‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 146 sur 177 · Épître aux Colossiens · texte numérisé non relu

Épître aux Colossiens

mules qui rappellent de très près ce que PAncien Testament dit de la Sagesse, l’épître aux Hébreux avait décrit le Christ, Fils de Dieu, comme « le rayonnement de la gloire du Père, et l'empreinte de sa substance t ».

« Le Christ était donc investi de prédicats qui appartenaient à la Sagesse, et spécialement 1l avait eu une part spéciale à la créa- . tion du monde. Or si cette part se déduisait sans aucune difliculté des textes des Proverbes (VIIT) et de la Sagesse (VIT), 1l n’était pas moins clair d’après la Bible que Dieu avait créé par sa parole (Ps. XXXII, 6). De sorte qu’on pouvait par ce chemin donner au Christ le nom de Logos aussi bien que celui de Sagesse 2.» De ces deux mots, Sagesse, Parole (Logos), saint Jean a choisi le second, parce qu'il lui a semblé le plus propre à exprimer ce qu'était le Christ : la Parole de Dieu, son image parfaite et sa révélation totale. « En lui vraiment Dieu s’est dit; en Jui Dieu nous a tout dit de ce qu'il avait à nous dire : Jésus est le mot divin, premmer et dernier; 1l est le mot de Dieu, « la parole de

4. Épiître aux Hébreux, 1, 3, comparé à Sagesse, VII, 2, Lagrange, Évangile selon saint Jean, p. 30; voir

aussi Rendel Harris, The Origin of the Prologue to St John's Gospel, Cambridge, 1917, p. 12-19.

tien ?, ait attiré son attention sur ce terme,

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lahvé sur nous », il est le Verbe !. » A supposer, — chose di cuieë entre les dosiéss que l’ambiance d’une époque où le mot de Logos était monnaie courante, ait joué sur.

l'esprit de l’évangéliste le rôle d’excitant ou. que le contact avec des Alexandrins cultivés tels qu’Apollos, l’éloquent prédicateur chré-

c'est bien l’évangéliste qui a tiré au clair et amené à sa perfection cette doctrme du Verbe, c’est lui qui en a fait le lien synthétique de vérités dont l’enseignement de Jésus lui avait déjà donné la ferme possession.

En ouvrant son évangile par un prologue à solennel où le Verbe est proclamé Dieu et identifié à Jésus-Christ, saint Jean montre assez qu’un dessein dogmatique très net com mande la composition de son œuvre. Ilest moins préoccupé d’accumuler des matériaux que de choisir des faits particulièrement révélateurs de la gloire du Verbe incarné. [bsavait qu’un récit exhaustif de la vie du Christ était une tâche irréalisable; si l'on voulait raconter tout ce qu’a fait et dit Jésus, le monde entier ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en

1. L. de Grandmaison, Jésus Christ, t. 1, p.166. 2. Actes des Apôtres, XVIII, 24.

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écrirait !. De cet immense trésor, l’évangéliste n’a extrait que quelques diamants, mais pour les faire valoir dans toute leur splendeur. Parmi les discours, 1l a retenu ceux qui se rapportaient plus directement à la mission du Christ, vie et lumière des hommes?, et à ses rapports de Fils unique à l’égard de Dieu son - Père. Il les place ordinairement à Jérusalem, parce que c'était bien là, au centre du sacerdoce officiel, que Jésus avait été le plus souvent interrogé et attaqué au sujet de sa mission et des prérogatives qu'il s’attribuait : dans le quatrième évangile comme dans les synoptiques, Jérusalem est pour Jésus la ville de la controverse avec des adversaires passionnés. Les préceptes de morale et de vie chrétienne, les déclarations sur le royaume ne sont mentionnés qu’autant qu'ils sont en connexion avec la doctrine de Jésus sur sa personne et qu'ils en découlent. Il en résulte, dans les discours, une certaine uniformité que viennent encore renforcer des procédés habituels de style et de composition, mais cette umformuté du thème traité, — sinon

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