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ne lui donnait aucun aliment. Elles ne se seraient pas passionnées à ce degré pour sa doctrine, sans le ressort caché d’une espérance qu'elles ont conçue à cause des miracles. Et les disciples n'auraient jamais imaginé que Jésus fût le Messie sans les miracles, et als ne lui seraient pas demeurés fidèles au fond du cœur sans les prophéties. Qui admet que Jésus est mort comme le Messie, sans s'être cependant abaissé à flatter des aspirations qu'il ne partageait pas, doit admettre qu'il a. fait des miracles 1 ». Les œuvres merveilleuses du Christ avaient donc leur place tout indiquée dans une histoire de sa mussion, même ramenée à ses grandes lignes. La première ..
catéchèse les accueillit, mais en choisissant. Loin de grossir le nombre des miracles, il faut. plutôt dire qu’elle l’a réduit. Comme le fait observer un critique protestant, peu suspect : d’exagérer la valeur historique de l'Évangile, « la tradition évangélique nous paraît, à nous .
modernes, toute surchargée de surnaturel et
de merveilleux, et nous serions portés à con:
sidérer que des textes qui rapportent tant de k
miracles et de prodiges ne peuvent avoir de valeur historique. La comparaison avec des
{. M. J. Lagrange, Evangile selon saint Marc, 17° éd. Paris, 1911, Introduction, p. CXXV.
. œuvres comme la Vie d’Apollonius de Thyane
de Philostrate ou certains apocryphes qui ne sont que des tissus de légendes, est susceptible de ramener à une plus juste appréciation des choses et de donner le sentiment que ce qu'il y a d’extraordinaire dans les évangiles, ce n’est pas qu'ils contiennent tant de miracles, mais qu’ils en contiennent si peu !. » . Parmi les maladies miraculeusement guéries, un ou deux exemples de chaque espèce étaient racontés avec détail : guérison d’aveuoles 2, de sourds-muets $, de lépreux 4, de paralytiques 5. Les autres étaient résumés en des formules générales $ qui montraïient qu’en Jésus la puissance bienfaisante coulait de source. À ces miracles devaient s’ajouter
ceux qui marquaient d’une façon éclatante le
pouvoir de Jésus sur le monde des esprits et sur les forces les plus redoutables ou les plus mystérieuses de la nature : exorcismes, résurrections de morts, tempête apaisée, multiplications de pains, marche sur. les eaux, transfiguration.
1. M. Goguel, dans la Revue de l’ Histoire des Religions, Juillet-décembre 1926, p. 139-140.
2, Marc, VIII, 22-26; X, 46-52.