‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 145 sur 177 · Origène, /n loannem, proœmium (P. G,, t XIV, à col · texte numérisé non relu

Origène, /n loannem, proœmium (P. G,, t XIV, à col

l'ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 245

lhistoire de la pensée de l’évangéliste en ordre inverse !. » La doctrine du Logos n’a pas été pour lui un point de départ, mais un aboutissant. Aux origines de sa prédication, il ne s’est pas appuyé sur cette idée pour en déduire sa conception du Christ, vie et lumière des hommes, ou la préexistence du Fils

de l'homme auprès de Dieu : ceci a précédé

cela. Après des années de méditation et d'enseignement, le terme de Logos a fourni à l’évangéliste la formule particulièrement heureuse d’une doctrine déjà ferme dans son “esprit, la synthèse harmonieuse de conceptions déjà acquises. Loin d’avoir été le germe d’où est sorti le développement doctrinal du quatrième évangile, la théologie du Logos ‘en est bien plutôt la fleur épanouie.

Sous quelles influences s’est opérée cette . synthèse? Il est impossible de le préciser, … lé terme de Logos étant alors «dans l'air » et couvrant des conceptions diverses. On peut résolument écarter toute dépendance htté- “raire de Jean à l’égard de Philon ou des écrits de l’école stoïcienne. La conception philomienne d’un logos sans personnalité nettement définie, intermédiaire entre Dieu et le

4: NH: Stanton, The Gospels as historical documents, +. ILE, Cambridge, 1 192 0, p. 178,

monde plutôt que médiateur, ombre de Dieu plutôt qu'image parfaite, se sépare nettement de la doctrine johannique qui attribue au Verbe personnalité distincte et divinité véritable ?. L'usage que les rabbins faisaient de «la parole de Iahvé » (Memra Adonai), n’a, avec le quatrième évangile, de ressemblance que le mot. « Memra.. n’était qu’une manière de ne pas prononcer le nom divin quand Dieu eût paru engagé dans quelque anthropomorphisme. On n’aurait pu faire sortir de ce scrunule une théorie sur la personnalité distincte de la Memra ?. »

Les anticipations de la doctrine johannique du Logos sont à chercher dans l'Ancien Lestament, spécialement au livre de la Sagesse, et plus immédiatement encore dans les épîtres pauliniennes. Dans la première lettre aux Corinthiens, saint Paul avait quahfié le Christ comme la Puissance et la Sagesse de Dieu 5. Dans la lettre aux Colossiens, 1l Pavait représenté comme l’image du Dieu invisible, antérieure à la création, qui par lui avait été appelée à l’existence #. En des for-

4 Voir J. Lebreton, Les origines du dogme de la Trinité, t. 1, 6e éd., Paris, 1927, note J.

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