes de la Bonne Nouvelle que Jésus à apportée au monde, non les élévations de Jean sur les mystères du Christ.
Ne faisons pas de lui un Augustin ou un Bos- -suet avant la lettre.
… Témoin inspiré par l'Esprit, saint Jean, en racontant la vie de Jésus, ne pouvait laisser dans l'ombre le côté spirituel, la profondeur divine de cette vie. Bien plutôt, celui que la tradition ancienne a surnommé le «Phéologien », a pris à tâche de faire res- … plendir la divinité sur la face adorable du Christ. Dans le Maître qu’il a suivi sur les
- chemins de Galilée et de Judée, il a vu, il a contemplé la gloire divine t, celle qu’il tient du Père en tant que Fils unique, plein de grâce à des moments différents, mais que rapprochait la simi-
litude des sujets. 1. Jean, I, 14.
et de vérité. Et cette gloire, qui pendant la vie
terrestre du Christ n’a brillé qu'à certaines heures 1, mais que la Résurrection a pleinement manifestée, saint Jean veut la déclarer. aux autres, leur en faire toucher la réalité. «Jésus accomplit en présence de ses disciples
bien d’autres signes qui ne sont pas écrits dans
ce livre; mais ceux-ci ont été écrits afin que
vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de
Dieu, et afin qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ?. » Montrer dans ce Jésus qui a habité parmi nous, le Messie, héritier vér-
table de tout l'Ancien Testament, le Fils de Dieu, Sauveur universel des hommes, exciter la foi en sa personne, et par là disposer les âmes à recevoir son don le plus précieux, la vie divine, tel est le-but premier que se propose l’évangéhiste.
Ce dessein convient au témoin véritable, et pareillement à l’ami de Jésus. Le disciple que Jésus aimait, était aussi le disciple qui aimait Jésus. En même temps que le ils de l’homme lui témoignait au dehors par ses actes et par ses paroles une dilection particulière, 1l lui mettait au cœur, par la toutepuissance de sa grâce, la réciprocité d’un
4. Jean, II, 11 (Cana); XI, 4 (résurrection de Lazare), et, par analogie, lors des autres miracles.